Syrie: la Turquie envoie des renforts dans le nord près d’une zone kurde

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Des blindés turcs le 26 janvier 2018 à la frontière syrienne dans le cadre de l'opération menée par la Turquie contre la milice kurde YPG. (AFP/Ozan Kose)
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Des blindés turcs le 26 janvier 2018 à la frontière syrienne dans le cadre de l’opération menée par la Turquie contre la milice kurde YPG. (AFP/Ozan Kose)

La Turquie a envoyé samedi soir des renforts militaires dans le nord de la Syrie à proximité d’une zone contrôlée par les forces kurdes, alors qu’Ankara menace de mener une nouvelle offensive pour les « éliminer », a indiqué une ONG.

Ce rebondissement sur le terrain intervient après l’annonce surprise mercredi par le président Donald Trump du retrait de ses troupes stationnées dans le nord-est de la Syrie aux côtés des combattants kurdes, cibles de longue date de la Turquie.

« Quelque 35 chars et autres armes lourdes, transportés à bord de porte-chars, ont traversé en début de soirée le poste-frontière de Jarablos », a indiqué à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

« Ils se sont dirigés vers une zone près de la rivière Sajour, entre Jarablos et Minbej, non loin des lignes de front où sont stationnés des combattants (kurdes) du conseil militaire » de Minbej, a-t-il ajouté.

Un responsable au sein d’un groupe rebelle proturc dans la région, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a confirmé à l’AFP l’envoi de ces renforts.

Selon lui, les forces turques auraient également demandé aux factions alliées « de se tenir en état d’alerte (…) sans les exhorter toutefois à rejoindre la zone d’envoi des renforts », a-t-il indiqué.

Les forces turques et leurs supplétifs syriens contrôlent une vaste zone du nord-ouest de la Syrie.

La Turquie redoute de voir s’instaurer un embryon d’Etat kurde à ses portes, au risque de renforcer les velléités séparatistes de la minorité kurde en Turquie.

Elle a déjà lancé deux offensives depuis 2016 dans le nord syrien.

La dernière lui a permis en début d’année de prendre le contrôle de la région d’Afrine (nord-ouest), l’un des trois « cantons » de la région fédérale autoproclamée par les kurdes en 2016, à la faveur du chaos créé par la guerre en Syrie.

Jeudi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau promis d’éliminer les jihadistes et les milices kurdes du nord de la Syrie.

Les soldats américains stationnés en Syrie interviennent en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition dominée par les Kurdes, qui luttent contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Leur présence ainsi que celle de soldats de la coalition internationale antijihadiste, notamment des soldats français, stationnées dans une base aux abords de la ville de Minbej, a permis jusque-là de faire tampon entre les deux camps.

Longtemps marginalisés, les Kurdes de Syrie représentent 15% de la population syrienne.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie s’est complexifiée au fil des ans. Elle a fait plus de 360.000 morts et poussé à l’exode des millions de personnes.