Interview de fin d’année avec le major-général Peter Dawe, commandant des Forces spéciales canadiennes (VIDÉOS)

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Le major-général Peter Dawe, commandant des Forces d'opérations spéciales canadiennes. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le major-général Peter Dawe, commandant des Forces d’opérations spéciales canadiennes. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le major-général Peter Dawe, commandant du Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada a accordé à 45eNord.ca une rare interview dans laquelle il dévoile ses priorités, sa vision du théâtre d’opérations future pour les forces spéciales et les différentes missions.

Voyez ou revoyez nos interviews de fin d’année avec les commandants de l’Armée canadienne, la Marine royale canadienne, et l’Aviation royale canadienne :


45eNord.ca: Général Dawe, bonjour. Nous sommes dans votre bureau au Quartier général des Forces d’opérations spéciales du Canada, merci de nous recevoir. Je crois que pour commencer vous avez une petite présentation, une mise en contexte?

Major-général Peter Dawe: Oui, tout à fait. Merci Nicolas. Comme vous le savez, j’ai pris le commandement au mois d’avril après presque deux années comme commandant-adjoint, alors j’ai eu l’opportunité d’apprendre le boulot et de m’orienter pour voir comment la force avait évolué depuis mon départ en 2008.

Depuis le mois d’avril j’ai pu m’établir des priorités claires pour la force, et je dois le dire Nicolas, moi ce qui est central en tant que commandant des forces spéciales, c’est la nouvelle politique de la Défense : Protection, Sécurité, Engagement, dans laquelle on mentionne souvent le terme anticipation, le besoin d’anticiper les crises internationales, de mieux comprendre l’environnement international.

Donc pour moi comme commandant des forces spéciales ce fut vraiment le point central qui nous intéressait nous les forces spéciales. Parce que moi je me dois de m’assurer que les forces spéciales maintiennent une pertinence, sinon on vaut quoi? Alors pour être pertinent, pour être capable d’anticiper, il y a selon moi trois dimensions :

– les relations au niveau du réseau international des forces d’opérations spéciales, le réseau avec les partenariats que nous établissons à travers le monde avec nos exercices d’entraînement par exemple, les relations ici, à l’interne du ministère de la Défense, mais aussi avec nos partenaires interdépartementaux.

– le deuxième point ce serait les outils. Les outils qui nous permettent d’anticiper et de livrer la marchandise au gouvernement. Des outils comme le PRSRAP, la plateforme de renseignement de surveillance de reconnaissance aéroportée piloté. Et aussi des systèmes aéroporté non piloté. c’est très important dans ce que nous faisons. Et dernièrement des systèmes de commandement et de contrôle qui nous permettent de maintenir une présence internationale, mais d’une façon sophistiquée. D’être capable de transférer l’information que nous devons pour être efficace sur le terrain.

– la troisième dimension, c’est les membres de la force. S’assurer que nous avons la bonne capacité au niveau du personnel. La politique de Défense nous ordonne d’accroître par 605 individus de plus, ce qui va nous aider énormément, mais aussi de s’assurer que pour atteindre ces chiffres là, nous devons être pas mal plus efficace au niveau du recrutement, alors nous sommes en train de développer une nouvelle approche pas mal plus dynamique, plus accélérée. On considère aussi la question de la diversité de la force. Est-ce que nous sommes bien structurés? Est-ce que nous avons la bonne représentation en ce qui concerne la diversité de la force pour opérer efficacement dans le domaine international ces jours-ci.

C’est vraiment ça mes priorités. Ça se lie à la politique de la défense, qui me donne mes arcs.

Arrivée du major-général Peter Dawe, à la tête du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada, à Ottawa, le 25 avril 2018. (Archives/Nicolas Laffon/45eNord.ca)

Évidemment, ces huit premiers mois à la tête du COMFOSCAN, vous ne les avez pas passé derrière un bureau à écrire vos trois priorités sur un petit calepin de notes, vous avez aussi visité les troupes sur le terrain, avez eu des rencontres avec le chef d’état-major de la Défense… qu’est-ce qui vous revient en tête de ces huit premiers mois?

