Interview de fin d’année avec le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’Aviation royale canadienne

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Le lieutenant-général Al Meinzinger en entrevue à Ottawa avec 45eNord.ca. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le lieutenant-général Al Meinzinger en entrevue à Ottawa avec 45eNord.ca. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’Aviation royale canadienne, aborde avec 45eNord.ca dans une entrevue exclusive le présent et l’avenir de l’ARC et des sujets «chauds» comme le déficit de capacités de notre aviation de combat ou la pénurie de pilotes et techniciens.

45eNord.ca: Général, passons directement au sujet de l’heure… déficit de capacités ou pas de déficit de capacités ?

Lieutenant-général Al Meinzinger: Vous faites référence au rapport du Bureau du vérificateur général… vous faites référence aux politiques et orientations du gouvernement en 2016 spécifiques à deux de nos missions, le soutien que nous fournissons à la fois à l’OTAN et au NORAD. Comme cela est détaillé dans le nouveau document sur la politique de défense, l’Aviation royale canadienne s’efforce de pouvoir respecter ces deux engagements simultanément. Telle est donc la politique actuelle, celle que je suis en tant que commandant de la force aérienne.

Le vérificateur général a déclaré que le déficit de capacités était dû au manque de pilotes et de techniciens. Nous avons besoin de plus. Pourquoi il y a un déficit en ce qui a trait aux pilotes et aux techniciens. Tous les enfants rêvent d’avions … alors pourquoi ?

Je vais peut-être commencer par vous faire part de certaines des tendances macroéconomiques observées dans le monde entier. C’est très intéressant.

Je passe beaucoup de temps à lire des textes journalistiques publiés par des entreprises et des sociétés du secteur aérospatial et, en fait, un très récent rapport sur le marché du travail canadien très récent, faisant état des prévisions relatives à la demande de pilotes et de techniciens au Canada, faisait état au cours des dix prochaines années d’une demande initiale de 19 000 pilotes. Clairement, cela reflète la croissance significative du marché et lorsque vous examinez de plus près les tendances mondiales, vous voyez des chiffres suggérant qu’il en faudrait 700 000 au cours des 20 prochaines années pour alimenter la croissance dans le secteur global des transports civils. Si nous regardons les statistiques de la Chine par exemple, le taux prévu de déplacements de passagers va doubler sur 10 ans. Ce sont donc les pressions macroéconomiques que nous avons subies et que nous continuerons d’affronter et qui font peser une certaine pression sur notre institution.

C’est donc ce qui pousse certains membres importants de notre personnel à choisir de partir et de relever de nouveaux défis dans leur vie. Je pense à ce que nous avons vécu au cours des dernières années. Donc, à mes yeux, ce qui compte le plus, c’est ce que nous faisons à ce sujet. Nous devons organiser des initiatives tant au niveau des Forces armées canadiennes qu’au niveau de l’Aviation royale canadienne pour essayer peut-être de rendre cette décision moins évidente pour ces personnes et nous sommes fiers du travail en cours à ce sujet, sous le commandement du général Chuck Lamarre au sein du Commandement du personnel militaire. Mais je citerai peut-être un bon exemple qui, selon moi, sera très positif pour l’équipe des Forces armées canadiennes et pour l’Aviation royale canadienne, une des nombreuses initiatives est ‘’Le Canada sans failles’’.

Il s’agit d’une initiative visant à amener nos provinces à collaborer et à essayer de définir les attentes, si vous voulez, au niveau provincial. Souvent, lorsque nous voyons quelqu’un quitter la force aérienne, c’est en raison d’une pression sur sa famille. Il est difficile d’imaginer que vous devez passer de la base X à la base Y lorsque vous devez envisager de déménager vos enfants, que votre conjoint ou conjointe doit se demander comment se fait le transfert de son emploi, un emploi. Et nous découvrons que, d’une province à l’autre, souvent, les règles sont différentes. Prenez l’exemple de l’immatriculation ou de l’inspection d’une voiture: dans la province A, vous avez peut-être fait inspecter votre voiture, vous avez déménagé dans la province B et on vous demande de faire inspecter votre voiture de nouveau pour obtenir une plaque d’immatriculation. Et il y a beaucoup de frictions, là,  qui créent des difficultés pour les familles lorsqu’elles ont déménagé.

Donc, avec l’initiative, imaginez que vous déménagiez de province en province sans avoir à vous soucier de la reconnaissance ou de l’accréditation d’un emploi pour le conjoint. Nous espérons que cela rendra les choses plus faciles pour les familles. Beaucoup d’efforts sont en cours pour améliorer la rétention de notre personnel.

