Trump annule in fine sa rencontre avec Poutine au G20 à cause de l’Ukraine

Le président américain Donald Trump (C) va s'entretenir samedi avec notamment le président russe Vladimir Poutine (G), et la chancelière allemande Angela Merkel (D). (AFP/Archives / Stéphane DE SAKUTIN, Mandel NGAN, Odd ANDERSEN)
Temps de lecture estimé : 10 minutes
Trump annule in fine sa rencontre avec Poutine au G20 à cause de l’Ukraine (AFP/Archives / Stéphane DE SAKUTIN, Mandel NGAN, Odd ANDERSEN)

Le président américain Donald Trump a finalement annulé sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20, qui s’ouvre vendredi à Buenos Aires, environ une heure après avoir estimé que leur entrevue se déroulerait à un « moment très opportun », sur fond d’escalade avec l’Ukraine.

« En partant du fait que les navires et les marins n’ont pas été restitués par la Russie à l’Ukraine, j’ai décidé qu’il serait mieux pour toutes les parties concernées d’annuler ma rencontre préalablement prévue en Argentine avec le président Vladimir Poutine », a tweeté M. Trump.

« J’ai hâte (de participer) de nouveau à un Sommet constructif (avec M. Poutine) dès que la situation sera résolue! », a-t-il ajouté.

Il a fait cette annonce quelques dizaines de minutes après avoir décollé en hélicoptère de la Maison Blanche pour embarquer à bord d’Air Force One, à destination de Buenos Aires.

Selon la porte-parole de l’exécutif Sarah Sanders, il a pris sa décision d’annuler cette rencontre après avoir discuté dans l’avion avec le secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly et le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, et par téléphone avec son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui se trouve actuellement au Brésil.

Juste avant de quitter la Maison Blanche, le milliardaire républicain avait estimé que le sommet du G20 représentait un « moment très opportun » pour discuter avec son homologue russe.

« Je vais probablement rencontrer le président Poutine. Nous n’avons pas annulé cette rencontre. J’y songeais mais nous ne l’avons pas fait », avait-il dit.

– Une « agression » –

Un peu plus tôt, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov avait fait savoir que Washington avait « confirmé la rencontre » bilatérale en marge du sommet du G20, précisant qu’elle était fixée à samedi « autour de midi » et « pourrait durer près d’une heure ».

M. Peskov avait énuméré les sujets qui auraient pu être abordés par les deux chefs d’Etat: « Les relations bilatérales, la sécurité stratégique, le désarmement et les conflits régionaux ».

La confrontation entre l’Ukraine et la Russie, réactivée par l’arraisonnement au large de la Crimée de trois navires militaires ukrainiens dimanche, menaçait d’avoir des répercussions sur le sommet de Buenos Aires.

« Je vais avoir un rapport complet dans l’avion sur ce qu’il s’est passé en la matière et cela déterminera ce que nous allons faire », avait relevé M. Trump jeudi avant son départ, qualifiant de « très importantes » les discussions avec M. Poutine.

Dans un entretien au Washington Post mardi, le président américain avait menacé d’annuler la rencontre avec le président russe. « Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue », avait-il déclaré, soulignant « ne pas aimer cette agression » en Ukraine.

En revanche, a précisé Mme Sanders, M. Trump va participer à une réunion trilatérale avec les Premiers ministres japonais Shinzo Abe et indien Narendra Modi. Elle a également souligné que ces rencontres en tête à tête avec d’autres dirigeants, citant explicitement le président turc Recep Tayyip Erdogan, seraient des apartés en marge du sommet et non des bilatérales formelles.

Trump-Poutine: l’histoire d’une succession de rendez-vous manqués et de rencontres ratées.

Donald Trump et Vladimir Poutine, c’est l’histoire d’une succession de rendez-vous manqués.

Après avoir promis, durant sa campagne, un rapprochement avec la Russie, le président des Etats-Unis a buté sur plusieurs différends qui rendent difficile un dégel des relations, ainsi que sur l’enquête russe qui jette la suspicion sur toute tentative d’entente avec son homologue du Kremlin.

Et sa propre attitude conciliante n’a fait qu’attiser l’hostilité d’un Congrès américain vent debout face à Moscou.

– Dossiers sensibles –

Cette fois, c’est la confrontation entre la Russie et l’Ukraine qui s’est invitée à la table où les deux dirigeants devaient se retrouver samedi lors du G20 en Argentine.

La gestion du dossier ukrainien est emblématique des ambivalences de Washington depuis que le milliardaire républicain est à la Maison Blanche. « Les Etats-Unis sont favorables à une relation normale avec la Russie. Mais des actions illégales comme celle-ci rendent cela impossible », a résumé lundi l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley au sujet de la capture de navires ukrainiens par Moscou.

