L’EI reste une menace même s’il a perdu plus de 98% de son territoire, selon le général Vance (VIDÉO)

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Le général Jonathan Vance, au comité de la Défense de la Chambre des communes, le 6 décembre 2018. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, estime qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur le moment où les troupes canadiennes devront quitter le théâtre irakien.

«On n’a pas encore ce genre de discussion maintenant, a déclaré le général Vance. Elle porte plus sur comment est-ce qu’on transitionne de la fin de combats actifs vers la mise en place de conditions pour une paix durable».

Le général Vance a expliqué aux députés présents que la Coalition est désormais dans une phase de «stabilisation». En d’autres mots, les quelques 79 membres de la Coalition se concentrent maintenant sur l’apport d’un soutien au gouvernement irakien pour rétablir, maintenir et mettre en place l’ordre civil et la gouvernance.

Puisque «ce genre de conflit n’a pas de fin dramatique», comme une sorte de déclaration, la décision de se retirer est avant tout politique, que cela soit du côté canadien ou bien du côté irakien. L’évaluation du succès de la mission qui consistait à défaire le groupe armé État islamique sera déterminé par le gouvernement irakien en liaison avec ses partenaires de la Coalition.

En septembre dernier, le brigadier-général Colin Keiver, commandant de la force opérationnelle interarmées Irak, expliquait déjà le vent de changement soufflant sur la mission, quatre ans après ses débuts.


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Lors de son passage devant les membres du comité permanent de la Défense nationale, ce jeudi 6 décembre, le général Vance a rappelé que bien que les djihadistes avaient perdu plus de 98% de leur territoire, ils restent une menace tapis dans l’ombre.

«Bien que considérablement affaibli, il est probable que le groupe continuera à lancer des attaques à petite échelle, prévient le chef d’état-major de la Défense. L’idéologie dominante et l’instabilité qui ont permis sa progression ne sont pas encore vaincues.»

Le groupe armé est davantage passé de contrôle de territoire à utiliser des caches et des niches dans le nord du pays.

Lors d’une mêlée de presse après sa rencontre avec les membres du comité, le général a précisé que les forces spéciales canadiennes accompagnaient les forces de sécurité irakiennes dans des opérations de sécurité.

«Nous sommes avec eux jusqu’à un certain point, nous nous arrêtons avant la conduite de l’opération sur l’objectif», a-t-il déclaré, comparant le rôle joué par les forces spéciales aux officiers de l’équipe d’intervention d’urgence en train de seconder des policiers lors d’un raid.

Plusieurs de ces opérations impliquent la découverte et la destruction de caches d’armes.

En réponse à une question de 45eNord.ca sur la nouvelle mission d’instruction de l’OTAN, qui sera commandée par le major-général Dany Fortin, le chef d’état-major de la Défense a dit que «l’objectif est de professionnaliser les forces irakiennes, donner des tactiques pour qu’ils soient capables dans un environnement comme l’Irak».

Le général refuse toutefois de s’avancer sur le renouvellement de la mission canadienne en Irak, dont le mandat expire au 31 mars 2019, car il s’agit d’une décision gouvernementale et non militaire.

Mais comme le Canada prend le commandement en 2019 de cette nouvelle mission de l’OTAN, en complément de la mission actuelle et que le général Vance a précisé que les Forces armées canadiennes vont continuer de «contribuer aux efforts de la coalition et de l’OTAN dans la région pendant l’opération IMPACT»… le doute n’est pas permis !

Faisant écho à ce fait, le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan, qui accueuillait aujourd’hui ses homologues de la Coalition au Lac Meech, a précisé que puisque la mission de l’OTAN doit durer un an «cela seul est un bon indice pour savoir où en est le Canada en matière de responsabilité. C’est le principe du multilatéralisme et nous allons donc passer à l’analyse finale».

«La dernière chose que je veux dire, c’est que nous parlons toujours de l’armée. L’armée vous fait gagner du temps. Cependant, le soutien nécessaire à la stabilisation est absolument essentiel car le travail de développement effectué par la ministre Bibeau et le ministre des Affaires étrangères s’acquitte bien du travail de renforcement des capacités qui doit être accompli du côté de la diplomatie. C’est très important maintenant que nous examinons la transition et que nous réinstallons une partie de la population irakienne déplacée», de conclure le ministre Sajjan.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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