En ce qui concerne notre équipe de maintenance, vous auriez vu ma réponse officielle au rapport du Bureau du vérificateur général et nous acceptons et accueillons favorablement toutes les recommandations. L’une des mesures spécifiques, l’initiative des techniciens, consiste à sous-traiter une partie des travaux de la 3e et la 4e Escadre, ce qui a pour conséquence que de nombreux techniciens sont libres de se déplacer vers la première ligne de maintenance de nos CF-18, ce qui, nous pensons, va aider à rendre les avions plus accessibles à nos pilotes pour les vols. Alors… longue réponse à une question… tout ça pour dire qu’il y a du travail en cours pour aider à fidéliser notre formidable  personnel formidable et pour rendre  les conditions dans le service bien meilleures pour le personnel.

45eNord.ca : Où est le problème? Sur le recrutement ou plus sur la rétention?

Je dirais que nous nous débrouillons assez bien en ce qui a trait au recrutement. 

75 nouvelles recrues prêtent serment, au Collège militaire royal de Saint-Jean, le 28 juin 2018. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Grosso modo quand vous regardez le nombre de jeunes adultes canadiens, en particulier ceux qui veulent se joindre à la force aérienne, beaucoup aspirent à devenir pilotes. C’est une catégorie très souvent choisie, vous devez en choisir une dans votre candidature, mais cela étant dit, nous avons pris des initiatives très importantes pour apporter des changements dans ce type de phase d’inscription par un examinateur individuel. Je vais utiliser un exemple pour vous: les méthodes de filtrage des candidats pilotes. Donc, quelqu’un est recruté dans les Forces armées canadiennes pour devenir pilote. Il doit se soumettre à une évaluation afin de s’assurer qu’il dispose du bon statut médical, de la bonne aptitude à réussir. Nous utilisions un système très ancien, ce système de sélection existe depuis de nombreuses années. Au cours des dernières années, nous avons mis en place un modèle que nous avons étudié et qui est maintenant en place. Et nous trouvons, c’est un peu tôt, mais nous constatons certainement un taux de réussite plus élevé chez ces personnes qui entrent dans le système de formation des pilotes. Nous constatons donc moins d’échecs, nous constatons plus de résultats de cette partie de la production.

Donc, vous avez raison, il y a le recrutement, il y a la formation et le maintien en poste de tous les métiers que nous avons dans l’Aviation royale canadienne. Et nous devons travailler tous ces éléments.

La rétention, cependant, est notre priorité absolue. En fait, le chef d’état-major de la défense m’a demandé de lui fournir des plans supplémentaires pour améliorer la rétention de notre personnel.

Je vais vous dire pourquoi la rétention est également importante pour moi, et j’en ai fait l’une de mes priorités en tant que nouveau commandant: un, je reconnais que ce sont les les hommes et les femmes de l’organisation qui sont la vie de l’Aviation royale canadienne. Nous réussissons grâce aux personnes formidables que nous avons en uniforme et cela a été le cas pour toute l’histoire de notre organisation. Mon père a servi pendant 36 ans dans l’Aviation royale canadienne, alors j’aime penser que je comprends les contributions qui sont faites chaque jour par le personnel. Il est donc important de garder les personnes formidables dans lesquelles nous avons investi, qui ont des décennies d’expérience. Vous ne pouvez pas remplacer un technicien avec 25 ans d’expérience par une personne qui arrive dans l’organisation, n’est-ce pas? Vous avez peut-être un nombre égal de personnes, mais il est clair que la personne de 25 ans d’expérience ne peut être reproduite qu’en 25 ans. Donc, plus nous pouvons encourager les gens à rester en uniforme et vous savez que cela ne signifie pas nécessairement qu’il faut rester dans la force régulière, mieux c’est.

S’ils envisagent sérieusement de prendre leur retraite à Cold Lake, en Alberta, mais qu’ils souhaitent continuer à servir, nous souhaitons vivement les garder dans la force de réserve. Nous avons déployé beaucoup d’efforts et mis l’accent au cours des dernières années à cet égard, en particulier pour la force de combat, et nous constatons des résultats positifs. Aujourd’hui, nous avons 2 000 réservistes dans l’Aviation…

45eNord.ca: C’est le problème… les gens quand ils pensent aux réservistes… ils pensent aux réservistes de l’armée, aux réservistes de la marine… mais les réservistes de l’aviation, ce n’est pas bien connu.

