Tweets de Trump: «Entre alliés on se doit le respect» réplique Macron

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Le président Emmanuel Macron à bord du porte-avions Charles de Gaulle, au large de Toulon, le 14 novembre 2018.(Christophe Simon/AFP)

Le président français Emmanuel Macron, réagissant mercredi aux tweets très agressifs de son homologue américain Donald Trump, a répliqué qu' »entre alliés on se doit le respect ».

« A chaque grand moment de notre histoire, nous avons été des alliés et entre alliés on se doit le respect », a-t-il déclaré sur la chaîne française TF1, depuis le porte-avions Charles de Gaulle.

« Je ne veux pas entendre le reste, je crois que ce que les Françaises et les Français attendent de moi, c’est de ne pas répondre à des tweets mais c’est de m’attacher justement à ce que (…) nous continuions cette histoire importante », a-t-il ajouté.

A peine rentré de Paris, où il avait célébré la paix avec les autres dirigeants du monde, Donald Trump s’est vivement attaqué mardi à la France et à Emmanuel Macron, dont il a raillé la « très faible cote de popularité ».

Dans une série de tweets particulièrement énervés, il a de nouveau attaqué sa proposition de créer une armée européenne. Les Français « commençaient à apprendre l’allemand à Paris avant que les Etats-Unis n’arrivent », a-t-il ironisé, dans une référence très peu diplomatique à l’occupation de la France par l’Allemagne nazie jusqu’à la libération par les Alliés.

Sans qualifier lui-même ces tweets, Emmanuel Macron a approuvé les termes de son intervieweur, qui lui demandait s’ils étaient « déplaisants, inélégants » : « Vous avez tout dit », a-t-il résumé. « Je pense que Donald Trump fait de la politique américaine et je lui laisse faire de la politique américaine », a-t-il dit.

Le chef de l’Etat a voulu mettre un terme à la polémique en soulignant qu’au-delà des mots – « je ne vais pas me mettre à faire un débat avec le président des États-Unis d’Amérique (..) par voie de tweets », a-t-il dit- le plus important était de lutter ensemble contre les mêmes maux.

« Aujourd’hui les États-Unis d’Amérique et la France sont engagés ensemble chaque jour dans l’un des combats les plus importants, c’est la lutte contre le terrorisme islamiste », a-t-il souligné.

« Qu’il s’agisse de la Syrie ou qu’il s’agisse de l’Afrique, tous les jours nos soldats travaillent ensemble, risquent leur vie ensemble », a-t-il martelé.

Le Charles de Gaulle

Le porte-avions français Charles-de-Gaulle alors qu’il quittait le port de Toulon le 18 novembre 2015. (Boris Horvat/AFP)
Emmanuel Macron a visité mercredi le porte-avions Charles de Gaulle, «immense fierté» pour la France, qui, tout juste rénové, croise actuellement à 15 kilomètres au large de Toulon et à bord duquel le chef de l’État passera la nuit

«C’est une immense fierté. Nous sommes les seuls au monde avec les Américains à avoir ce type d’équipement», a déclaré le président à quelques journalistes après s’être rendu dans la passerelle de navigation.

«Beaucoup pensaient que le Charles de Gaulle ne pourrait jamais prendre la mer. On a ici un porte-avions d’excellence, à la pointe de la technologie, qui est au cœur de notre crédibilité militaire», a-t-il ajouté.

Arrivé en hélicoptère vers 16h30, Emmanuel Macron a assisté depuis le poste de commandement au catapultage de six Rafale et d’un avion de guet Hawkeye.

C’est la première fois qu’un président de la République dort à bord de l’unique porte-avions français, fleuron de son armée.

Le Charles de Gaulle est actuellement en phase d’essai après être sorti mi-septembre du chantier où il a bénéficié d’une cure de jouvence durant 18 mois.

A son bord, Emmanuel Macron est allé à la rencontre de l’équipage, «de l’amiral au matelot», avant de donner un entretien en direct au JT de 20h de TF1.

Interviewé par Gilles Bouleau, il a abordé les questions de défense, comme celle de la construction d’un second porte-avions pour laquelle une décision est attendue en 2020.

«Il faut faire les choses dans le bon ordre. Une série d’études sont lancées et permettront de décider en 2020», a-t-il déclaré aux journalistes à bord.

«Quand on parle d’armée européenne», c’est par rapport à une «autonomie stratégique» et le fait de «ne pas dépendre des autres pour nous protéger. Typiquement, le Charles de Gaulle est au cœur de cette stratégie», a-t-il ajouté.

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