Birmanie: « opérations de représailles » contre des rebelles en État Rakhine

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Un garde-frontière birman surveille un poste de police à Buthidaung, dans l'ouest de la Birmanie, le 7 janvier 2019. (AFP)
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Les autorités birmanes ont annoncé lundi que l’armée allait mener « des opérations de représailles » contre un groupe de rebelles en Etat Rakhine (ouest), où les combats avec les forces de sécurité se sont intensifiés ces dernières semaines.

« La présidence a demandé à l’armée birmane de lancer des opérations de représailles contre les rebelles » de l’Armée d’Arakan Les autorités birmanes ont annoncé lundi que l’armée allait mener « des opérations de représailles » contre un groupe de rebelles en Etat Rakhine (ouest), où les combats avec les forces de sécurité se sont intensifiés ces dernières semaines. (AA), a indiqué Zaw Htay, porte-parole de la présidence. 

Le 4 janvier, jour anniversaire de l’indépendance de la Birmanie vis-à-vis de l’empire britannique, treize policiers birmans ont été tués et neuf autres blessés dans des assauts menés par des rebelles de l’AA contre quatre postes de police dans le nord de l’État Rakhine.

L’Armée d’Arakan, fondée en 2009 et qui compteraient aujourd’hui plusieurs milliers de combattants, avait annoncé de son côté avoir perdu trois de ses membres.

« Nous demandons à l’AA pourquoi ils agissent de la sorte. La commission pour la paix en Birmanie (chargée de négocier avec les différents groupes rebelles, NDLR) les a invités à rejoindre la table des négociations », a relevé Zaw Htay.

L’AA lutte en faveur de plus d’autonomie pour la population bouddhiste de ce territoire de l’ouest de la Birmanie, où les violences ont déjà forcé depuis août 2017 plus de 700.000 musulmans Rohingyas à fuir au Bangladesh.

L’armé birmane avait annoncé le 21 décembre un cessez-le-feu unilatéral jusqu’au 30 avril 2019 avec les guérillas ethniques du nord et de l’est de la Birmanie, mais l’État Rakhine dans l’ouest n’est pas concerné.

La recrudescence des combats dans cette région reculée où les tensions entre bouddhistes et musulmans sont par ailleurs très fortes a provoqué la fuite de milliers de personnes.

L’ONU a rapporté lundi que quelque 4.500 civils ont quitté leur foyer ces dernières semaines. Pour échapper aux combats, certains se sont réfugiés dans des monastères et d’autres lieux publics.

La Birmanie, composée d’une multitude d’ethnies, est en proie à de nombreux troubles depuis l’indépendance obtenue il y a plus de 70 ans.

Outre les affrontements dans l’Etat Rakhine, les militaires ont accusé le 28 décembre d’autres rebelles, ceux de l’Armée de l’État Shan, d’avoir attaqué une de ses colonnes dans le nord du pays, faisant plusieurs morts.

Après la victoire de son parti en 2015, Aung San Suu Kyi, qui dirige de facto le gouvernement, avait déclaré faire du processus de paix sa priorité absolue.