Je crois que c’est une observation juste, car le modèle de l’Aviation royale canadienne est peut-être un peu plus distinct que celui de  l’armée et la marine. Nous avons un modèle intégré. Donc, pour la plupart, nos réservistes ont déjà servi de nombreuses années dans la force régulière. Et nous bénéficions largement de leur service en tant que réserviste. Ils apportent toutes leurs qualifications, leurs compétences… et vous savez, quand je me souviens de mon temps en Afghanistan, nous n’aurions absolument pas pu soutenir le déploiement de la puissance aérienne et les rotations sans la contribution de notre réserve, alors nous profitons énormément de leur présence. Aujourd’hui, à l’escadron, vous ne savez pas qui est réserviste ou membre de la force régulière. Nous mettons en place des initiatives de réserve supplémentaires, Nicolas. Tout d’abord, comme je l’ai dit aujourd’hui, 2 000 réservistes et moi-même avons un objectif ambitieux de 2550. Avec une approche  sur mesure, flexible et très dynamique, nous pourrions être en mesure de recruter plus de réservistes. Bien sûr, j’ai besoin de fonds pour cela, c’est une discussion en cours à Ottawa. Et je crois que j’ai le soutien de l’institution pour amener plus de réservistes dans notre équipe. Je pense que nous allons réussir. Enfin, je tiens à souligner le travail que nous avons accompli l’été dernier. Reconnaissant les défis que nous avons, nous avons organisé un cours de qualification de base dès le début de la formation dans les Maritimes et nous avons été en mesure de recruter 20 nouveaux réservistes, de les former pour leur camp d’entraînement, si vous voulez, et nous les plaçons maintenant dans divers cours et écoles et ils vont être intégrés comme recrues issues de ce processus de recrutement accéléré dans la force aérienne. Voici donc quelques exemples, un certain nombre d’initiatives que nous avons aujourd’hui.

45eNord.ca : Le CF-18 maintenant… l’année prochaine, nous recevons celui des Australiens… qu’en pensez-vous?

Une formation de trois F / A-18 Hornets de la Royal Australian Air Force participe à une mission d’entraînement le 9 mars 2012 au dessus du désert du Nevada. (Archives/Senior Airman Brett Clashman/U.S. Air Force)

C’est vrai, nous avons travaillé en étroite collaboration avec nos homologues australiens. Je dirais d’emblée qu’ils ont été absolument professionnels. Ils ont été des partenaires de confiance et ont travaillé très efficacement avec nous. Je suis très fier de cette relation. Je pense que c’est historique. C’est le signe de la confiance que nous avons établie avec nos principaux alliés.

Nous verrons les deux premiers F-18 australiens arriver ici au Canada le premier semestre  de l’année prochaine, puis les derniers appareils seront livrés selon un calendrier que nous n’avons pas encore précisé, mais ce sera probablement sur une période de 2 à 3 ans. Et cela s’alignera sur le calendrier australien de retrait des F-18 et de transition, un plus grand nombre de ces appareils prenant alors le chemin du Canada.

Bien sûr, ils se joindront aux 3e et 4e Escadre pour aider à compléter la flotte des 76 appareils que nous avons aujourd’hui. Nous avons quelques modifications mineures que nous allons faire Nicolas, des choses telles que l’éclairage, certains téléchargements de logiciels que nous allons faire, nous devrons repeindre l’avion…

45eNors.ca : Donc pas de kangourou, mais la feuille d’érable maintenant…

C’est vrai. Cela fera donc partie de la façon dont nous les préparerons à s’intégrer dans  le bassin d’aéronefs que nous avons aujourd’hui. Et de toutes les manières, les équipages et les pilotes ne devraient même pas voir de différence entre les appareils. Et ces avions nous offrent vraiment de la flexibilité. Une plus grande capacité de la flotte alors que nous envisageons de faire voler au cours de sa dernière étape de service vers le Canada, ce qui nous donne plus de flexibilité pour avoir une durée de et une fatigue accrue à gérer dans l’ensemble de l’entreprise. Vous savez, alors que nous cherchons à augmenter la force pour pouvoir passer au futur chasseur, bien entendu 88 appareils, ce qui est un nombre plus important que le 76 CF-18 que nous avons actuellement, tout cela fait partie de la transition vers la capacité de combat future.

45eNord.ca Ainsi, ces aéronefs causeront moins de fatigue sur l’ensemble de la flotte en lui permettant de voler peut-être plus qu’actuellement?

Vous avez raison, ça va nous donner plus de flexibilité. Pensez-y comme à une banque de capacité. Nous allons avoir plus de capacité et je pense que répartir la durée de vie et la fatigue sur un plus grand nombre d’appareils sera un avantage pour nous. Plus de redondance, plus de flexibilité. Et comme je l’ai dit, les techniciens et les pilotes, une fois les appareils intégrés dans la 3e et 4e escadre, ne devraient pas, à moins de le savoir,  voir de différences entre nos appareils et  ceux qui sont venus d’Australie.

45eNord.ca : Sera-ce 9/9? 9 appareils pour Cold Lake, 9 pour Bagotville?

Nous n’avons pas encore déterminé la répartition exacte. Cela dépendra,  à leur arrivée, nous prendrons la décision en fonction de l’emplacement. Nous imaginons que les deux premiers iront à Cold Lake. Et comme je l’ai dit, nous visons le premier semestre de l’année prochaine pour les deux premiers.

45eNord.ca : Opérations! L’année écoulée a été chargée pour la force aérienne: Op Impact, Op Réassurance, Op Présence… Où en sommes-nous maintenant en ce qui a trait à l’état de la flotte puisque nous avons toutes ces missions en même temps?