Mais lorsqu’il a rencontré Vladimir Poutine en juillet à Helsinki, le président américain est resté discret sur ce contentieux autour de l’Ukraine à l’origine de nombreuses sanctions américaines.

Sur d’autres points chauds de la planète, les dirigeants des deux grandes puissances aimeraient réussir à coopérer. A commencer par la Syrie. Ils s’y sont même engagés en novembre 2017 lors d’une brève entrevue au Vietnam, où ils ont signé un communiqué commun pour défendre une « solution politique » au conflit syrien.

Mais cette entente embryonnaire a rapidement été contredite sur le terrain et Donald Trump a finalement ordonné, en avril suivant, des frappes contre le régime de Damas accusé d’avoir utilisé des armes chimiques avec le consentement de Moscou.

Le recours à un agent chimique contre un ex-agent double russe en Angleterre, imputé par les Occidentaux aux autorités russes, a aussi contribué à empoisonner le réchauffement voulu par le duo Trump-Poutine. Washington a expulsé en réponse 60 « espions » russes et s’apprête à imposer des sanctions économiques « très sévères ».

– L’enquête russe –

Pour les détracteurs de l’ancien magnat de l’immobilier, c’est le péché originel: l’ingérence russe dans l’élection qui l’a conduit au pouvoir, objet d’une enquête confiée au procureur spécial Robert Mueller. Ce dernier s’intéresse aussi aux soupçons de collusion entre le Kremlin et l’équipe de campagne du républicain.

Depuis le début, tous les gestes que le président américain esquisse en direction de son homologue sont interprétés à la lumière de ces suspicions.

Et de l’aveu même de la Maison Blanche, l’enquête Mueller, qualifiée par M. Trump de « chasse aux sorcières », pollue les relations entre les deux pays.

Du coup, certains s’interrogent. « Est-ce que Trump a annulé sa rencontre avec Poutine » au G20 « à cause de l’attaque russe en Ukraine ou des révélations de Cohen? », a demandé sur Twitter un ex-ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, Michael McFaul.

Car l’annulation est intervenue juste après une énième mauvaise nouvelle pour le président: son ex-avocat Michael Cohen a reconnu avoir menti au Congrès sur des contacts avec des Russes au sujet d’un projet immobilier.

[toggle title= »L’EX-AVOCAT DE TRUMP AVOUE AVOIR MENTI SUR DES CONTACTS AVEC LA RUSSIE » load= »hide »]

Michael Cohen, ancien avocat et homme de confiance du président américain, a reconnu jeudi avoir menti au Congrès sur ses contacts avec des Russes au sujet d’un projet immobilier de Donald Trump, qui a balayé ces révélations.

Lors d’une audience devant un tribunal fédéral de Manhattan jeudi, Michael Cohen a affirmé avoir menti au sujet de discussions sur un projet immobilier en Russie, déjà évoqué par plusieurs médias américains.

Ces nouvelles révélations de l’ancien conseil du président sont un rebondissement important dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, que le milliardaire républicain s’emploie presque quotidiennement à discréditer, affirmant n’avoir eu aucun contact avec des Russes durant sa campagne.

M. Mueller enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016 et sur les soupçons de collusion entre Moscou et l’équipe de Donald Trump.

Quelques minutes après la fin de l’audience, Donald Trump a contre-attaqué contre son ancien avocat, qu’il a qualifié de « personne très faible » cherchant avant tout à obtenir une peine réduite pour son implication dans des dossiers qui ne sont pas directement liés à lui.

« C’était un projet bien connu (…) Ca n’a pas duré longtemps. Je n’ai pas mené ce projet » à bien, s’est défendu le milliardaire républicain, avant de s’envoler pour le sommet du G20 en Argentine, à propos de ce possible investissement en Russie.

« Il n’y aurait rien eu de mal si je l’avais mené », a déclaré le président américain. « Il ment », a-t-il néanmoins ajouté au sujet de Michael Cohen.

Dans la foulée, le président américain a annulé la rencontre prévue avec son homologue russe Vladimir Poutine, une décision qu’il a attribuée à la crise entre Ukraine et Russie.

Les déclarations faites jeudi par Michael Cohen « sont un nouvel exemple du fait que vous ne pouvez pas mentir devant le Congrès sans que cela n’ait de conséquences », a déclaré le président de la commission du Sénat sur le Renseignement, le républicain Richard Burr.

– « Qui croyez-vous? »

Objet de poursuites pénales, M. Cohen avait déjà plaidé fin août coupable de plusieurs chefs d’accusation et, après avoir pris ses distances avec le président américain, coopère avec le procureur spécial Robert Mueller.