Lorsque j’ai pris le commandement nous étions déjà engagés. Vous avez bien raison, il n’y avais pas de pause tactique avec le changement de commandant. C’était donc de m’assurer que j’avais une bonne compréhension de nos efforts internationaux.

Moi mon boulot comme commandant c’est de maintenir les relations, le réseau international des forces spéciales comme j’ai mentionné plus tôt, c’est vraiment très important pour nous, et les relations entre les départements pour m’assurer que nous livrons ce que le gouvernement et notre chef d’état-major s’attend des forces spéciales, parce que en maintenant ces relations ça m’informe et ça me permet d’informer le chef d’état-major de la Défense pour des décisions ultimement stratégique et politique pour l’emploi des forces spéciales et aussi plus largement les Forces armées canadiennes.

Vous avez donc bien raison, pendant huit mois j’ai pas passé huit mois à réfléchir, mais à agir aussi et de maintenir l’effort où nous devions le faire, et comme vous pouvez l’imaginer, les choses évoluent très rapidement dans des situations comme en Irak, etc.

Le major-général explique le réseau international des forces d’opérations spéciales

Vous parliez tantôt de ce réseau international des forces d’opérations spéciales, comment ca se concrétise le maintien de ces bonnes relations? Par des échanges de membres?

La réalité, d’abord et avant tout, je pense que les Canadiens doivent comprendre quand nous nous déployons, nous le faisons souvent dans le contexte d’une coalition. Il est donc important que ces efforts soient synchronisés et le meilleur moyen de le faire est de prendre un téléphone ou de rencontrer vos homologues.

Je le fais donc sous différentes formes. L’une est la conférence des commandants des forces d’opérations spéciales de l’OTAN, qui se tient deux fois par an. C’est un endroit idéal pour nous réunir et pour parler de ce qui se passe dans le monde, pour nous assurer que nos efforts sont aussi synchronisés que possible et pouvoir en informer nos chefs de la défense respectifs et simplement tenir chacun informé de ce que nous faisons. Et c’est probablement le point clé ainsi que le groupe des Five Eyes, donc un cercle plus étroit: les Américains, les Britanniques, les Australiens, les Néo-Zélandais et nous-mêmes. On parle beaucoup de ce que nous faisons et de la façon dont nous le faisons, et ce que nous pouvons interpréter en terme d’environnement opérationnel actuel et futur et quelles en sont les implications pour nous.

Vous avez mentionné le recrutement et le fait qu’on allait chercher 605 personnes supplémentaires pour les forces d’opérations spéciales au cours des prochaines années, mais est-ce que le focus se fera surtout sur la recherche de la diversité ou sur les besoins réels des métiers ? Ou un mix des deux ?

Je vous dirai que c’est un mélange. Ce n’est pas de la diversité pour la diversité. Ce ne sont pas mes affaires en tant que commandant du COMFOSCAN. Ma façon de faire est de s’assurer que nous sommes aussi bien positionnés pour offrir des résultats opérationnels dans l’environnement actuel et futur. Et ce que nous voyons, c’est que cet environnement futur est très complexe.

Si je ne vois pas le cœur des affaires des forces d’opérations spéciales changer de sitôt, de nombreuses nouvelles exigences s’y superposent. Et par extension, il faut que différentes personnes ayant des compétences différentes fassent partie de cette équipe.

Il s’agit donc d’équipes diverses, par opposition à l’atteinte de quotas ou peu importe le cas. Il ne s’agit pas spécifiquement de genre, ni d’ethnicité, c’est une combinaison. Et c’est aussi l’éducation, c’est à propos de compétences particulières comme je l’ai dit, parce que la nature de notre entreprise évolue. L’information est la devise d’aujourd’hui. Et sa dimension cinétique ou physique n’en est qu’une partie.

En ce qui concerne l’avenir, nous avons besoin de beaucoup plus de types de renseignements, d’experts en communication, de cyberexperts, pour compléter l’effet sur le terrain, dans un environnement très hostile.