Vous avez fait vos devoirs Nicolas. Nous sommes une force aérienne exceptionnellement active et je dirai tout d’abord que je suis très fier du travail accompli dans les opérations. La crédibilité de la force aérienne est en corrélation directe avec le travail remarquable accompli par nos aviateurs et aviatrices déployés à l’étranger sur ces missions et même ici au Canada. Vous savez, la force aérienne est déployée efficacement chaque jour. Nous opérons depuis nos escadres, nous pourrions également mener des opérations ici au Canada et, bien sûr, l’équipe de recherche et sauvetage est prête et disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, chaque jour, répondant à l’appel mille fois par an. C’est donc une force aérienne très occupée et je vous dis que j’ai pu le constater de visu en visitant un certain nombre de nos forces opérationnelles aériennes déployées.

Je me trouvais au Mali il y a quelques mois et j’ai passé quelques jours avec le colonel McKenna et la Force opérationnelle Mali. Ils accomplissent simplement un travail remarquable, exécutant une noble mission, qui consiste à fournir des informations aériennes avancées aux troupes de l’ONU chargées de la patrouille et de la mission de présence dans la région autour de Gao, tout en fournissant une capacité résiduelle à nos alliés tels que les Néerlandais et les Allemands. D’une manière très canadienne, je dois dire. Vous savez, trouver des façons adroites d’accomplir des tâches que d’autres n’ont peut-être pas été capables de faire. Et il me semble que tout au long de ma carrière, de mes expériences, c’est toujours ce cas qui montre ce niveau d’adresse qui, à mon avis, nous distingue des autres si vous vous comparez à nos alliés.

Et j’étais en Roumanie il y a peu de temps pour rendre visite au lieutenant-colonel Woods et à la merveilleuse équipe déployée là-bas, travaillant main dans la main avec l’armée de l’air roumaine et l’avion Mig-21. Vraiment un spectacle à voir. Donc, vous avez raison, ces missions sont importantes, nous continuons à constater un travail remarquable au Moyen-Orient également avec les hélicoptères déployés et nos ravitailleurs. Et je pense que ce sera le tempo auquel nous nous attendons à mesure que nous avançons dans la nouvelle politique de défense en termes de production opérationnelle que nous devons obtenir pour répondre aux attentes du gouvernement. Nous réalisons donc beaucoup de travail formidable et je ferai de mon mieux pour que cela se poursuive.

45eNord.ca : Mali, Irak, Roumanie, Canada… êtes-vous à l’aise de déployer tous ces avions et toutes ces troupes en même temps?

Je suis très à l’aise. Même aujourd’hui, nous avons un équipage de CP-140 en Amérique centrale et sud, qui soutient l’opération Caribbe, une mission de lutte contre les stupéfiants et de soutien du U.S. Southcom et de la Garde côtière américaine Nous venons tout juste de déployer un C-130 en Indonésie chargé d’apporter une aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe. Il est également important quand nous déployons des capacités à l’international que le gouvernement écoute les conseils fournis par le chef d’état-major de la défense et les options proposées sont certainement celles auxquelles nous avons la capacité de contribuer.

Chaque fois que nous envisageons de prolonger une mission, de commencer une nouvelle mission par le biais du chef d’état-major de la défense, ces options sont toutes exécutables dans les limites de l’engagement. Je pense que nous sommes assez rigoureux à cet égard, et je pense que nous le faisons très délibérément. Cela ne signifie pas que nous pouvons faire une mission donnée pour toujours. Parfois, nous nous heurtons à des problèmes de durabilité. Parfois, nous ne pouvons nous engager que pendant un nombre fixe d’années, et souvent en raison de la nature de la force de l’équipage.

Un bon exemple serait notre CP-140 que nous avons déployé dans le cadre de l’op IMPACT au Moyen-Orient. Cette capacité, cette équipe, est en principe surtout axée sur la guerre anti-sous-marine (ASW), mais nous les avons gardé pendant une longue période sur l’opération IMPACT. Par conséquent, lorsque nous nous sommes arrêtés et avons examiné les effectifs, nous avons constaté que nous devions probablement acquérir de nouveau une formation et des compétences supplémentaires en lutte anti-sous-marine. Nous avons donc progressivement mis en place cette capacité en même temps que nous sommes passés au C-130 dans le cadre de cette mission. En cela, nous reconnaissons que nous voulions nous assurer que nous avions suffisamment de formation et que nous mettions l’accent sur la capacité de lutte anti-sous-marine par rapport à la lutte contre des forces terrestres.

45eNord.ca : Extension et nouvelles possibilités. Il y a une mission de reconnaissance en Ouganda pour la prochaine étape des «’engagements intelligents»…Est-ce que, ce que  l’Aviation royale canadienne cherche à démontrer, est comme sa capacité après l’Op PRESENCE Mali…l’ Op PRESENCE Ouganda.

