Commémorations de l’attentat du 29 janvier 2017 à la mosquée de Québec

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Le 29 janvier 2017, lors de la prière du soir, le jeune Alexandre Bissonnette avait ouvert le feu dans le Centre culturel islamique de Québec, tuant six fidèles :Mamadou Tanou Barry, Ibrahima Barry, Khaled Belkacemi, Abdelkrim Hassane, Azzeddine Soufiane et Aboubaker Thabti. (Centre culturel islamique de Québec)
Aujourd’hui, exactement deux ans après l’attentat à la grande mosquée de Québec, aura lieu la deuxième commémoration de la tuerie qui a marqué à jamais et de façon tragique la ville de Québec et ses habitants.

Le 29 janvier 2017, en soirée, le jeune Alexandre Bissonnette, un jeune homme troublé et qui affichait son islamophobie sur les réseaux sociaux, ouvrait le feu dans le Centre culturel islamique de Québec, faisant six victimes et 19 blessés.

Six fidèles ont été abattu dans le dos alors qu’ils priaient: Mamadou Tanou Barry, Ibrahima Barry, Khaled Belkacemi, Abdelkrim Hassane, Azzeddine Soufiane et Aboubaker Thabti.

Ils ont laissé derrière eux leurs femmes, 17 orphelins, une communauté traumatisée et une ville en état de choc.

Mardi après-midi, le maire de Québec, Régis Labeaume, participait au dévoilement de la maquette d’une oeuvre en hommage aux victimes, en compagnie du président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah.

Et, en soirée, le collectif citoyen «29 janvier, je me souviens», en partenariat avec le Centre culturel islamique de Québec, commémorera de 19h à 20h15 le tragique événement au pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval, en présence du premier ministre du Québec, François Legault.

«Aujourd’hui, nous nous exprimons encore d’une seule voix : l’islamophobie, la haine et la discrimination n’ont pas leur place au Canada et ailleurs. Nous ne laisserons pas la peur nous diviser. Nous défendrons toujours les valeurs qui font notre force, comme l’ouverture, l’inclusion, l’égalité et la liberté de pratiquer sa religion dans la paix et la sécurité. », a pour sa part déclaré le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Il reste encore bien des plaies à panser

L’organisateur de l’événement, le collectif citoyen «29 janvier, je me souviens» est une initiative citoyenne qui a vu le jour afin de commémorer l’attentat qu’il n’hésite pas à qualifier de terroriste, même si la poursuite n’a pas retenu cette accusation contre le tueur de la Mosquée.

Alors que les plaies ne sont pas refermées et ne se refermeront peut-être jamais, le souhait le plus cher de la communauté musulmane était que la société québécoise reconnaisse que cet assassinat de six fidèles musulmans était bel et bien un acte de terrorisme, alors que le tueur, et à sa suite, plusieurs citoyens de Québec, refusent de parler de  terrorisme ou d’islamophobie.

C’est ainsi qu’aucune accusation de terrorisme n’a été portée: «La preuve a été rigoureusement analysée et les accusations portées sont le fruit et de la preuve et de l’état actuel du droit au Canada», avait sommairement expliqué à l’ouverture de l’affaire Me Thomas Jacques qui occupe pour la Couronne.


Le collectif citoyen «29 janvier, je me souviens» vise, lui, à offrir un «un espace de recueillement et de solidarité à la suite de l’attentat et à exprimer le désir de construire ensemble un Québec inclusif, fier et fort de sa diversité» dans cette ville où la droite identitaire est particulièrement active.

L’an dernier, les commémorations s’étaient étalées sur quatre jours et avaient culminé par un rassemblement extérieur auquel avaient participé des centaines de personnes, dont tous les chefs des partis politiques fédéraux et provinciaux.

Beaucoup de représentants de la classe politique canadienne, avec à leur tête le Premier ministre Justin Trudeau, et plus d’un demi-millier de personnes avaient alors commémoré la mémoire des six victimes de la tuerie.

Le tireur connaîtra sa peine le 8 février

Quant au tireur, Alexandre Bissonnette, il a plaidé coupable en mars 2018 aux six accusations de meurtre au premier degré et aux six chefs de tentatives de meurtre avec une arme à feu à autorisation restreinte qui pesaient contre lui.

Sa peine sera prononcée le 8 février.

Il pourrait faire face à 150 ans de prison sans possibilité de libération la poursuite demandant que cette période soit cumulative pour les six meurtres, selon le principe du cumul des peines prévu au Code criminel depuis l’adoption en 2011 d’une loi à cet effet par le gouvernement conservateur de l’époque, ce que certains voient comme une peine de mort déguisée.