C’est exactement ce que nous disait le général Lanthier récemment: une guerre peut se gagner ou se perdre sans avoir tiré une seule munition !

Absolument ! La question est donc l’importance de chaque information, comme je l’ai dit.

Nous avons affaire à des adversaires qui maîtrisent parfaitement l’information. Nous devons également évoluer et développer une meilleure compréhension de la manière dont le jeu est joué.

Bien entendu, nous avons le défi supplémentaire de le faire d’une manière compatible avec le droit et les normes occidentaux. C’est un peu un défi, mais un défi important à embrasser et relever.

Est-ce que avoir plus de 600 membres supplémentaires ce serait suffisant selon vous pour faire ce que l’on doit faire ou vous aimeriez, comme bien des commandants, en avoir encore plus ?

Le défi pour les forces spéciales est que vous ne pouvez pas produire en masse des forces spéciales. Nous le savons.

Je vais vous dire que 600 c’est à peu près correct. Les gens devraient comprendre qu’il y a beaucoup de rigueur dans ce nombre, d’analyses scientifiques effectuées par des spécialistes dans ce domaine. Donc ce n’était pas un nombre arbitraire qui sortait d’un chapeau. Nous allons travailler dans ce sens. Et franchement, en 2024, lorsque nous atteindrons cet objectif en termes de croissance, nous réévaluerons probablement pour voir comment les choses se passent.

Mais il faut bien comprendre que nous sommes toujours un peu limités en termes de qualité de l’individu que nous recherchons et que le risque de dépasser ce seuil de qualité et d’aller au-delà de ce seuil de qualité pose problème. Il y a donc un peu de tension là-dedans que nous devons travailler et reconnaître.

Êtes-vous confortable avec l’état actuel du nombre de votre force pour faire toutes les missions que vous devez réaliser et avez-vous les gens aux bons endroits ?

Je pense que nous pouvons toujours mieux faire les choses. Je pense que ce que nous constatons à présent, c’est que certaines de nos méthodes de recrutement sont trop linéaires et fondées sur un modèle trop étroit, si vous voulez.

Toutefois, je pense que les Forces armées canadiennes dans leur ensemble font un excellent travail sous les ordres du général Lamarre en tant que Chef du personnel militaire pour repenser cela et ajuster notre approche.

Mais nous faisons un pas de plus vers nos besoins spécifiques et je pense que ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’accélérer le processus !

Les personnes qui souhaitent se joindre à des forces spéciales ne veulent pas prendre trois à quatre ans pour le faire. Ils sont très performants et nous nous devons de les avoir. Il existe un moyen de le faire, par exemple en leur demandant de s’entraîner et d’exercer leurs activités dans un délai aussi court que possible, tout en veillant à ne pas le faire au détriment du type d’inculcation et de développement appropriés, comme nous leur garantissons le succès à long terme.

Ok pour le recrutement, mais est-ce qu’on arrive à les retenir ces gens-là une fois qu’ils sont dedans ?

C’est une excellente question. Vous ne pouvez pas examiner le recrutement de manière isolée sans considérer de toute évidence le problème de la rétention. Nous travaillons très fort à cet égard, et là encore, c’est une sorte d’approche très élastique. Tout à propos de prendre soin de nos gens, parce que nous leur en demandons beaucoup.

Nous voulons donc nous assurer de les rendre aussi résistants que possible, de traiter de manière préventive les problèmes de santé physique et mentale de nos gens le plus tôt possible, avec la meilleure assistance possible, et nous nous faisons un point de prendre soin des familles à cause du tempo que nous avons imposé à nos gens qui vient avec l’éventail de choses que nous devons faire, j’en ai bien peur.

Nous reconnaissons que nos familles le ressentent les premières. Elles méritent donc une attention particulière et je suis assez fier du travail que nous accomplissons dans ce domaine, qui n’est pas totalement différent de celui des FAC, il est juste un peu plus adapté à nos besoins.

Parce que lorsque l’on est dans les forces spéciales, on sait que le niveau des opérations, des exercices est plus rapide que dans l’armée, la marine, l’aviation. Que la capacité de se déployer est de 24 heures ou 48 heures.