Je n’ai pas encore d’information que je puisse partager avec vous, Nicolas. Certes, nous envisageons de nous préparer, mais le gouvernement ne l’a pas annoncé. Je dirais que notre capacité C-130 J est très agile. Nous avons donc été en mesure de mener à bien des tâches dans une très large bande. En fait, notre C-130 au Moyen-Orient est extraordinaire par ce qu’il a accompli: pratiquement 99% des missions qui lui ont été assignées ont été exécutées. Je suis très fier du travail que l’équipe fait là-bas. Ils remplissent l’aéronef au maximum, ils déplacent une quantité importante de charges à l’appui de la mission de l’op IMPACT. Mais l’agilité d’un détachement de C-130 peut faire plus que cela. Ils peuvent prendre en charge plusieurs emplacements à partir d’une base donnée. Par conséquent, alors que nous envisageons plus de travail pour cette capacité particulière, nous devrions certainement chercher à tirer parti de sa capacité à être multifacettes et polyvalente dans la façon dont nous l’utilisons.

45eNord.ca : Est-ce que cela change quelque chose d’avoir une peinture bleue (pour les missions de l’ONU) sur l’hélicoptère ou un avion? Ou c’est comme d’habitude?

Je pense que les choses se passent comme d’habitude. Certes, lorsque nous appuyons une mission de l’ONU, nous portons la coiffe appropriée en tant que membre des Nations Unies et l’ONU exige que l’aéronef reflète l’engagement des contributions envers l’ONU. Donc, si vous regardez l’avion actuellement, vous le verriez à l’opération Présence au Mali aujourd’hui, mais je dirais que ce n’est en grande partie pas tangible pour les équipages chargés de la mission. Lorsque j’étais à Haïti en 1995, les avions étaient peints en blanc, ce qui à l’époque faisait bien comprendre ce que nous devions faire, mais en réalité, les coûts et les exigences en la matière étaient peu efficaces. Je suis bien heureux de voir l’insigne bleu de l’avion et heureux de ne pas avoir à peindre complètement nos Chinooks et notre Griffon. Je pense que cela aurait été inutile.

45eNord.ca : Qu’est-ce qui attend  notre force aérienne à l’étranger?

Si vous me le permettez, je vais vous donner deux perspectives. Nous avons parlé un peu du personnel. L’un de mes objectifs principaux au cours de mes 10 années de commandement, c’est ce que j’appelais mes 4 P, les gens (people en anglais) le programme, les politiques et la posture. Nous avons parlé un peu de l’aspect personnel dans le contexte de la force de combat, mais dans l’avenir, nous allons certainement introduire de nouvelles capacités dans l’Aviation royale canadienne, une nouvelle capacité de véhicules aériens sans pilote, nous aurons un nouvel avion de chasse. Il est évident que nous verrons une nouvelle capacité de transport stratégique et de ravitaillement, nous devrons donc nous développer! Nous devrons grandir en taille. Pour moi, l’une des priorités est donc de nous assurer que le nombre de nos effectifs actuels d’environ 12 000 membres de la Force régulière, 2 000 réservistes et 1 500 employés civils, mais soit augmenté. Je vais donc juger de mon succès personnel et du succès de mon équipe sur notre succès à augmenter la taille de notre équipe pour pouvoir relever les défis de l’avenir.

C’est une priorité et ce le sera au cours des trois prochaines années.

L’un des aspects dont nous n’avons pas parlé est de l’espace dans l’Aviation royale canadienne. Il y a deux ans, nous avons eu la responsabilité de gérer et de superviser la capacité conjointe de l’espace du point de vue du développement des forces, de la génération des forces et de l’emploi des forces. Si vous lisez notre nouvelle politique de défense, vous constaterez que cette propriété est reflétée dans les paragraphes qui touchent l’Aviation royale canadienne. Ainsi, lorsque je parle de l’Aviation royale canadienne, notre mission est de fournir de la puissance aérienne et spatiale. Cela fait maintenant partie du lexique de la force aérienne. Je pense que si vous vous remémorez, en septembre 1962, le Canada a lancé Alouette 1. Nous étions le troisième pays à lancer un satellite. La troisième nation à construire un satellite dans son propre pays. Nous étions des leaders. Premier pays à avoir mis en place un système de communication par satellite reposant en grande partie sur ceux que nous avons lancés. Nous avons donc une longue histoire dans l’espace et un certain nombre de projets sont reflétés dans la politique de défense que nous réalisons. Et c’est une partie vraiment passionnante de la force aérienne d’aujourd’hui. Beaucoup de travail formidable est accompli. Je me suis récemment rendu aux États-Unis pour un exercice de coalition, un exercice lié à l’espace. J’ai un membre de mon personnel ici à Ottawa qui se concentre particulièrement sur l’espace. Il y aura 120 nouveaux postes dans le portefeuille de l’espace. Je suis donc très enthousiaste à ce sujet. Je pense que c’est une chose très positive pour l’aviation et que nous avons beaucoup de travail à faire.