« Aujourd’hui, (Michael Cohen) a dit la vérité et rien que la vérité. Donald Trump l’a traité de menteur. Qui croyez-vous? », a tweeté l’un des avocats de Michael Cohen, Lanny Davis.

Lors d’une audition par la commission du Sénat sur le renseignement, Michael Cohen avait assuré que les contacts relatifs au projet immobilier avaient pris fin en janvier 2016, selon un document versé jeudi au dossier et rendu public.

Mais il a avoué jeudi que les discussions s’étaient en réalité poursuivies jusqu’en juin 2016, soit très tard dans la campagne présidentielle.

Michael Cohen aurait même longtemps envisagé de se rendre en Russie, notamment pour discuter avec des officiels russes des autorisations nécessaires à la réalisation du projet, a-t-il admis.

L’avocat indique également qu’un officiel russe lui aurait proposé de rencontrer Vladimir Poutine lors d’un sommet à Saint-Pétersbourg, mi-juin 2016, proposition finalement restée sans suite.

Beaucoup soulignaient jeudi que l’enjeu pour Donald Trump ne concernait pas tant les contacts en eux-mêmes, qui n’étaient pas illégaux, mais davantage une éventuelle contradiction entre les déclarations de Michael Cohen et celles que le président a transmises récemment à l’équipe de Robert Mueller.

Si les versions ne se recoupaient pas, l’ancien promoteur immobilier pourrait être accusé de parjure.

– Protéger Mueller –

« M. Cohen a coopéré », a déclaré, à la sortie du tribunal, son avocat, Guy Petrillo. « M. Cohen va continuer à coopérer », a-t-il promis, rappelant que son jugement était attendu le 12 décembre.

« L’histoire n’a pas encore été racontée dans sa totalité », a réagi le vice-président de la commission du Sénat sur le renseignement, le démocrate Mark Warner, relevant « la série de proches de Trump qui plaident coupables, pratiquement toujours pour avoir caché leurs liens avec la Russie et les Russes ».

Après avoir longtemps été considéré comme fidèle d’entre les fidèles, prêt à « prendre une balle » pour son patron, comme il le disait lui-même, Michael Cohen a pris ses distances avec Donald Trump à la fin du printemps, alors que la perspective d’une peine de prison se précisait.

Outre le dossier russe, il a affirmé fin août, sous serment, avoir payé deux femmes en échange de leur silence sur une liaison supposée avec l’ancien promoteur immobilier, à la demande de Donald Trump et « pour influencer l’élection » présidentielle.

Lundi, c’est l’ancien directeur de campagne du candidat républicain, Paul Manafort, aux nombreux contacts en Ukraine et en Russie, qui a été accusé d’avoir menti au FBI alors qu’il avait accepté de coopérer en échange d’un accord de plaider-coupable.

Selon les médias américains, M. Mueller serait proche de conclure son enquête après avoir reçu les réponses écrites du président américain, qu’il attendait depuis plusieurs mois.

« Aujourd’hui, plus que jamais, le procureur spécial doit être protégé de toute interférence de Trump ou du ministre de la Justice par intérim (Matthew) Whitaker », a plaidé Adam Schiff, chef de file démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants.[/toggle]

[toggle title= »TRUMP EXASPÉRÉ PAR L’ENQUÊTE RUSSE, DE PLUS EN PLUS MENAÇANTE » load= »hide »]

« Ridicule », « honte », « supercherie »: Donald Trump laisse libre cours à sa colère depuis quelques jours face à la tentaculaire enquête russe menée par le procureur spécial Robert Mueller qui, sans sortir de sa réserve, se fait de plus en plus pressant.

– L’escalade verbale –

« Quand est-ce que va finir cette chasse aux sorcières illégale? »

Dans un tweet jeudi matin, Donald Trump affiche une profonde exaspération face à l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, dont un volet porte sur des soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne.

En trois jours, le président américain a publié pas moins de dix tweets sur le sujet, qui, avec une grande virulence, reprennent les mêmes arguments:

– Robert Mueller se conduit comme le sénateur républicain « Joseph McCarthy », qui s’en était pris dans les années 1950 aux communistes et à leurs sympathisants;

– son équipe pousse les témoins à mentir (« avez-vous jamais vu une enquête qui recherche à ce point le crime? »);

– il « gaspille » l’argent des contribuables;

– il ferait mieux de se concentrer sur les « crimes atroces, peut-être subversifs » de sa rivale à la présidentielle, Hillary Clinton.

– D’anciens conseillers parlent –

Cette nervosité est probablement due au fait que Robert Mueller, un ancien chef du FBI, continue de tisser sa toile autour du 45e président des Etats-Unis.