Je ne pense pas que nous ayons toujours été aussi sensibles à cela. Je pense que nous serons bien meilleurs dans ce domaine, car nous comprenons maintenant si nous voulons que nos gens servent 20 ans au sein de cette force et le fasse efficacement, tout en vivant comme des membres sains et contributeurs de la société, nous devons aller au-delà de simplement les réparer en chemin. Nous devons vraiment nous en occuper de bout en bout et je suis satisfait de constater que nous travaillons très fort pour le faire.

Nous écoutons nos employés quand ils identifient des lacunes dans la couverture, nous tenons vraiment à les intéresser et je pense que nous faisons un très bon travail même si nous ne serons certainement pas complaisants, nous allons pousser cette enveloppe et rechercher de nouvelles technologies et une nouvelle approche, car nous ne sommes rien sans les personnes de qualité que nous avons au sein de ce commandement.

Une autre partie du problème pour la rétention des gens peut être le tempo des opérations qui est évidemment très élevé vu la nature même de la job des forces d’opérations spéciales. Est-ce que actuellement on est… je ne veux pas dire confortable avec tout ce que l’on doit déjà mener, mais est-ce assez et il ne faudrait pas rajouter une autre couche encore qui serait celle de trop ?

Je pense qu’il y a toujours une tension naturelle entre la demande d’opérations et le tempo de nos gens.

Gérer ce rythme est très important pour moi, c’est une de mes priorités et c’est quelque chose que le chef d’état-major de la Défense et moi-même, ainsi que mes commandants, discutons régulièrement.

Ce que je dois vous dire, c’est que c’est un facteur dans notre planification: ‘quelle est notre capacité actuelle ? Combien nous pouvons maintenir ? Combien de temps pouvons-nous le faire ?’ Cela entre toujours dans cette équation et nous l’étudions de très près.

Entre cela, il y a toutes les initiatives dont j’ai parlé sur la façon dont nous prenons soin des gens. Je pense que nous sommes très sensibles à cela.

Parfois, on ne peut s’empêcher de penser que le tempo va s’accélérer, mais il y a certes beaucoup de discussions sur le tempo avec nos gens et comment gérer ça, mais je pense que nous sommes dans une bonne position, je pense que nous sommes très occupés mais je pense que nos gens sont en bonne santé, ils sont heureux et ils sentent qu’ils font un travail significatif et c’est une grande partie de l’équation, n’est-ce pas? Vous pouvez être occupé, mais si vous sentez que vous faites un travail important et significatif, il est plus facile à faire. Et si, en passant, on s’occupe de votre famille et que nous prenons soin de vous le mieux possible, alors c’est plus durable.

Vous l’évoquiez au début, est-ce qu’il y a eu un changement au cours des derniers mois, dernières années, dans la façon dont on regarde les opérations menées par les forces d’opérations spéciales canadiennes ?

Le major-général Dawe explique l’évolution des forces spéciales canadiennes.

Dans l’histoire des forces spéciales canadiennes évidemment, les missions à l’étranger ont commencé dans les Balkans, mais c’est vraiment durant la guerre d’Afghanistan qu’on a mâturer [sic] cette capacité.

Ainsi, lors de la campagne en Afghanistan, la priorité de ce commandement était franchement de générer la force pour livrer cette capacité en Afghanistan.

La différence à présent, c’est que, à titre d’exemple en Irak, nous avons une masse assez importante et critique de membres de ce commandement qui accomplissent un travail remarquable.

Et puis nous avons beaucoup d’autres missions plus petites dans le monde et c’est une tâche ardue que d’orchestrer cela, mais je pense que nous nous en sortons efficacement.

Nous avons une grande équipe maintenant et ils peuvent maintenir  une vue globale.