Troisièmement, l’un des points que je voulais partager avec vous est un peu l’accent que j’ai mis sur mon commandement et c’est l’importance absolue des escadrons dans l’Aviation royale canadienne au niveau tactique.

Nous avons environ 85 de ces unités dans l’Aviation royale canadienne. Quand je réfléchis à la raison pour laquelle nous réussissions dans le passé et à ce sur quoi nous devons nous concentrer lorsque nous envisageons l’avenir, je reconnais que nous devons privilégier et garder un œil attentif sur ce niveau des escadrons qui dirigent les forces aériennes.

J’ai fait partie d’une escadrille lors de ma première affectation à Edmonton, au 408 e Escadron, et je vais vous dire que, si je réfléchis un peu, je suis ce que je suis aujourd’hui à cause de ces expériences. J’ai appris à piloter, passant de co-pilote à commandant de bord. Les amitiés que j’ai établies me soutiennent encore aujourd’hui. Vous savez, après une mauvaise journée, je peux appeler l’un de mes copains de cette première affectation et avoir une bonne discussion… Je suis soutenu par ces relations. J’ai appris à devenir un chef junior et je devais être déployé dans le cadre d’une mission de l’ONU… tout cela se passait lors de ma première affectation au niveau de l’escadron. Je pense que, lorsque nous pensons former des personnes et que nous souhaitons qu’elles réussissent le reste de leur carrière, nous devons nous assurer que nous disposons du leadership, des ressources adéquates et du bon équilibre dans ces unités pour pouvoir soutenir l’institution. C’est donc une sorte de thème sur lequel je passe beaucoup de temps à réfléchir et que je tiens à souligner lorsque j’essaie de prendre des décisions ici, à Ottawa. Si je prends une décision qui ne tient pas compte de ce que cela signifie réellement au niveau de l’escadron tactique, ce sera problématique à mon avis.

45eNord.ca : Espace, pour être clair pour le grand public, que signifie espace? Du point de vue de la Force aérienne, nous ne parlons pas d’espace lointain, n’est-ce pas?

Oui, nous parlons d’orbite terrestre basse, d’orbite terrestre moyenne, d’orbite terrestre élevée… Ce sont les constellations à partir desquelles vous pourriez imaginer les satellites. Et c’est là que se trouvent beaucoup de nos programmes. Nous participons à des projets de type communication, des projets de type observation de la Terre, des projets de surveillance de type spatial. Donc, il y a un certain nombre de domaines d’intérêt et nous avons des projets d’immobilisations, nous avons des initiatives qui sont touchent ces zones. En ce qui concerne nos alliés et nos partenaires de la coalition, le Canada est un ajout très avancé. Nous sommes le seul pays à fournir un espace de surveillance depuis l’espace, ce qui est très bénéfique pour les États-Unis. Je pense que nous avons acquis beaucoup de crédibilité et en travaillant en étroite collaboration avec nos alliés, nous devenons de meilleurs coéquipiers.

Et vous reconnaîtrez certainement l’importance de l’espace pour l’avenir. Une grande partie de ce que nous faisons aujourd’hui est impossible sans l’espace, que ce soit l’utilisation de votre carte bancaire à votre guichet automatique ou la conduite de votre voiture à la maison la nuit. Si nous perdions cette capacité, notre monde changerait de manière significative.

45eNord.ca : Quand vous voyez notre voisin du sud dire qu’il va mettre en place une force spatiale… est-ce que cela vous concerne du point de vue du programme spatial de l’ARC?

Je pense que les États-Unis travaillent actuellement à la structuration de l’espace au sein du ministère de la Défense. Je pense qu’ils vont définir ce à quoi ressemble probablement l’organisation à court terme… mais cela dit, nos relations avec les États-Unis sont certainement très solides. Un certain nombre de Canadiens travaillent dans le commandement spatial de la Force aérienne, à Vandenberg (Californie), dans le centre d’opérations spatiales combinées, et je pense que cela nous a placés dans une très bonne position pour maintenir une relation solide avec notre partenaire américain. Je pense donc que, quelle que soit la structure de commandement et de contrôle mise en place, Nicolas, cela ne changera pas fondamentalement la manière dont nous interagissons avec les États-Unis. Et en fait, je dialogue régulièrement avec le général Raymond, qui est responsable du commandement spatial de la Force aérienne, et je suis convaincu que rien ne changera vraiment à la suite de cette réorganisation.

45eNord.ca : Le NORAD est un autre programme conjoint du Canada et des États-Unis. Où en sommes-nous maintenant dans cette relation spécifique, car nous avons beaucoup discuté au cours des dernières années de l’avenir du NORAD?

