Syrie: l’UE appelle la Turquie à « s’abstenir de toute action unilatérale »

Des blindés turcs le 26 janvier 2018 à la frontière syrienne dans le cadre de l'opération menée par la Turquie contre la milice kurde YPG. (AFP/Ozan Kose)
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Des blindés turcs le 26 janvier 2018 à la frontière syrienne dans le cadre de l’opération menée par la Turquie contre la milice kurde YPG. (AFP/Ozan Kose)

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a demandé samedi à la Turquie de « s’abstenir de toute action unilatérale » en Syrie, où Ankara menace de lancer une nouvelle offensive contre une milice kurde soutenue par Washington.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays a déjà mené depuis 2016 deux offensives dans le nord de la Syrie, a annoncé mercredi qu’une nouvelle opération serait lancée « dans les prochains jours », visant les positions de la milice des Unités de protection du peuple (YPG) à l’est de l’Euphrate.

« Les déclarations sur une éventuelle opération militaire turque dans le nord-est de la Syrie sont une source de préoccupation », a estimé Mme Mogherini, la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, dans une déclaration écrite publiée samedi.

Elle a ajouté attendre « des autorités turques qu’elles s’abstiennent de toute action unilatérale susceptible de saper les efforts de la Coalition contre Daesh (le groupe Etat islamique ou EI, ndlr) ou d’accroître l’instabilité en Syrie ».

Jugeant que la lutte contre les jihadistes de l’EI était entrée « dans sa phase finale », Mme Mohgerini a appelé « toutes les parties » à faire en sorte « d’atteindre le but de sa défaite prochaine, qui demeure un objectif indispensable pour toute solution durable à la crise syrienne ».

Une opération militaire turque serait potentiellement explosive en raison de la présence de militaires américains aux côtés des combattants kurdes.

La Turquie et les Etats-Unis sont deux alliés au sein de l’Otan, mais leurs relations se sont tendues ces dernières années, en raison notamment de la collaboration entre Washington et les YPG qui suscite la colère d’Ankara.

Vendredi, M. Erdogan est revenu à la charge en se disant « déterminé » à « pacifier et sécuriser les régions situées à l’est de l’Euphrate », tout en critiquant avec force le soutien apporté par Washington aux YPG.