Pompeo adresse depuis l’OTAN un ultimatum à Moscou sur son nouveau système de missiles

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Des militaires russes équipent un système de missile tactique Iskander à Kubinka, à l’extérieur de Moscou, le 17 juin 2015. La Russie aurait déployé le missile de croisière SSC-8 lancé du sol qu’elle conçoit et teste depuis plusieurs années. (VOA)

L’Otan a adressé mardi un ultimatum de 6O jours à la Russie pour se conformer aux obligations du traité de 1987 sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), violées selon l’Alliance atlantique par la mise au point d’un nouveau système de missiles.

« Les États-Unis déclarent aujourd’hui que la Russie a violé le traité et nous suspendrons nos obligations dans 60 jours, à moins que la Russie ne respecte ses obligations de manière vérifiable », a annoncé le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à l’issue d’une réunion avec ses homologues de l’Otan au siège de l’Alliance à Bruxelles.

L’Otan a adopté une déclaration dans laquelle elle accuse Moscou d’avoir violé le traité et de faire peser des risques importants sur la sécurité euro-atlantique.

« Nous appelons la Russie à revenir sans délai à un respect total et vérifiable. Il appartient à présent à la Russie de préserver le traité INF », est-il ajouté dans la déclaration.

Il était « essentiel d’agir de manière unie et ferme », a quant à lui expliqué le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

« Par sa violation du traité INF et son absence de réponse à nos demandes répétées de clarification, la Russie menace directement la sécurité transatlantique et la stabilité stratégique », a estimé le ministre français dans son intervention.

« Si Moscou choisissait de ne pas répondre(…) d’ici deux mois, nous n’aurions pas d’autre choix que de reconnaître qu’elle porte cette responsabilité », a averti Jean-Yves Le Drian.

Le délai de 60 jours correspond à la prochaine réunion des ministres de la Défense de l’Otan les 14 et 15 février 2019.

Mais « l’Otan doit réfléchir dès à présent à l’adaptation de sa stratégie et donc de sa posture de dissuasion et de défense », a annoncé le ministre français en évoquant l’hypothèse d’une réponse négative de Moscou.

« La Russie a maintenant une dernière chance de se conformer de nouveau au Traité INF, mais nous devons également commencer à nous préparer à un monde sans traité », a pour sa part souligné le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

Le renforcement de la défense en Europe avec un partage du fardeau des dépenses militaires s’inscrit dans cette logique.

Les Alliés se sont engagés à porter leurs dépenses à 2% de leur PIB en 2024. La France respectera cet engagement en 2025, mais plusieurs Etats membres notamment l’Allemagne, ont des difficultés à réaliser un tel effort.

Jean-Yves Le Drian a par ailleurs plaidé pour « une réflexion sur l’avenir de la stabilité stratégique en Europe et notamment sur l’avenir des accords de maîtrise des armements américano-russes ». Le ministre a fait référence au traité New Start de réduction du nombre des armes stratégiques et à sa prolongation au-delà de 2021. Il pourrait être prorogé par les Etats-Unis et la Russie jusqu’en 2026 ou ne plus exister.

Le nouveau système de missiles russe SSC8 dans la nomenclature Otan est considéré comme une menace réelle en raison de sa portée. Selon le secrétaire général de l’Otan, ces missiles peuvent frapper les villes d’Europe en quelques minutes après avoir été tirés de l’intérieur du territoire russe et peuvent porter des charges nucléaires.

La mise au point de ce système répond à une double stratégie de la Russie : diviser les Etats-Unis et les Européens, en première ligne en cas d’attaque avec ces missiles, et diviser les Européens entre eux sur la réponse à apporter, souligne-t-on à l’Otan.

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