Avec les capacités et avec la maturation de ce commandement et des unités au sein de ce commandement, nous constatons maintenant que nous avons des capacités supplémentaires car certaines unités sont maintenant capables de fournir des capacités qui n’étaient peut-être pas résidentes il ya 10 ans. Et certaines de ces unités n’ont que 10 à 12 ans justement. Ils ont donc mis du temps à développer leur capacité à se déployer indépendamment. Mais cela m’a donné, et finalement au chef d’état-major de la défense, plus d’options.

Donc un long chemin pour répondre à votre question. Il y a bien des choses qui se passent dans le monde, en Irak et dans d’autres pays, mais nous nous en sortons très bien.

Deux membres des forces spéciales canadiennes observent au-delà leurs positions, près de Mossoul, dans le nord irakien, durant l’Opération IMPACT. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Sans rentrer dans les détails pour d’évidentes raisons de sécurité, que font nos forces spéciales à l’étranger ? Quelle type de missions ?

Je vais vous donner trois exemples:

– Dans l’hémisphère occidental, nous travaillons fort avec les gars de l’exercice Tropical Dagger. Les membres des forces spéciales canadiennes travaillent avec trois pays différents de la région, les Jamaïcains, les Béliziens et les Trinidadiens.

Ce qui est vraiment intéressant dans cet exercice Nicolas, c’est son évolution depuis une dizaine d’années.

Nous avons constaté que lorsque nous avons commencé à travailler avec les Jamaïcains, nous avions un niveau très tactique en termes d’exercices de base et que nous partagions certaines de nos expériences et de nos compétences. Nous avons vu cela évoluer au point où les Jamaïcains sont maintenant en quelque sorte les leaders régionaux en termes d’exportation de cette formation et nous fournissons maintenant un peu de conseils et d’assistance pour la conduite d’un exercice et la supervision de son déroulement et aussi la mise en place de deux ou trois catalyseurs clés en termes de soutien à l’aviation. Mais ce sont les Jamaïcains qui exportent actuellement la formation à leurs homologues beliziens et trinidadiens et nous assistons actuellement à une expansion de la professionnalisation des forces nationales de lutte contre le terrorisme dans la région, ce qui est une excellente chose.

Et tout cela sous la gouverne de nos partenaires d’Affaires mondiales. C’est donc à travers leurs programmes de renforcement des capacités que nous offrons cette formation pour et avec les chefs de mission régionaux. Je pense donc que c’est un excellent exemple de la manière dont le gouvernement du Canada dans son ensemble peut en quelque sorte orienter une région et produire des effets durables importants qui contribuent à la sécurité régionale. Ca c’est l’hémisphère occidental.

– Un autre exemple serait ce que nous faisons au Niger avec la série d’exercices Flintlock et nous le faisons à nouveau depuis plusieurs années maintenant.

C’est un autre bon exemple de la façon dont, grâce à un engagement persistant au fil des ans, nous avons contribué de façon importante au développement des forces spéciales nigériennes, de manière à leur permettre de faire face à leurs propres objectifs nationaux de lutte contre le terrorisme. mais aussi de travailler de manière véritablement interopérable avec les partenaires régionaux et les partenaires des opérations spéciales de l’Ouest. Et donc, en fin de compte, contribuer à l’instauration d’une stabilité régionale efficace et durable. Et encore une fois, le travail se fait avec les gens d’Affaires mondiales Canada.

– Et le dernier bien sûr est ce que nous faisons en Irak.

Cette mission a évolué de manière significative au cours des années où nous avons commencé à travailler avec les Kurdes sur la ligne de défense kurde. Nous avons effectué une transition avec le temps pour commencé à travailler avec nos partenaires des forces de sécurité irakiennes à Mossoul et à contribuer efficacement à la défaite militaire conventionnelle de Daech, tout en veillant à prévenir l’intensification de l’insurrection de Daech. Nous sommes donc à un point tournant très critique en Irak et je pense qu’il s’agit là d’un travail très significatif.

Au niveau de l’équipement, les forces spéciales ont reçu cette année le véhicule ultraléger, le VCUL, mais est-ce qu’il y a encore des gap, des choses qui manquent aux membres ?

Non, je dirais que nous sommes très bien positionnés.