Ayant le pouvoir de poursuivre toutes les malversations découvertes pendant son enquête –même sans lien avec son objet initial–, le procureur spécial a négocié la coopération de plusieurs témoins clés, en échange de peines amoindries pour leurs méfaits.

L’ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, poursuivi pour des fraudes, a ainsi accepté de parler aux enquêteurs et a livré jeudi des confessions très embarrassantes pour son ancien client.

Longtemps d’une loyauté sans faille, il a reconnu avoir menti au Congrès, lors d’une audition à huis clos l’an dernier, sur un projet d’investissement du magnat de l’immobilier en Russie.

Il a notamment avoué que les négociations pour la construction d’une Trump Tower à Moscou s’étaient poursuivies au delà de janvier 2016, contrairement à ses premières déclarations.

C’est un « faible » et un menteur, a rétorqué le milliardaire.

George Papadopoulos, éphémère conseiller diplomatique du candidat républicain, poursuivi pour avoir menti au FBI, a lui aussi livré ses vérités aux enquêteurs en échange d’une peine de quinze jours de prison seulement, qu’il vient d’entamer.

– Son ex-directeur de campagne sous pression –

En septembre, Robert Mueller avait aussi fait plier Paul Manafort, qui a dirigé la campagne de Donald Trump pendant cinq mois, en débusquant des malversations financières antérieures à 2016.

Cet homme de 69 ans, ayant de nombreux contacts en Ukraine et en Russie, avait accepté de coopérer avec les enquêteurs pour voir sa peine réduite.

Mais lundi, le procureur spécial l’a accusé d’avoir menti au FBI après cet accord, ce qui l’expose à une lourde sanction.

Selon les médias américains, il espère peut-être une grâce présidentielle. Donald Trump, qui loue son « courage », a déclaré mercredi ne pas exclure cette hypothèse.

– Dans le viseur –

Deux autres lobbystes, dans le collimateur de Robert Mueller, tiennent encore.

Roger Stone, conseiller informel de Donald Trump en 2016, et un de ses contacts, le militant Jerome Corsi, sont soupçonnés d’avoir su à l’avance que WikiLeaks allait publier à l’été 2016 les e-mails piratés de l’équipe de campagne démocrate, très dommageables pour Hillary Clinton.

Jerome Corsi a refusé un accord de plaider-coupable et prévoit de porter plainte contre Robert Mueller.

Le propre fils du président, Donald Trump Junior, pourrait lui être mis en cause pour avoir participé à une réunion en 2016 à la Trump Tower de New York avec une avocate russe qui disait détenir des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

– Vers la fin de l’enquête ? –

Le locataire de la Maison Blanche a transmis le 20 novembre ses réponses écrites aux questions du procureur spécial. Selon CNN, il a notamment assuré que Roger Stone ne lui avait pas parlé des fuites à venir de WikiLeaks et ne pas avoir été informé de la réunion à la Trump Tower.

Avec ces réponses en main, il est probable que Robert Mueller boucle prochainement son enquête entamée il y a 18 mois. Il devrait rendre un rapport au ministre de la Justice par intérim Matthew Whitacker, qui décidera ou non de le rendre public.

Donald Trump risque, si les preuves sont suffisantes, des poursuites pour collusion ou pour obstruction à la justice, ce qui pourrait justifier l’ouverture d’une procédure de destitution.[/toggle]

– Donald sabote Trump –

Au-delà du fond, c’est souvent l’attitude de Donald Trump qui finit par saper toute velléité de rapprochement.

Au Vietnam en novembre 2017 puis à Helsinki en juillet 2018, c’est le même enchaînement qui s’est reproduit: s’agissant de l’ingérence de Moscou, l’Américain a semblé donner plus de poids aux dénégations du Russe qu’aux accusations de ses propres agences de renseignement. Tollé à Washington, et le milliardaire obligé de rétropédaler.

Résultat, alors même que de nombreux responsables politiques reconnaissent qu’il serait bon d’avoir des échanges fermes avec la Russie, la plupart estiment que Donald Trump n’en est pas capable. Le seul fait qu’il ait eu un tête-à-tête avec Vladimir Poutine à Helsinki a fait l’objet d’une controverse aux Etats-Unis, où des opposants démocrates ont même réclamé de pouvoir entendre le témoignage de l’interprète!

La tâche est d’autant plus compliquée pour le président qu’il doit composer avec un Congrès qui, jusque dans ses propres rangs républicains, défend traditionnellement une politique de fermeté à l’égard de l’ennemi historique russe.

La décision-surprise de jeudi a donc, une fois n’est pas coutume, fait plus de satisfaits que de mécontents.

« C’est une bonne décision pour les Etats-Unis », a résumé l’ex-diplomate Nicholas Burns, car « il était très peu probable que Trump adresse en personne un message ferme à Poutine ».