Inquiétudes autour de la relocalisation du Centre d’essais techniques (Aérospatiales)

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Le Centre d'essais techniques (Aérospatiale). (MDN)
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Le Centre d’essais techniques (Aérospatiale). (MDN)

Les discussions en cours du ministère de la Défense nationale à propos de la relocalisation du Centre d’essais techniques (Aérospatiale) de l’Aviation royale canadienne de Cold Lake à Ottawa inquiètent plusieurs.

Le Centre d’essais techniques (Aérospatiale) [CETA] mène des projets d’évaluation et d’essai techniques en vol essentiels au succès du ministère de la Défense nationale.

Il étudie les aéronefs chasseurs, multimoteur, et à voilure tournante, ainsi que leurs systèmes.

Les quelques 180 membres du personnel du CETA sont à la fois des fonctionnaires et des militaires, et comprennent des pilotes d’essai qualifiés, des ingénieurs en essais en vol, des évaluateurs de systèmes qualifiés, du personnel d’entretien et de soutien, ainsi que d’autres spécialistes.

Quasiment en tout temps, ce sont près d’une trentaine de projets divers qui ont lieu au Centre, qui occupe actuellement le deuxième plus grand et récent hangar à Cold Lake.

Certaines réalisations récentes comprennent la mise à l’essai de la mitrailleuse de porte de l’hélicoptère CH-146 Griffon et les mises à l’essai des bombes guidées par GPS des CF-18 Hornet.

Or, puisque le nombre d’avions de chasse doit augmenter au cours des prochaines années avec l’achat de 18 F/A 18 australiens, puis avec l’arrivée de la nouvelle flotte qui devrait compter 88 appareils, et la nécessaire augmentation du nombre de pilotes et de techniciens, «on a conclu en 2017 que la façon la plus rentable et la plus efficace d’assurer une capacité d’évaluation et d’essai techniques en vol durable et souveraine serait d’établir une entente de partenariat et de co-occupation entre une composante de base du CETA et le Laboratoire de recherche en vol du Conseil national de recherches du Canada et la Direction générale des services des aéronefs à l’Aéroport international d’Ottawa», a indiqué le ministère de la Défense nationale dans un courriel envoyé à 45eNord.ca.

Les Forces disent prévoir que le hangar 7, le deuxième plus grand hangar et le plus récent à Cold Lake, sera réaménagé pour appuyer d’autres besoins de la 4e Escadre, comme les projets de capacité en matière de chasseurs, c’est à dire qu’il permettrait d’accueillir les avions supplémentaires qui doivent arriver au cours des prochaines années.

Le ministère estime que la relocalisation à Ottawa réduirait les dépenses opérationnelles du CETA d’environ 14 millions $ par année.

Un tiers de l’effectif de l’unité serait transféré à Ottawa et le reste réaffecté à d’autres fonctions prioritaires de l’Aviation royale canadienne.

Cela fait plusieurs années qu’une réorganisation de la structure est dans les plans, et si elle a commencé sous le gouvernement conservateur, c’est – il semblerait – le gouvernement actuel qui finaliserait l’ensemble.

Présent à Cold Lake depuis 1971, le CETA et ses 180 membres sont donc une partie intégrante et importante de la vie de la base et de la communauté.

Le maire de Cold Lake, Craig Copeland qui avoir «d’excellentes» relations avec le commandant de l’escadre et le colonel du CETA, a affirmé lors d’une entrevue avec Global News que «bon nombre des décisions sont prises à Ottawa. Et Ottawa ne vient pas nécessairement dans votre communauté et ne passe pas beaucoup de temps avec le maire et le conseil sur leurs plans concernant la base de chasseurs ici à Cold Lake et sur le CETA».

Les derniers détails relatifs à la relocalisation, y compris les coûts, ne sont toutefois pas encore finalisés. Le ministère dit être encore en pourparlers avec l’administration de l’aéroport international d’Ottawa concernant l’emplacement du nouveau centre.

Bien qu’aucune décision finale n’ait été prise jusqu’à maintenant, si les discussions s’avèrent fructueuses, «nous ne prévoyons pas un transfert des opérations du CETA dans l’une de nos installations du MDN située à l’aéroport international d’Ottawa avant l’été 2021», précise encore la Défense nationale.