L’alliance antijihadistes arabo-kurde en Syrie réclame un « statut spécial »

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Mazloum Kobani, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes lors d'une interview exclusive avec l'AFP, près de la ville de Hassaké dans le nord de la Syrie, le 24 janvier 2019. (AFP)
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Mazloum Kobani, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes lors d’une interview exclusive avec l’AFP, près de la ville de Hassaké dans le nord de la Syrie, le 24 janvier 2019. (AFP)
L’alliance antijihadistes arabo-kurde en Syrie devra bénéficier d’un « statut spécial » en cas d’accord politique entre les Kurdes et le régime de Bachar al-Assad, a déclaré un haut commandant kurde impliqué dans l’offensive contre le groupe Etat islamique (EI).

« Tout accord politique devra inclure un statut spécial » pour les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont lutté contre les jihadistes « au nom de l’humanité toute entière et même de l’armée syrienne », a déclaré dans une interview exclusive à l’AFP Mazloum Kobani, commandant en chef de cette force soutenue par les Etats-Unis.

« C’est notre ligne rouge et nous ne cèderons pas sur ce point » lors des discussions en cours avec le régime syrien, a-t-il souligné.

La coalition arabo-kurde a « protégé le nord-est de la Syrie. Elle a libéré ces régions et c’est son droit de continuer à en assurer la protection », a dit le commandant Kobani qui s’est entretenu avec l’AFP près de la ville de Hassaké.

Les FDS contrôlent environ un tiers du territoire syrien après avoir chassé les jihadistes de l’EI de vastes territoires dans le nord et l’est du pays en guerre avec l’aide de la Coalition internationale antijihadistes dirigée par Washington.

Pour sa part, le régime syrien contrôle désormais deux tiers du pays après avoir reconquis des territoires aux rebelles et aux jihadistes avec l’aide de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais.

Le régime syrien refuse d’accepter une autonomie des régions kurdes du nord-est de la Syrie.

Après des décennies de marginalisation, les Kurdes sont eux réticents à abandonner l’autonomie qu’ils ont conquise à la faveur du conflit.

Depuis juillet, des représentants politiques kurdes négocient avec le régime afin d’arriver à une décentralisation favorable à leur région.

« Les discussions sont en cours mais n’ont pas encore donné de résultat positif », a indiqué M. Kobani.

Selon lui, le régime « continue à penser qu’il peut revenir à la situation d’avant 2011 », année où la guerre a éclaté. « Il espère toujours pouvoir prendre militairement le contrôle de toute la région, mais il doit comprendre que c’est impossible ».

Selon M. Kobani, les FDS sont préparées à « protéger la frontière syrienne et l’unité du territoire syrien ».