Interview de début d’année avec le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense (VIDÉO)

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Le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense, livre pour 45eNord.ca sa vision des Forces armées canadiennes du futur, ce dont il faut s’attendre et suivre en 2019 et les défis actuels.

Voyez ou revoyez nos interviews de fin d’année avec les commandants de l’Armée canadienne, la Marine royale canadienne, l’Aviation royale canadienne et les forces d’opérations spéciales canadiennes :


45eNord.ca: Général Vance, d’abord, bonjour et merci de nous recevoir dans votre bureau, au Quartier général de la Défense.

Général Jonathan Vance: C’est un plaisir, Nick. Ravi de vous voir.

Sautons directement aux questions et j’ai LA question pour débuter. 2019, est-ce votre dernière année comme Chef d’état-major de la Défense?

(Le général Vance rit)

Êtes-vous à l’aise dans votre position?

Je suis à l’aise dans cette position et ces décisions ne m’appartiennent pas.

Mais vous voulez…

Je serai heureux de continuer à servir.

Excellent. Donc, général, commençons par le commencement. 2018 a été une grande année pour les Forces armées canadiennes, beaucoup de missions, beaucoup de nouveaux équipements, beaucoup de nouvelles personnes qui se sont jointes aux Forces armées canadiennes, mais je voudrais d’abord parler de la mission Opération Honour, une mission que vous avez lancée en 2015 lorsque vous avez été nommé chef d’État-major de la Défense. Où en sommes-nous maintenant, après trois ans d’Op Honour, et que pouvons-nous faire de plus?

Bonne question merci Nick. Nous avons connu un début important en 2015, en fait une partie du travail avait commencé avant que je prenne le commandement. L’opération Honneur menée par le commandement visait à modifier les comportements, afin de garantir que les dirigeants et les personnes à tous les niveaux connaissaient l’étendue et le sérieux du problème, qu’ils en fassent un enjeu personnel, et à mettre en place la formation nécessaire pour que les gens comprennent quel est le comportement qu’on attend d’eux.

Cela a eu un impact. Cela a un impact positif à bien des égards, mais ce n’est pas suffisant. En même temps, nous travaillons d’arrache-pied pour mettre en place le CIIS (Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle, NDLR), qui est maintenant là avec un de comité permanent de directeurs et de conseillers qui nous assurent des conseils d’experts. Nous allons de l’avant.

Ce que nous avons appris ces trois dernières années, c’est que certaines choses fonctionnent et que d’autres ne fonctionnent pas. Et une des choses qui ne fonctionnait pas assez bien était le soutien aux victimes, aux personnes touchées. Je pense que nous avons réussi à identifier le problème et à en sensibiliser le personnel. Il y a eu une grande amélioration de la compréhension de ce qu’est op Honneur.

Je pense que nous avons constaté une réduction de la gravité des actes (mais l’un de nos problèmes est de savoir comment obtenir des données fiables, nous y travaillons), mais j’ai le sentiment qu’il y a eu une réduction de la gravité des actes et une augmentation des signalements .

 Tout cela représente une tendance potentiellement positive. Ce qui est arrivé à la suite de certaines de nos politiques, l’une d’elles étant l’obligation de signaler, bien que nous ayons fourni toute sorte de soutien aux victimes, il était difficile d’y accéder, il y avait beaucoup de mécanismes de soutien, mais il n’y avait pas une voie claire pour toutes les personnes touchées par un incident, pour passer d’un point de blessure ou de préjudice à une conclusion qui permette de tourner la page et de guérir.

C’est sur cette voie que nous nous concentrons actuellement, sur la base des conseils d’experts du CIIS. En donnant du pouvoir au CIIS, en leur demandant de faire entendre leur voix, ils peuvent nous dire quelles sont les meilleures pratiques et mesurer notre performance par rapport à ce qu’ils nous disent.

La chose la plus critique à l’heure actuelle sera de mettre en place un mécanisme qui permette, et je sais que cela semble peut-être un peu vague, mais nous devons créer quelque chose, un processus qui permette à l’obligation de signaler d’exister, car c’est important. Nous ne pouvons pas observer un crime ou observer quelque chose comme cela et ne pas être en mesure de le signaler.

