Armes nucléaires: les Etats-Unis appellent Pékin et Moscou à la « transparence »

Andrea Thompson (c), sous-secrétaire d'Etat américaine chargée du Contrôle des armements et des Affaires de sécurité internationales, le 30 janvier 2019 à Pékin. (AFP)
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Andrea Thompson (c), sous-secrétaire d’Etat américaine chargée du Contrôle des armements et des Affaires de sécurité internationales, le 30 janvier 2019 à Pékin. (AFP)
Les Etats-Unis ont accusé mercredi la Chine et la Russie de ne pas dévoiler l’intégralité de leurs programmes nucléaires, sur fond de menace de Washington de se retirer d’un traité de désarmement signé avec Moscou. 

Une haute responsable américaine a tenu ces propos en public lors d’une rencontre à Pékin entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, consacrée au désarmement et à la non-prolifération nucléaires.

Andrea Thompson, sous-secrétaire d’Etat américaine chargée du Contrôle des armements et des Affaires de sécurité internationales, a indiqué qu’il y avait des « résultats inégaux » en matière de transparence dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), conclu en 1968.

« Nous avions précédemment convenu de définir (un) format de déclaration, mais l’écart est considérable entre d’une part les déclarations des États-Unis, et d’autre part celles de la Russie et de la Chine », a assuré Mme Thompson.

« Je ne saurais trop insister sur la valeur de la transparence », a-t-elle souligné.

La Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni — des pays qui comme les Etats-Unis sont dotés de l’arme atomique et membres du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) — étaient également représentés à la réunion.

Moscou a par ailleurs proposé de mener à Pékin de nouvelles discussions bilatérales avec Washington au sujet du traité nucléaire sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), source de tension bilatérale depuis plusieurs mois.

Le président américain Donald Trump reproche à la Russie de violer cet accord. Signé en 1987, il interdit l’usage des missiles d’une portée de 500 à 5.500 km. 

« Si les Américains acceptent notre proposition, elles (les discussions) auront lieu », a indiqué mercredi à la presse Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Le mois dernier, les Etats-Unis avaient donné à la Russie 60 jours, avec échéance au 2 février, pour démanteler les nouveaux missiles violant selon eux le traité, menaçant de lancer la procédure de retrait.

Des négociations courant janvier entre Russes et Américains à Genève ont été infructueuses. Et le président russe Vladimir Poutine a mis en garde contre un retour à la course aux armements en cas d’annulation de l’INF.

La Russie a présenté publiquement la semaine dernière le système de missiles incriminé, insistant sur le fait qu’il avait une portée maximale de « 480 km » et respectait donc l’accord.

Le ministre adjoint russe des Affaires étrangères, Serguaï Riabkov, a dénoncé mercredi à Pékin « la propagation des comportements unilatéraux » qui constituent selon lui une menace à la non-prolifération nucléaire.

« De nombreuses questions restent en suspens en raison du manque de volonté politique », a-t-il souligné, ajoutant qu’il y avait un « manque de confiance évident » entre les cinq pays représentés à la réunion.