Le NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nor, NDLR) est un commandement phénoménal. J’ai eu le plaisir de servir pendant 4 ans à Colorado Springs et je vais vous dire, l’occasion de travailler côte à côte avec nos partenaires américains au sein d’un commandement intégré, ce qui signifie que vous pouvez voir des Canadiens travailler pour des Américains, des Américains travailler pour des Canadiens, c’est complètement intégré. Et bien sûr, cette année est une année spéciale, où a été célébré le 60ème anniversaire du commandement créé en 1958. Vraiment dans l’esprit de l’accord qui a été signé en 1940 entre notre Premier ministre et le président de l’époque, qui reconnaissaient que nous ferions mieux de relever nos défis de sécurité et de défense ensemble qu’individuellement.

C’est vraiment l’esprit de cet accord qui a conduit à la création de NORAD en 58. Et bien sûr, nous avons vu le commandement se moderniser et évoluer au cours de son histoire. Donc, je dirais que c’est un commandement absolument essentiel pour défendre le Canada et les États-Unis de manière intégrée, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an.

Et notre politique de défense s’engage à moderniser le NORAD, en tenant compte d’un cadre incluant toutes les menaces, afin de comprendre comment nous pourrions faire évoluer le commandement.

Une partie de cela peut être finalement des capacités. Il pourrait s’agir simplement d’investissements dans les infrastructures, le système d’alerte du Nord devra être remplacé dans les décennies à venir et les travaux visant à imaginer à quoi pourrait ressembler ce nouveau système à trois câbles sont déjà bien avancés grâce à un certain nombre d’investissements. Je pense que la modernisation du NORAD est très enthousiasmante. Je pense que la modernisation du commandement est très cohérente avec ce qui a été fait au cours des 60 dernières années et nous travaillons en collaboration avec nos partenaires américains pour cartographier cela dans les 5 à 10 prochaines années.

45eNord.ca : Vous avez parlé du système d’alerte du Nord, mais avons-nous vraiment besoin de le changer à l’avenir? Nous avons déjà parlé de satellites, de drones, de drones…

Je pense que c’est exactement ce point. Je pense que la prochaine capacité sera probablement un système de systèmes, comme vous le dites Nicolas, ce ne sera probablement pas uniquement des systèmes de base au sol.

Il y a tellement plus de possibilités aujourd’hui que lors de la conception du système d’alerte du Nord. Les capacités des adversaires ont évidemment évolué elles aussi. Je pense votre question est pertinente et  de cette question est bonne, c’est sur quoi nous nous concentrons aujourd’hui, imaginer des systèmes de systèmes permettant de protéger le continent et la définition qui en découle. Cela prendra évidemment un certain temps, mais nous travaillons avec diligence avec plusieurs de nos partenaires.

45eNord.ca: Cette année, l’OTAN est revenue au programme AWACS. (Système de détection et de commandement aéroporté, de l’anglais «AWACS» pour Airborne Warning and Control System, NDLR) Qu’est-ce que cela a changé pour l’Aviation royale canadienne?

Un avion AWACS de l’OTAN (Wiki Commons)

C’est très positif pour nous de rétablir notre présence au sein du programme AWACS de l’OTAN. Nous cherchons à réintégrer un certain nombre de membres du personnel dans le programme et je m’attendrais à ce qu’en 2019, Nicolas, nous cherchions à obtenir un petit nombre de postes, trois ou cinq postes environ, et, au cours des prochaines années, nous allons continuer à développer une empreinte modeste, de sorte que vous commencerez à voir des membres ( de l’Aviation royale canadienne) travailler au sein du personnel, des membres idéalement intégrés dans l’équipage(des AWACS, NDLR) également.

Donc, vous avez raison. C’est un nouveau «nouveau» domaine pour nous dans lequel  nous allons nous réengager à l’été 2019.

45eNord.ca: Le dernier Sea King à voler pour la cérémonie officielle. C’est donc un grand pas pour l’Aviation royale canadienne après plus de cinquante ans maintenant. Alors, où en sommes-nous avec l’intégration du Cyclone dans la flotte?

Alors, je suis heureux que vous parliez des adieux au Sea King. Vous avez raison, un important défilé d’adieu était prévu pour samedi matin. J’aurai le privilège d’être l’officier réviseur de ce défilé sur l’île, dans l’ouest. C’est une chose incroyable. Cinquante-cinq ans que cette capacité a servi le Canada. Pour moi, c’est le reflet de l’incroyable équipe chargée de la maintenance et du soutien qui a permis de maintenir cet avion en état de fonctionner jour après jour, dans les mers les plus agitées, sur de nos navires de guerre, un hommage aux équipages qui ont exploité cet appareil, alors je suis sûr que cette semaine, on verra beaucoup de gens et d’anciens combattants qui ont participé à cela et j’ai hâte de les rencontrer.

Vous savez, c’est intéressant, mais vous savez, ce ne sera pas le dernier vol du Sea King ce week-end. Nous continuerons de l’opérer jusqu’en décembre, et jusqu’à la fin, le taux de vol erst aura été supérieur è ce que nous avions imaginé cette année, nous allons un peu dépasser la cible (sourire). Et vous aurez pu remarquer un Sea King qui arrivait au musée de Trenton la semaine dernière et qui y restera, y sera exposé et servira un peu comme une vitrine pour les Canadiens.

