Un anciens combattant autochtone s’interpose entre des manifestants afro-américains et des jeunes cathos

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Un diocèse du Kentucky, le Diocèse catholique de Covington, a présenté samedi ses excuses après la diffusion de vidéos montrant des élèves d’une école secondaire catholique, la Covington Catholic High School, se moquant d’Autochtones devant le mémorial de Lincoln lors d’un rassemblement à Washington.

Mise à jour 23/01/2019

Depuis la parution de ce premier article, nous avons pu constaté que certains lecteurs n’avaient peut-être pas remarqué qu’on peut voir dans la vidéo des manifestants Afro-Américains du Black Hebrew Israelites qui invectivaient les jeunes du Covington High School. On peut voir aussi que les jeunes semblaient s’échauffer sous la pluie de quolibets qu’ils devaient essuyer. C’est alors que le vétéran autochtone tente de faire diversion pour, selon toute vraisemblance, éviter que la situation dégénère.

On peut voir aussi accueil plutôt chaotique que lui font les jeunes. Dans son témoignage, le vétéran autochtone Nathan Phillips ne blâme pas les jeunes pour autant, mais s’étonne que ceux-ci n’aient pas été mieux encadrés. Il nous semble de plus en plus clair que les jeunes ont été mal guidés et mal encadrés. On voit clairement dans cette vidéo que le comportement des jeunes qui viennent à une marche pro-vie avec une casquette MAGA, dont la connotation est hyper-partisane, et celui des Afro-Américains qui les abreuvent d’injures plutôt grossières sont tous deux problématiques. Quant au vétéran autochtone qui tentait de faire diversion, adroitement ou maladroitement, question d’opinion, il est manifeste qu’il s’est retrouvé, après ce geste courageux, coincé par le jeune Nick Sandman que l’on voit dans la vidéo faire face à Nathan Phillips.

La Marche des peuples autochtones à Washington qui s’est déroulée vendredi a coïncidé avec une manifestation contre l’avortement à laquelle a participé un groupe de l’école Covington de Park Hills, une petite municipalité du Kentucky.

Les vidéos qui circulent en ligne montrent un jeune homme qui fait face à Nathan Phillips, un Autochtone âgé de 64 ans qui chante et joue du tambour.

D’autres élèves, certains portant des vêtements aux couleurs de l’école et plusieurs des casquettes ou des chandails sur lesquels on pouvait le slogan trumpiste «Make America Great Again».

Les élèves ont entourés Nathan Philips tout en chantant et en rigolant.

M. Phillips, un ancien de la nation Omaha organise annuellement une cérémonie dédiée à la mémoire des anciens combattants autochtones qui reposent au cimetière national d’Arlington.

«J’étais en train de chanter quand je les ai entendus scander : « Construis ce mur, construis ce mur » », a déclaré M. Phillips, essuyant ses larmes dans une vidéo publiée sur Instagram.

«Ce sont des terres autochtones. Nous ne sommes pas censés avoir de murs ici. Nous ne l’avons jamais fait», a-t-il ajouté.

Les responsables du diocèse catholique de Covington et de l’école secondaire catholique de Covington ont présenté leurs excuses à M. Phillips., déclarant qu’une enquête était en cours et annonçant que des « mesures appropriées, pouvant aller jusqu’à l’expulsion » pourraient être prises.

We condemn the actions of the Covington Catholic High School students towards Nathan Phillips specifically, and Native Americans in general, Jan. 18, after the March for Life, in Washington, D.C. We extend our deepest apologies to Mr. Phillips. This behavior is opposed to the Church’s teachings on the dignity and respect of the human person.
The matter is being investigated and we will take appropriate action, up to and including expulsion.
We know this incident also has tainted the entire witness of the March for Life and express our most sincere apologies to all those who attended the March and all those who support the pro-life movement.

The Diocese of Covington and Covington Catholic High School

«Nous présentons nos plus sincères excuses à M. Phillips, lit-on dans la déclaration. Ce comportement est opposé aux enseignements de l’Église sur la dignité et le respect de la personne humaine. »

La page Facebook du diocèse a été immédiatement inondée de commentaires reprochant aux responsables de l’école et du diocèse de ne pas avoir mieux encadré les élèves, mettant pour certains en doute l’éducation que reçoivent ces jeunes et allant jusqu’à réclamer que l’évêque du diocèse, le Révérend Roger Joseph Foys, soit lui-même sanctionné par la Conférence épiscopale américaine.

«Le mal à l’état pur, le sectarisme et la haine et non les enseignements de Jésus-Christ!», pouvait-on lire dans un des commentaires, «Malheureusement, c’était un autre exemple de l’Amérique de Trump! Espérons que l’école et le diocèse prendront les mesures qui s’imposent et ne se contenteront pas de balayer cela! Seigneur, aide-nous tous, en ces temps sombres, où nous vivons tristement aujourd’hui … »

Si certains commentaires provenaient de personnes qui, manifestement ne portent pas l’Église catholique dans leur cœur, un très nombre de commentaires avaient plutôt comme auteurs des catholiques outrés, blessés et déçus qui n’hésitaient pas à accuser les autorités diocésaines d’être en rupture avec les enseignements du pape, qui prêche la tolérance, et de Jésus lui-même.

Ce n’est hélas pas la première fois que l’école de Covington et le diocèse se retrouve sous les feux de l’actualité pour les mauvaises raisons.

En décembre dernier, une ancienne vedette du basketball de l’école, qui avait même reçu une offre de bourse pour une université catholique prestigieuse, a été arrêtée et accusée de viol et de sodomie.

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