Dans le même temps, nous devons protéger les victimes d’une accélération rapide des choses autour d’elles, d’autres personnes qu’elles passant à l’action alors alors qu’elles, les victimes, ne l’ont pas encore fait. Vous savez qu’elles (les victimes, NDLR) sont vulnérables à ce moment-là, lorsqu’elles n’ont pas encore déterminé leur désir d’avancer, et à quel rythme. Nous allons donc mettre en place les mécanismes, les guides, le navigateur, peu importe comment vous les appelez, qui les aideront à franchir les nombreuses étapes et les nombreux choix allant de la blessure à la conclusion la plus réussie possible. C’est la chose la plus importante en ce moment.

L’autre chose que j’ai mentionnée. On a besoin d’une stratégie de changement culturel. Mais il est difficile de découvrir difficile quelle sera cette stratégie. Un changement de culture, où est la piste qui y mène? Mais il faut que nous essayions de trouver une façon d’écrire des mots, des directives, des ordres pour nous assurer qu’on a l’opportunité de changer; et aussi mesurer les changements. Qu’obtenons-nous? Sommes-nous en train de changer? Est-ce que c’est réel pour nous?

Et donc, tout cela est important et cette année, nous avons eu un très bon rapport du vérificateur général, et je l’ai complètement accepté, non seulement parce qu’il a fait du bon travail, mais aussi parce que nous avons également effectué notre propre analyse. Je dois donc changer de vitesse et changer de stratégie, et nous le ferons. Mais nous ne renonçons pas, nous n’abandonnerons pas les buts.

Donc, ok pour op Honneur, mais il y a aussi d’autres comportements inappropriés de la part des soldats, pas seulement sexuellement, mais aussi des commentaires sur la race, le genre, la politique. Il y a beaucoup de mauvais comportements. Que pouvons-nous faire de plus pour changer, s’améliorer, je ne dirai pas que cela vient de l’esprit du soldat mais…

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Je pense que nous devons renforcer l’esprit du guerrier, la philosophie du guerrier, c’est-à-dire comment être un guerrier au sein des forces armées, une armée de professionnels. L’opération Honneur existe pour aider à rétablir le respect et l’honneur qui vont de pair avec le service dans les forces armées. Et nous avons besoin de personnes en forme, prêtes à faire face aux guerres que nous devrons mener à l’avenir, aux conflits dans lesquels nous serons impliqués à l’avenir, à des personnes qui serviront notre pays et à de nouvelles méthodes de guerre. Nous avons besoin de personnes confiantes et membres d’une organisation respectueuse de l’esprit du guerrier et dont la valeur première est le respect de ceux avec qui vous travaillez.

Nous devons donc favoriser l’inclusion, ou plutôt continuer à favoriser l’inclusion, car nous le faisons déjà inclure. Nous sommes des forces armées, nous sommes des guerriers, nous sommes des personnes supposées être « honorables et géniales». Nous devons clairement préciser, réaffirmer par le biais de notre formation militaire professionnelle, de notre formation au leadership et de l’endoctrinement qui s’adresse à ceux qui joignent les forces armées, qu’un guerrier traite les autres guerriers avec un grand respect, que les équipes que nous formons dans nos unités sont des équipes importantes où la cohésion, le moral et la capacité de compter les uns sur les autres sont primordiaux au combat. Et on ne peut pas servir en toute confiance, avec la résilience nécessaire, la ténacité nécessaire au combat, si vous vous inquiétez de la façon dont vous serez traité.

Alors, je l’ai dit lors de mon tout premier discours en tant que CEMD, je vais continuer à le dire. Vous voulez être un guerrier, vous voulez faire le travail remarquable et honorable de servir votre pays dans les forces armées, voici comment nous évoluons, nous nous respectons, nous faisons ce qui est juste et, à partir de là, nous formons des équipes et construisons ainsi la capacité de mener les opérations que nous devons mener contre les ennemis.

Alors, pourquoi certaines personnes disent: «Ce que les généraux disent, même le code disciplinaire, militaire, je m’en fous. J’ai ma liberté de parole, je peux dire ce que je veux »?

Il y a peut-être un petit nombre qui est comme ça. Nous avons des forces armées de près de cent mille personnes. Ce n’est pas tout le monde qui comprend, tout le temps. Mais s’ils agissent de manière inappropriée, ils seront tenus pour responsables. Cela ne réglera peut-être pas leurs problèmes, mais ce sera un moyen de dissuasion pour les autres.

Nous devons défendre nos intérêts. Indépendamment de vos antécédents ou de ce que vous pensiez avant, mais c’est ainsi que vous devez être pour faire partie des forces armées. Parce que nous portons le drapeau de notre pays sur nos épaules et que nous sommes armés, nous devons être en mesure de mener des opérations dans des endroits très violents et difficiles, et il n’y a aucune place dans les unités pour ce type de poison, cet environnement toxique.

Et j’attends des dirigeants à tous les niveaux, des caporaux-chefs aux officiers généraux, qu’ils résolvent le problème, indiquent où est le problème, conseillent les gens, leur disent que ce n’est pas correct. Cela fait partie de ce que ce qu’est être un bon soldat.

Donc, cela nous mène au recrutement. La nouvelle politique de défense énonçait clairement les objectifs pour les prochaines années. Sommes-nous sur la bonne voie, sommes-nous bons en recrutement?

Nous le sommes. Au dernier briefing que j’ai eu à ce sujet, nous avions eu une croissance des effectifs de plus de 2 000 personnes depuis 2015. Nous approchons maintenant de notre force autorisée et budgétée, notre allocation autorisée est de 68 000 personnes, qui passera à 71 500 au cours des prochaines années. À environ 67 400 ou 500, nous sommes proches, les chiffres varient tous les jours, mais nous approchons de la pleine force.

Et nous sommes bien préparés pour grandir. Mais nous avons encore des défis à deux endroits.

Certains des cycles de formation les plus exigeants, tels que les pilotes et les techniciens qui ont besoin de beaucoup de formation, mais les écoles fonctionnent à pleine capacité et nous savons très bien où sont les manques et où nous devrons nous développer. Et je continue à soutenir le chef du personnel militaire, qui a peaufiné sa stratégie de recrutement pour cibler des segments de la population qui, autrement, ne seraient peut-être pas au courant de ce que sont les forces armées ou de la vie formidable qu’elles offrent. Nous pensons donc que nous devons être beaucoup plus focalisés en matière de recrutement.

Si vous y réfléchissez, il y a de nombreuses années, nous étions assis derrière un comptoir et nous attendions que les gens viennent nous voir. Nous ne pouvons plus faire cela, nous devons contacter les gens et leur montrer, leur démontrer, leur parler de la valeur d’une carrière militaire, de servir votre pays, de se battre pour votre pays, et voici ce le genre de personnes dont nous avons besoin, etc.

Nous avons besoin de guerriers prêts à se battre pour ce pays, à défendre ce pays dans l’avenir.

Alors, je pense que nous sommes sur la bonne voie. Il y a des domaines dans lesquels nous devons améliorer nos troupes. Nous devons continuer à nous concentrer sur la rétention. Et les domaines où nos politiques sont très insatisfaisantes pour les gens, et je pense que nous comprenons quels sont ces domaines, nous allons changer ces politiques.

Nick, je pense que nous avons les bonnes idées, c’est maintenant la mise en œuvre et nous continuons à y travailler.

Y a-t-il des initiatives à travers le Canada et aussi à Montréal, au Québec, pour recruter des immigrants, même des personnes qui sont déjà en train de passer de la résidence permanente à la citoyenneté? Si vous faites partie des forces armées, nous pouvons accélérer le processus, peut-être pour que plus de personnes s’intéressent aux Forces canadiennes?

Nous ne le faisons pas pour le moment, et je ne pense pas que nous aurons besoin de le faire. À l’heure actuelle, nous recrutons des citoyens canadiens. Nous devons veiller à ce que le bassin de recrutement de ceux qui peuvent être attirés par l’armée soit le plus grand possible. Nous devons donc contacter des Canadiens de tous les horizons pour leur faire prendre conscience de la valeur de la défense du pays et de la vie militaire, et ce qu’ils peuvent accomplir.

Beaucoup de gens s’intéressent à la vie militaire et, ces dernières années, nous pas été en dessous de nos cibles de recrutement Par conséquent, nous continuons à croître. Notre rétention s’améliore, particulièrement chez les femmes. Nous devons l’améliorer davantage.

Donc, je pense que nous avons les bonnes idées et que nous avons la bassin (où recruter, NDLR). Nous avons les ressources humaines disponibles, les personnes au Canada à partir desquelles recruter. Maintenant, il s’agit de les amener et de leur montrer ce qu’est la vie militaire.

Série d’exercices de la réserve et de la régulière à Valcartier, le 24 novembre 2018, en présence d’un groupe de personnes intéressées à rejoindre les Forces armées canadiennes. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Équipement. En 2018, il y avait de nouveaux équipements dans l’Armée, de nouveaux équipements dans l’Aviation, nous attendons le chasseur intérimaire cette année… mais où en sommes-nous dans l’équipement de base, comme… les bottes?

Je pense que nous sommes sur le point de faire d’importants changements positifs dans la manière dont nous fournissons des uniformes et achetons de l’équipement personnel à l’armée. Et donc je demande des options sur la façon de procéder et mon personnel travaille avec le groupe matériel, en particulier dans l’armée.

La décision a été prise cette année, étant donné que nous trouvions la qualité des bottes et que la quantité de bottes disponibles ne satisfaisait pas nos troupes, ce CANFORGEN autorisait les troupes à acheter leurs propres bottes. C’est peut-être un départ pour beaucoup de gens, mais je pense que nous devons comprendre que les temps changent, ce qui n’a peut-être pas fonctionné dans le passé, un soldat en particulier dans un métier très physique, comme un athlète professionnel, ils ont besoin d’un bon équipement. Et cet équipement peut parfois être hautement personnalisé. J’ai passé toute ma carrière avec les bottes qui m’avaient été attribuées tout comme tant de gens, et nous avons les blessures pour le prouver.

Permettre à un soldat de personnaliser et de choisir une gamme de bottes qui fonctionnent pour lui est une bonne idée car nous souhaitons qu’ils ne soient pas seulement protégés et disposent de chaussures qui leur conviennent, mais comme je l’ai dit, à bien des égards, un athlète professionnel, vous devez avoir une certaine personnalisation.

En ce qui concerne les uniformes et les sacs de couchage, à mesure que nous grandissons, nous devons fournir plus de kits et une meilleure surveillance de là où ils se trouvent. Je conviens que tout le monde devrait avoir une commande initiale qui vous permette de faire les missions qui vous ont été assignées. Mais je pense que nous sommes sur notre chemin.

Vous mentionnez que nous devons ne pas faire ce que nous avons fait par le passé… alors cette année, beardforgen, weedforgen, bootforgen… à quoi s’attendre ensuite?

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Ce sont des décisions politiques majeures… vous savez que nous prenons le temps de prendre de bonnes décisions. Nous devons nous adapter aux moments où il convient de le faire sans compromettre la sécurité ou la capacité opérationnelle.

Sur la barbe, il n’y avait aucune raison opérationnelle pour laquelle nous ne permettions pas aux gens de porter la barbe. L’ordre est clair, si vous devez vous raser la barbe pour vous sauver la vie dans un environnement CBRN, eh bien, vous le ferez. Mais il n’y avait pas de raison militaire. C’est tout simplement ce que nous avons fait pendant de nombreuses années. Seulement la marine et les pionniers avaient été autorisés à porter la barbe.

Sur le cannabis, la loi du pays a changé. Nous avons donc travaillé pendant 18 mois pour élaborer une politique permettant à l’armée de se conformer à la loi du pays tout en mettant en place les restrictions nécessaires pour assurer la sécurité des personnes présentes. Je suis donc fier de ce que nous avons fait.

À quoi pouvons-nous nous attendre cette année pour les Forces armées canadiennes, dans les nouvelles politiques et dans les missions?

Nous n’avons pas de nouvelle politique immédiatement en main. Mais nous allons examiner la politique en matière de tatouage et des ordres appropriés seront émis dès que nous le pourrons. Permettre différents styles de coupes de cheveux pour les femmes afin de faciliter les choses et nous allons donc continuer à ce rythme.

Pour certaines personnes, nous sommes lents, mais nous examinons bien les choses, nous essayons de les amener à fournir leurs commentaires, des recherches sont effectuées et nous finissons par donner les ordres.

Il y a des choses à venir. Je pense que le plus grand changement de politique que j’attend en 2019 concerne la partie de la force qui doit être déployable et donc super-ajustée, super résistante, résiliente et prête à partir. Et quelle partie de la force est utilisable.

Où si pour une raison quelconque, vous avez été blessé ou incapable pendant un certain temps ou peut-être indéfiniment de relever le défi du déploiement, vous avez cependant encore beaucoup à offrir aux forces armées et c’est un effort en cours en ce moment pour concevoir la structure non dans le but de déterminer l’employabilité et la déployabilité, mais je dois savoir, en me basant sur la politique de défense jusqu’au niveau de la position, quelle quantité de la force doit être complètement déployable pour que nous puissions maintenir le modèle de simultanéité des opérations contenu dans la politique de défense…

Est-ce que cela fait partie du programme Journey, déployable / non déployable à temps partiel ou à temps plein ?

Ce sera une partie de celui-ci. The Journey est une description de la façon dont nous allons essayer de concevoir les conditions de service des personnes: à temps plein sans restriction, à temps partiel sans restriction, etc. C’est une idée que nous adoptons une base de politique permettant une plus grande flexibilité en termes de service, mais nous ne pouvons le faire que si nous comprenons ce dont la force a besoin en termes de personnes et de conditions de service. Et lorsque nous comprendrons cela, nous pourrons alors commencer à appliquer ces politiques à des individus.

Bien sûr, cette année, l’opération PRESENCE – Mali se terminera, mais nous aurons l’opération PRESENCE – Ouganda et nous aurons toujours les opérations UNIFIER, REASSURANCE, IMPACT… à quoi s’attendre?

La prise de décision dépend en grande partie de la manière dont nous progressons dans les opérations en cours.

Je pense donc que nous serons occupés et que nous serons déployés dans de nombreux endroits. Je pense qu’il y aura des surprises auxquelles nous devrons réagir. Je pense que nous avons une posture durable en Lettonie. Je pense qu’il y a un intérêt durable à poursuivre l’opération UNIFIER, en Irak avec la mission de l’OTAN et que le Mali se terminera cet été, mais vous savez nous préparons la planification des autres missions approuvées par le gouvernement, alors… ça va être occupé! Ça va être occupé à coup sûr!

Et comment voyez-vous l’état des Forces armées canadiennes dans un horizon de 5-10-15 ans?

En ce moment, nous sommes sur un très bon chemin. Nous allons grandir, nous allons avoir plus d’argent, nous avons plus d’équipement, nous avons plus de chasseurs, plus de navires… donc dans 15 ans, nous serons bel et bien entrés dans les dernières étapes de la mise en œuvre de presque tout ce qu’il s’agit en ce moment d’apporter au service de nouvelles capacités aussi puissantes qu’il nous faut et avec les nouvelles unités, les compétences professionnelles nécessaires pour s’épanouir dans le domaine du cyber et de l’information.

C’est une période passionnante, une excellente période pour les Forces armées, alors que nous examinons en détail les étapes de la croissance, de l’acquisition de cet équipement, de sa mise en service et de la préparation de cette force dans 15 ans, afin de bien performer dans tous les domaines et d’être préparé à l’important changement qui aura eu lieu d’ici là et dans l’avenir à propos des changements dans la façon de faire la guerre. Nous sommes donc sur un grand chemin.

Peut-être une question naïve, mais pouvons-nous faire tout cela? Le Canada est une petite armée si on le compare à notre voisin du sud ou même à d’autres pays du G7… Espace, cyber, forces spéciales, opérations…

Eh bien, nous le faisons maintenant! Et nous le faisons très bien. Et nous devons suivre le changement technologique. Nous devons continuer à améliorer notre capacité, notre formation. Nous devons continuer à nous améliorer à tous les niveaux pour nous adapter aux besoins changeants des conflits, à notre domination et à notre prévalence. C’est ce que nous cherchons à faire tout le temps.

La plupart de ce que je fais est de définir la force pour l’avenir. J’utilise la force d’aujourd’hui, mais c’est de définir la force du futur. Et l’essentiel pour les Forces de disposer des ressources pour le faire et nous le faisons. Nous sommes sur le bon chemin.

C’est une première! Nous n’avons pas dû grandir en tant que forces armées et pas seulement en taille, mais aussi en capacités émergentes depuis très longtemps.

(Archives/ONU)

Le retour des Forces armées canadiennes dans les missions de l’ONU a-t-il changé quelque chose pour nous, le port du béret bleu, ou est-ce que ça continue comme si de rien n’était?

Je dirais probablement plus que c’est comme d’habitude car cela donne des tâches militaires.

À l’heure actuelle, la plupart des missions de l’ONU sont des missions qui nécessitent l’utilisation de compétences de combat militaire pour obtenir des résultats qui ne sont pas nécessairement réalisés dans des situations de combat.

Vous devez être capable de patrouiller, vous devez piloter un hélicoptère, vous devez être capable de vous défendre et de défendre les autres. Nous sommes donc bons dans ce domaine et je pense que l’on comprend généralement que le fait d’ajouter une unité ou une force canadienne n’importe où ajoute de la valeur.

Nous cherchons à savoir où l’ONU a le plus besoin de nous.