Mais je suis également ravi de savoir où nous en sommes sur la capacité du cyclone, Nicolas.

Fier du travail que font actuellement les équipes de cyclones à bord du Ville de Québec dans le cadre du déploiement en soutien aux mesures de réassurance de l’OTAN.. En fait, je pourrai voir cet équipage lors de sa visite portuaire en Israël, vers Noël. Le commandant de la Marine et moi-même serons ensemble et nous rendrons sur le navire à bord d’un de nos Cyclones. Nous allons passer la nuit avec l’équipage et les remercier pour leurs services.

Mais nous continuons à déployer la capacité Cyclone et la capacité de lutte anti-sous-marine de classe mondiale, et je vais vous dire, le commandant de la Marine et la Marine sont ravis d’avoir intégré ce système d’armes dans leurs navires de guerre et je pense que je ne vois que du positif au fur et à mesure que nous progressons et que nous introduisons cette capacité sur la côte ouest, comme vous le savez, et que le taux de vol mensuel continue de grimper. C’est donc une tendance positive et nous sommes sur le point de dire adieu au Sea King, alors que  nous sommes en position d’être pleinement centré,centré à 100% sur le Cyclone.

45eNord.ca: Dernière question avant la dernière. Cette question vient de quelqu’un de l’aviation. La 2e Escadre de Bagotville n’est pas bien connue à l’extérieur, du public, mais aussi à l’interne, certaines personnes demandent: Que faites-vous? Avez-vous des avions? Alors, pourquoi pensez-vous que cette aile spécifique de Bagotville ne soit pas mieux connue ?

Je pense que c’est une excellente observation. Peut-être que c’est peut-être parce que c’est notre toute dernière escadre et qu’elle n’a pas eu la même attention, mais je peux vous dire que je  parle publiquement, comme je l’ai fait récemment, aux commandants d’escadre, et les commandants de la 2 e Escadre étaient présents, de la façon dont nous avons ouvert le théâtre au Mali, comment nous avons créé le camp et l’infrastructure nécessaire pour soutenir le G7, a été confiée au personnel du 2 e escadre.

Leur capacité à créer des conditions pour la force aérienne, à partir de laquelle la puissance aérienne peut ensuite être projetée, est ce qui fait une énorme différence pour la Force aérienne.

En outre, ils forment et préparent le personnel du quartier général de l’ATF pour leur permettre de se déployer et de mener des opérations. Ainsi, lorsque je pense à la 2 e Escadre, je pense à la manière dont nous permettons la projection de la puissance aérienne sur le plan international et national et qu’ils sont un ingrédient absolument essentiel dans l’équation qui nous permet de réaliser nos missions aujourd’hui. Ainsi, en tant que commandant de la force aérienne, je sais le travail remarquable qu’ils accomplissent. Mais je reconnais qu’ils sont méconnus, peut-être parce qu’ils n’ont pas des avions à eux dans l’escadre. Bien qu’ils en aient, mais pas spécifiquement à eux. Peut-être parce qu’ils sont la dernière escadre et que les gens n’ont pas encore pleinement reconnue la contribution massive qu’ils apportent.

Mais nous continuons d’offrir des capacités supplémentaires, vous savez, pour construire la 2 e Escadre, donc. C’est un processus et je serai leur plus grand défenseur, et, avec moi comme leur plus grand défenseur, je suis sûr qu’un élan sera créé en leur faveur.

45eNord.ca: Dernière question. Général, vous êtes à la tête de l’ARC depuis près de sept mois. Quelle a été votre réflexion sur ces mois et étiez-vous pleinement conscient des risques et des défis liés au fait d’être commandant de l’ARC?

Les sept mois ont été formidables. Je pense que votre question m’a fait réfléchir un peu sur le passé et sur ce que nous avons accompli en tant que force aérienne, et je dirais certainement que j’ai pris les devants en sachant à quoi nous attendre. J’étais commandant adjoint de la force il n’y a pas si longtemps, alors je n’étais pas loin de la réalité

Mais encore une fois, je dirais que le grand travail qui se fait chaque jour, je le vois quand je vais visiter les opérations, quand je vais visiter les escadres; je parle aux jeunes membres de l’organisation. Je pense que nous sommes dans une position fantastique. Quels que soient les défis qui nous attendent, je suis convaincu que nous réussirons, car nous avons des personnes exceptionnelles dans notre équipe. Je le vois, je sens lorsque je parle à nos membres, et vous savez, ils sont pleinement engagés et je suis enthousiasmé par les années à venir.

45eNord.ca: Voyez-vous quelque chose à ajouter?

Non, je ne le pense pas. Nous avons couvert un large éventail de points, Nicolas.

La semaine prochaine, mercredi 26 décembre à 18h, voyez notre entrevue avec le major-général Peter Dawe, commandant du Commandement des forces spéciales canadiennes.