12 pays d’Amérique latine et le Canada ne reconnaîtront plus le régime vénézuélien

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Le ministre des Relations extrérieures du Pérou, hôte de la réunion du 4 janvier du Groupe de Lima, Néstor Popolizio. (AFP)
Les pays du Groupe de Lima, à l’exception du Mexique, ont accentué la pression sur Nicolas Maduro, indiquant à l’issue d’une réunion vendredi qu’ils ne reconnaîtraient pas le deuxième mandat du président vénézuélien qui doit débuter le 10 janvier. 

A l’issue de la rencontre, 12 pays d’Amérique latine et le Canada ont signé une déclaration destinée à coordonner une série de mesures à l’encontre du pouvoir de Caracas. Seul le Mexique, dirigé par le président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador, n’a pas signé.

« Cette déclaration porte un message politique fort : le principal est sans nul doute la non-reconnaissance de la légitimité du nouveau mandat du régime vénézuélien », a déclaré le ministre des Affaires étrangères péruvien, Nestor Popolizio, lors d’une conférence de presse. 

Les pays du Groupe de Lima ont également demandé au président socialiste vénézuélien de ne pas débuter son nouveau mandat et de céder le pouvoir au Parlement, seule institution contrôlée par l’opposition.

« Il est très important que le Groupe de Lima ait fait cette déclaration afin de continuer à exercer une pression (sur Caracas) en vue de la restauration de la démocratie au Venezuela », a ajouté le ministre péruvien. 

Créé en 2017, au moment où le Venezuela était secoué par de violentes manifestations qui ont fait 125 morts, le Groupe de Lima comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Guyana et Sainte-Lucie. 

Vendredi, pour la première fois, les Etats-Unis, qui n’en sont pas membres, ont participé à la réunion. Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo y a pris part par visioconférence. 

Un entretien bilatéral en marge de la réunion devait également avoir lieu entre le nouveau chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, et son homologue américain, selon l’ordre du jour officiel rendu public par Brasilia. 

Cette réunion intervenait quelques jours après une rencontre entre Mike Pompeo et plusieurs hauts responsables sud-américains, dont le président colombien Ivan Duque et le chef de la diplomatie péruvienne Nestor Popolizio, pour renforcer la pression sur Caracas.

Le Pérou et la Colombie, qui accueillent le plus grand nombre de migrants vénézuéliens, sont de féroces critiques du gouvernement de Nicolas Maduro. Début décembre, le Pérou avait proposé aux membres du Groupe de Lima de rompre leurs relations diplomatiques avec Caracas.

De son côté, Nicolas Maduro accuse la Maison Blanche de tenter de le faire chuter avec l’aide des gouvernements colombien et brésilien.

Vote symbolique

Nicolas Maduro, 56 ans, a été réélu le 20 mai à l’issue d’une élection présidentielle dont la date avait été avancée par l’Assemblée constituante, composée uniquement de partisans du chef de l’Etat et qui a repris les compétences du Parlement.

Les principaux partis d’opposition avaient boycotté le scrutin et n’ont pas reconnu le résultat, tout comme les Etats-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine.

Seul le dissident chaviste Henri Falcon avait défié Nicolas Maduro à cette élection, marquée par une forte abstention.

Samedi, les députés devaient déclarer comme illégitime le nouveau mandat du chef de l’Etat.

« Nous sommes face à un homme qui a volé l’élection (…) nous n’allons rien avoir d’autre qu’un usurpateur. Nous ne pouvons pas reconnaître Maduro comme président », a déclaré depuis Caracas la députée vénézuélienne Delsa Solorzano.

Le vote n’aura toutefois qu’une portée symbolique, car depuis début 2016, la Cour suprême, réputée proche de l’exécutif, a déclaré nulles toutes les décisions adoptées par le Parlement.

Nicolas Maduro, héritier de l’ancien président Hugo Chavez (1999-2013), entamera jeudi un nouveau mandat de six ans. Elu de justesse en 2013 face à Henrique Capriles (depuis déclaré inéligible), il est accusé par ses détracteurs de mener une gestion économique erratique et d’être un « dictateur » accaparant tous les pouvoirs.Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole du monde, mais il est asphyxié par une profonde crise économique et se trouve sous le coup de sanctions financières des Etats-Unis.

Quelque trois millions de Vénézuéliens vivent désormais à l’étranger, dont au moins 2,3 millions ont quitté le Venezuela depuis 2015, selon l’ONU qui s’attend à 5,3 millions de migrants et réfugiés de ce pays fin 2019.

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