Je pense que la priorité pour moi en tant que commandant est la livraison du PRSRAP dans les Systèmes d’aéronefs sans pilote. C’est essentiel, de même que les trois types d’outils dont j’ai parlé, qui nous permettent d’être aussi bien positionnés que possible pour anticiper les crises et bien comprendre l’environnement. Et c’est vraiment une question d’information. Il s’agit de la capacité de collecter des informations, mais aussi de la capacité de les transmettre efficacement. C’est ce dont vous avez besoin dans cet environnement d’opérations actuel et futur. C’est pourquoi une plate-forme telle que PRSRAP est essentielle à cette équation, pour analyser efficacement et aboutir à la poursuite des cibles si nécessaire. Je pense qu’il s’agit vraiment de faire passer le COMFOSCAN à un niveau supérieur en ce qui concerne son autonomie et sa capacité dans le futur environnement opérationnel.

Des membres du COMFOSCAN déchargent de nouveaux véhicules de combat ultralégers (VCUL) à Petawawa, le 23 janvier 2018. (Archives/Services d’imagerie du ROSC)

J’ai récemment vu passé un CANFORGEN sur la réévaluation des niveaux de sécurité à propos des noms des commandants, nombre de personnels, etc. Le général Rouleau [le prédecesseur de Peter Dawe] disait au début de son mandat vouloir un peu plus ouvrir sur ce que font les forces spéciales… c’est pas encore ça clairement, alors comment voyez-vous l’avenir dans ce domaine ?

Le général Rouleau avait raison. Il y avait un ajustement à faire pour entrer un peu plus dans le domaine public. Faire en sorte que les Canadiens comprennent ce que nous faisons et ce que nous ne faisons pas franchement dans de nombreux cas. Donc, démystifier les forces d’opérations spéciales canadiennes et je pense que le général Rouleau a fait un excellent travail en ce sens. Nous poursuivons dans cette voie.

Le défi, cependant, est qu’il existe des éléments de la force pour lesquels la discrétion sera toujours un facteur important dans ce qu’elle fait. La force n’est pas traitée de la même manière dans ce sens et, au fur et à mesure que nous évoluons en tant que force, nous continuons à réexaminer ce point pour nous assurer que tout est en ordre, car nous ne pouvons pas compromettre la capacité de nos membres de le faire, ce qu’ils font et ce qu’ils doivent faire dans ce futur environnement opérationnel.

C’est donc un peu un défi, mais ce que le général Rouleau vous a dit, c’est une chose que j’ai toujours envie de poursuivre et où c’est logique. Soyons ouverts autant que nous le pouvons. Et nous nous félicitons, au-delà du type d’engagement avec des personnes comme vous, d’un contrôle approprié. Parce que nous sommes convaincus que ce que nous faisons correspond à ce que les Canadiens attendent de nous.

Trenton ou pas Trenton ? La FOI 2 était supposé passé de Dwier Hill à Trenton, mais ça était repoussé, repoussé, repoussé… où en est-t-on maintenant ?

Je pense que le général Rouleau l’a mieux dit lorsqu’il a abordé la question il y a quelque temps. La situation en matière de sécurité a considérablement évolué depuis que cette décision a été prise. Je pense que c’est un réexamen de cette estimation qui est en cours et nous assurer que nous l’avons bien fait.

Mais pour être plus clair, cette décision a été prise au niveau politique à l’heure actuelle et je pense que c’est quelque chose que nous pouvons espérer voir se prononcer plus tôt que tard. Nous faisons évidemment ce que nous avons dit et nous sommes en attente d’une direction.

Voyez-vous quelque chose à rajouter général ?

Juste pour dire Nicolas, que les Canadiens devraient être fiers de ce que les membres de leurs forces d’opérations spéciales font pour le gouvernement du Canada et pour leurs concitoyens. C’est du beau monde qui travaillent fort et puis ils livrent lorsqu’on a besoin d’eux à travers le monde.

Merci !

Merci Nicolas.

La semaine prochaine, mercredi 2 janvier 2019 à 18h, voyez notre entrevue de début d’année avec le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense.