Okinawa: reprise des travaux d’une base américaine contre l’avis des autorités locales

66
Un hélicoptère Sea Knight survole la base aérienne Futenma du Corps des Marines des États-Unis à Okinawa au Japon en 2012. (Mike Granahan/USMC)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Un hélicoptère Sea Knight survole la base aérienne Futenma du Corps des Marines des États-Unis à Okinawa au Japon en 2012. (Mike Granahan/USMC)

Le gouvernement japonais a décidé de relancer vendredi les travaux de construction d’une base américaine dans une baie d’Okinawa, contre l’avis du gouverneur et de la population locale, nouvel épisode d’une interminable saga.

« Je ne peux que ressentir une forte colère en voyant ces travaux de remblais qui ignorent les souhaits de la population d’Okinawa », a réagi le gouverneur Denny Tamaki, récemment élu justement parce qu’il est un vif opposant à la construction de cette base qui doit accueillir les forces actuellement stationnées à Futenma, au coeur de la ville de Ginowan.

Il a été conclu entre les gouvernements japonais et américain que Futenma serait déplacée vers la région littorale moins peuplée de Henoko, pour des raisons de sécurité. La décision remonte à 1996, mais de nombreux habitants s’y opposent depuis et réclament la disparition pure et simple de cette base du territoire.

Occupée par les Américains après la Deuxième Guerre mondiale et rétrocédée aux Japonais en 1972, l’île d’Okinawa, qui représente moins de 1% du territoire nippon mais est située à un emplacement stratégique, héberge environ la moitié des 47.000 soldats américains présents au Japon.

M. Tamaki, qui est aussi d’origine américaine, s’est même rendu aux Etats-Unis pour dire aux principaux intéressés pourquoi les habitants d’Okinawa n’en peuvent plus.

Certains d’entre eux protestaient d’ailleurs vendredi sur le site de Henoko, essayant en vain de bloquer le chantier.

Mais le gouvernement de Shinzo Abe reste inflexible: la relocalisation de Futenma à Henoko « est la seule solution » pour maintenir la présence américaine sans laisser voler des avions en pleine ville au-dessus des écoles, a encore plaidé vendredi son porte-parole, Yoshihide Suga.

Le gouverneur d’Okinawa, lui, promet de continuer à tenir tête aux autorités centrales: il va organiser un référendum sur ce sujet le 24 février prochain. Le vote n’aura pas de valeur juridique mais M. Tamaki espère ainsi démontrer la détermination de ses administrés et attirer l’attention bien au-delà.