Le Canadien enlevé mardi au Burkina Faso retrouvé mort

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Kirk Woodman. (Photo tirée du profil Linkedin de Kirk Woodman)
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Kirk Woodman. (Photo tirée du profil Linkedin de Kirk Woodman)
Le corps d’un « homme blanc portant des impacts de balle » a été retrouvé mercredi soir à Siéga, dans le nord du Burkina Faso. Selon Radio-Canada, il s’agit du Canadien, Kirk Woodman, de la société minière canadienne Progress Minerals. 


Géologue, responsable de l’exploration minière au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, M. Woodman était le vice-président de la société canadienne Progress Minerals.

Il a été enlevé mardi soir sur le site de Tiabangou, dans l’est du Burkina, par un groupe armé qui avait pris la fuite en direction du Niger voisin.

Toujours selon la société d’État, c’est le ministère de la Sécurité du Burkina Faso qui a confirmé que Kirk Woodman a été retrouvé mort.

La ministre des Affaires étrangères, l’honorable Chrystia Freeland, a fait aujourd’hui la déclaration suivante à propos du meurtre du canadien Kirk Woodman :

« Le Canada est consterné et profondément attristé que Kirk Woodman, qui avait été enlevé le 15 janvier 2019, ait été tué au Burkina Faso. Nous offrons nos sincères condoléances à la famille de M. Woodman en cette période extrêmement difficile.

« Le Canada condamne les responsables de ce crime odieux. Nous travaillons avec le gouvernement du Burkina Faso et d’autres partenaires internationaux afin de rechercher les responsables et les traduire en justice. La priorité du gouvernement est la sécurité et la protection des Canadiens.

« Nous adressons nos sincères condoléances à la famille et aux proches de M. Woodman. C’est une période éprouvante et extrêmement douloureuse pour eux et ils bénéficient du soutien inconditionnel du Canada. Alors qu’ils pleurent cette tragédie, nous demandons que leur vie privée soit respectée. »

Le corps a été découvert par des populations qui ont alerté les forces de l’ordre. Un constat d’usage a été fait et le corps conduit à Gorom-Gorom avant d’être acheminé à la morgue de l’hôpital de Dori, avaient précisé auparavant des responsables locaux. Il n’avait aucun document d’identification ni de téléphone sur lui permettant de l’identifier. formellement sur place.

M. Woodman a finalement été identifié par de proches collaborateurs  jeudi.

Lors de l’enlèvement mardi soir par un groupe sur le site de Tiabangou, dans le nord-est du pays, «Les agents qui travaillaient ont été assaillis par une dizaine d’hommes en armes qui ont regroupé le personnel. Ils ont fouillé le camp de base et enlevé certains matériels. Ils ont amené avec eux cet expatrié, arrivé au Burkina le 10 janvier», avait indiqué hier le ministre burkinabè de la Sécurité, Clément Sawadogo

Tiabongou, où Progress Minerals procédait à des explorations sur un site aurifère, est situé dans la province de Yagha, dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso,. 

L’est du Burkina Faso, un pays en proie à des attaques djihadistes qui se multiplient depuis 2015.

Une Canadienne, Édith Blais, 34 ans, originaire de Sherbrooke, et son compagnon Italien Lucas Tacchetto, 30 ans, originaire de Venise, sont portés disparus depuis la mi-décembre au Burkina Faso.

En septembre 2018, un Indien et un Sud-Africain travaillant également dans le secteur minier ont été enlevés sur la mine d’or d’Inata au Nord-Ouest.  

En janvier 2016, un couple australien, le Dr Kenneth Elliot et son épouse Jocelyn, qui dirigeaient une clinique depuis de nombreuses années, avaient été enlevés à Djibo. Mme Elliot avait été libérée après un an de captivité, mais son époux demeure captif.

Un Roumain, Iulian Ghergut, qui travaillait pour l’énorme mine de manganèse de Tambao (nord) est lui toujours captif depuis son enlèvement en avril 2015.

Parallèlement, les forces armées sont incapables d’enrayer les attaques attribuées aux groupes djihadistes Ansaroul Islam, au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et à d’autres groupuscules. D’abord localisées dans le nord du pays, elles se sont étendues en 2018 dans l’est et dans l’ouest. Le bilan s’élève à plus de 270 morts depuis 2015.

L’une des dernières attaques en date, le 10 janvier, par une trentaine d’individus armés contre le village de Gasseliki, non loin de Tiabongou, avait fait 12 morts.

La capitale Ouagadougou a elle-même été frappée à trois reprises, avec un bilan total de près de 60 morts. La dernière attaque, en mars 2018, avait dévasté l’état-major général des armées, en plein centre-ville.

Le chef d’état-major général des armées Oumarou Sadou a été limogé le 10 janvier.

*avec AFP