Affaire Khashoggi: Il faut «s’occuper» du prince héritier saoudien, dit Lindsey Graham

Un manifestant, les mains rougies et portant un masque à l'effigie du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, près d'une photo du journaliste Jamal Kashoggi lors d'une manifestation devant le consulat saoudien à Istanbul, le 25 octobre 2018. (AFP/Yasin AKGUL)
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Un manifestant, les mains rougies et portant un masque à l’effigie du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, près d’une photo du journaliste Jamal Kashoggi lors d’une manifestation devant le consulat saoudien à Istanbul, le 25 octobre 2018. (AFP/Yasin AKGUL)

Les relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite ne pourront pas s’améliorer après l’affaire Khashoggi tant que personne ne se sera « occupé » du prince héritier saoudien, a déclaré samedi un influent sénateur proche de Donald Trump.

«Les relations entre l’Arabie saoudite et les États-Unis ne pourront pas aller de l’avant tant qu’on ne se sera pas occupé de MBS», initiales désignant le puissant prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, a déclaré le sénateur républicain Lindsey Graham.

L’élu de Caroline du Sud, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à Ankara où il a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan, n’a pas précisé ce qu’il entendait par s’«occuper de MBS».

Il a toutefois indiqué qu’après le shutdown qui paralyse actuellement plusieurs institutions aux États-Unis, le Congrès américain réintroduirait des sanctions contre «ceux qui sont impliqués dans le meurtre» de l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi.

Khashoggi, qui écrivait notamment pour le Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat d’Arabie à Istanbul. Plus de trois mois après, son corps n’a toujours pas été retrouvé.

Son assassinat a suscité une onde de choc mondiale et profondément terni la réputation du prince héritier saoudien qui, s’il nie toute implication, est accusé par des responsables américains et turcs d’avoir commandité le meurtre.

«Nous allons dire de manière irrévocable que MBS était au courant et qu’il est responsable » du meurtre de Khashoggi « pour s’assurer que d’autres comprennent qu’on ne peut pas faire ce genre de choses quand on est un allié des États-Unis», a déclaré M. Graham.

En novembre, le Trésor américain a annoncé des sanctions ciblées contre 17 Saoudiens pour leur « responsabilité ou leur complicité » dans le meurtre de Khashoggi.

Mais le président Donald Trump a pris la défense de MBS en soulignant l’importance stratégique selon lui du partenariat entre Washington et Riyad pour, notamment, contenir l’Iran au Proche-Orient.

Le mois dernier, le Sénat américain, pourtant contrôlé par les républicains, a approuvé une résolution qui interdit tout soutien militaire à Riyad dans la guerre au Yémen, infligeant un camouflet à l’administration de M. Trump.