Syrie: la Russie refuse toute «échéance» dans les négociations

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Un bombardier russe Sukhoi Su-24 décolle de la base aérienne de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, en Syrie, le 3 octobre 2015. (KOMSOMOLSKAYA PRAVDA/AFP/Archives/ALEXANDER KOTS)
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Un bombardier russe Sukhoi Su-24 décolle de la base aérienne de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, en Syrie, le 3 octobre 2015. (KOMSOMOLSKAYA PRAVDA/AFP/Archives/ALEXANDER KOTS)

La Russie se refuse à fixer une « échéance » à des négociations sur la Syrie, accusant ceux y étant favorables de vouloir saboter le processus d’Astana, a déclaré vendredi à Rome le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

«Je ne crois pas aux échéances artificielles», a déclaré le ministre devant la conférence MED 2018, qui rassemble des responsables européens et du Moyen-Orient.

Pour le ministre russe, toute tentative de mettre la pression en ce sens sur l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura cache une volonté de saboter le processus de paix lancé par la Russie à Astana.

«Ceux qui insistent auprès de Staffan pour qu’il impose un délai, ne veulent qu’une seule chose, ruiner le processus d’Astana et revenir à une logique de changement de régime», a assuré M. Lavrov.

Parrainé par la Russie et l’Iran, alliés du régime syrien, ainsi que la Turquie, soutien des rebelles, le processus d’Astana réunit depuis janvier 2017, sans implication de Washington, des représentants de Damas et une délégation de l’opposition.

Il a éclipsé les négociations parrainées par l’ONU, incapable de trouver une solution à la guerre qui a fait plus de 350 000 morts depuis mars 2011.

Interrogé par un participant dans la salle sur la raison du soutien de la Russie au régime syrien de Bachar al-Assad, «autoritaire» et «massacrant» son propre peuple, M. Lavrov a répliqué que son pays ne soutenait aucune personnalité politique en Syrie et qu’il appartenait au seul peuple syrien de changer ou non de régime «via des élections».

Il a défendu la nécessité de respecter les droits de l’Homme mais rappelé que le «droit à la vie» était également essentiel, citant l’exemple des interventions en Irak ou en Libye qui ont fait des milliers de victimes dans la population civile.

«Si vous vous fichez complètement de la stabilité ou du droit à la vie, alors je pense que vous êtes de parti pris», a répondu M. Lavrov.

«Demandez donc aux Libyens comment ils vivaient avant» l’intervention occidentale en 2011 contre le régime du colonel Kadhafi, a-t-il lancé.