L’ambassadeur du Canada en Chine a rencontré le deuxième Canadien détenu

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Les deux Canadiens détenus en Chine, apparemment en représailles pour l'arrestation par les autorités canadiennes de la dirigeante du géant chinois des télécoms, Huawei: à gauche Michael Kovrig, à droite Michael Spavor. (Montage 45eNord.ca)
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Les deux Canadiens détenus en Chine, apparemment en représailles pour l’arrestation par les autorités canadiennes de la dirigeante du géant chinois des télécoms, Huawei: à gauche Michael Kovrig, à droite Michael Spavor. (Montage 45eNord.ca)

L’ambassadeur du Canada en Chine a rencontré dimanche le deuxième Canadien arrêté cette semaine en Chine sur des soupçons de menace à la « sécurité nationale », Michael Spavor, a indiqué le ministère canadien des Affaires étrangères.

« Aujourd’hui, le Canada a obtenu un accueil consulaire à Michael Spavor. L’ambassadeur (John) McCallum l’a rencontré. Les autorités consulaires canadiennes continuent d’offrir des services consulaires à M. Spavor et à sa famille, et poursuivront leurs démarches en vue de rencontrer à nouveau M. Spavor », a fait savoir le ministère dans un communiqué.

Cette rencontre survient deux jours après celle entre John McCallum et l’ex-diplomate Michael Kovrig, le premier Canadien arrêté.

La Chine ne décolère pas contre le Canada depuis l’arrestation début décembre à Vancouver d’une dirigeante du géant chinois Huawei, Meng Wanzhou, à la demande de la justice américaine. Pékin a arrêté coup sur coup cette semaine les deux ressortissants canadiens.

Pékin soupçonne M. Kovrig, un ex-diplomate de passage dans la capitale chinoise, et Michael Spavor, un consultant vivant au Liaoning, une province du nord-est de la Chine, « d’activités menaçant sa sécurité nationale ».

« Nous allons très clairement défendre nos citoyens qui sont détenus, nous essaierons de savoir pourquoi, nous allons travailler avec la Chine pour démontrer que ce n’est pas acceptable », a déclaré M. Trudeau lors d’une interview à la chaîne City-TV cette semaine.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui se montre souvent ferme à l’égard de Pékin, avait également apporté son soutien à l’allié et voisin canadien vendredi en jugeant lui aussi « inacceptable » l’arrestation « illégale » des deux Canadiens, promettant de « travailler » pour assurer leur « retour ».

Les Etats-Unis font pression depuis plusieurs mois sur le Canada pour qu’il ne s’équipe pas avec Huawei pour le déploiement de la nouvelle technologie mobile 5G, appelée à devenir une véritable colonne vertébrale de la transition numérique des économies.

Washington redoute qu’avec la 5G, Pékin puisse perturber ses communications militaires. Et l’administration Trump voit dans Huawei un cheval de Troie, une méfiance alimentée par le fait que le fondateur du groupe et père de Meng Wanzhou, Ren Zhengfei, est un ancien officier de l’armée chinoise.

La directrice financière du géant des télécommunications Huawei a été relâchée sous caution mardi à Vancouver dans l’attente de son audience d’extradition vers les Etats-Unis, qui la soupçonnent de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

Pékin a menacé Ottawa de « conséquences graves » si elle n’était pas immédiatement libérée.

Ottawa, de son côté, n’a cessé de réaffirmer que cette arrestation avait été décidée en toute indépendance par la justice canadienne, sans pression politique, en vertu d’un traité d’extradition signé avec Washington.

Dans une autre interview dimanche, diffusée sur la chaîne CTV News, le Premier ministre Justin Trudeau s’est dit préoccupé par les impacts de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

« L’une des choses que nous devons comprendre dans un conflit comme celui-ci (…) c’est qu’il y aura des conséquences imprévues partout sur la planète ».

Les entreprises canadiennes présentes en Chine n’ont pas fait état publiquement pour l’instant d’importantes difficultés depuis le début de cette crise diplomatique.

Mais le fabricant canadien de parkas haut de gamme Canada Goose a reporté l’ouverture d’un magasin prévue samedi à Pékin, la justifiant par des « travaux ».