Mais nous ne pouvons pas tout faire, vous avez raison. Nous sommes une armée relativement petite, mais nous pouvons créer des domaines d’expertise, de compétences et de capacités qui font cruellement défaut. C’est ce que le Mali représente. La force opérationnelle d’hélicoptères au Mali fait un travail remarquable. Cela permet à cette mission de fonctionner comme il se doit. Et je pense que cela va continuer.

Ce n’est pas, comme le gouvernement l’a dit auparavant, d’envoyer des milliers de soldats, mais plutôt des promesses intelligentes, des capacités spécifiques.

Le gouvernement m’a ordonné de planifier l’utilisation d’une technique de promesse intelligente, dans laquelle nous collaborons avec des alliés et ceux qui ont la capacité de contribuer à faire en sorte que ces capacités clés soient disponibles pour la mission et utilisent notre expertise, que cela soit dans le domaine de l’instruction ou non.

Sur le terrain, la force de réaction rapide (en Lettonie) sont des ressources sur le terrain et nous sommes très bons dans ce type de travail. Nous n’avons pas assez de personnel pour mettre des milliers de bottes sur le terrain… mais c’est une valeur ajoutée, une contribution indispensable.

Le chef d’état-major de la défense est bien sûr un poste important. Cela fait plus de trois ans que vous êtes ici. Pouvez-vous décrire un peu la vie quotidienne du CEMD? Vous conseillez le gouvernement sur les affaires militaires, vous préparez la force de l’avenir, vous visitez également vos troupes, vous avez des réunions toute la journée…

C’est fondamentalement ça! Le CEMD fournit des conseils militaires au gouvernement sur diverses questions. Je commande et contrôle les Forces armées canadiennes telles qu’elles se présentent aujourd’hui, et j’administre les Forces armées canadiennes telles qu’elles se trouvent aujourd’hui. Et je prends soin de l’institution en veillant à ce que les ressources disponibles et, le cas échéant, demander des ressources supplémentaires, ce que je n’ai pas, pour bien positionner les forces armées et répondre aux objectifs politiques du pays. C’est ce que je fais tous les jours.

Parfois, nous nous occupons davantage des opérations, parfois de l’institution, parfois plus des conseils au gouvernement, mais j’aime mieux quand je sors d’Ottawa et que je visite des troupes et que avoir un retour de la part des soldats.

C’est trop facile de s’asseoir dans un quartier général, c’est parfois comme une tour d’ivoire, sentir le moral et la satisfaction et de savoir où nous devons changer et de quelle façon nous pouvons faire mieux.

La capacité de signer la politique concernant la barbe, le BEARDFORGEN comme les troupes aiment l’appeler, ce que je suis arrivé à faire c’est parce que j’ai eu une discussion avec un groupe de troupes en Lettonie, du 2 RCR (2e bataillon, The Royal Canadian Regiment), à qui j’ai dit
«Comment nous devrions gérer cela ?» . Et ils m’ont donné de bonnes idées. Je suis donc revenu et j’ai dit: «Je pense que nous l’avons», et nous avons été capables de le faire.

J’ai toujours dit que dans toute ma carrière, les meilleures idées venaient des troupes et nous essayons de les mettre en place.

Le général Jonathan Vance, au comité de la Défense de la Chambre des communes, le 6 décembre 2018. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Quelles idées avez-vous entendues ou que faut-il mettre en œuvre dans les semaines, les mois…?

Conditions de service, compensation des avantages, garantie que nous nous efforcerons de rendre l’expérience de la mobilité meilleure. Parce lorsque vous vivez dans différentes régions du pays, que votre salaire net ne varie pas énormément c’est un gros désincitatif pour les gens à bouger, c’est un gros mécontentement.

Nous réglons certains problèmes liés à la garantie de remboursement des pertes immobilières, ainsi que le défi que représente l’achat et la vente d’une maison, mais je pense que nous continuons sur la voie de la création d’un processus du ‘militaire d’abord’ moderne.

Nous déménageons beaucoup, et si les démarches ne sont pas satisfaisantes, si elles sont trop difficiles, cela devient alors un problème de moral. Nous essayons donc de résoudre beaucoup de problèmes.

Nous allons essayer à nouveau un nouveau programme révisé pour la réinstallation cet été. Nous ferons un projet pilote en février pour nous assurer que nous avons mis en place les procédures et rendre l’expérience encore meilleure. L’été dernier avait très mal commencé.

Merci de votre temps général et bonne année !

Merci beaucoup. Merci Nick!

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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