L’enquête russe n’est «pas une chasse aux sorcières», dit William Barr

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William Barr a témoigné lors d'une audience de confirmation de la commission judiciaire du Sénat américaion mardi 15 janvier 2018. (capture d'écran)
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William Barr a témoigné lors d’une audience de confirmation de la commission judiciaire du Sénat américaion mardi 15 janvier 2018. (capture d’écran)
Le candidat de Donald Trump au poste de procureur général, William Barr, a estimé mardi que la tentaculaire enquête russe n’était « pas une chasse aux sorcières », comme le dit souvent le président des États-Unis.

Le juriste de 68 ans a déclaré «ne pas croire» que le procureur spécial Robert Mueller – chargé de déterminer s’il y a eu collusion entre l’équipe du candidat Trump et Moscou lors de la présidentielle de 2016 – « puisse être impliqué dans une chasse aux sorcières ».

Répétant être un « bon ami » de Robert Mueller, il a assuré lors de son audience de confirmation devant la commission judiciaire du Sénat, qu’il le laisserait «terminer son travail».

«Si je suis confirmé, je ne permettrais pas que les politiques partisanes, les intérêts personnels ou toute autre considération déplacée n’interfèrent avec cette ou toute autre enquête», avait-il dit en guise d’introduction.

William Barr, qui a déjà été procureur général sous George H. W. Bush au début des années 90, doit selon la Constitution obtenir le feu vert du Sénat pour faire son retour au gouvernement.

Les républicains disposant de 53 sièges sur 100 au Sénat, il a de bonnes chances d’être confirmé.

Au département de la Justice, il sera chargé de superviser le travail du procureur spécial Robert Mueller, que le président Trump accuse régulièrement de mener une « chasse aux sorcières » injuste et politique contre lui.  

L’opposition démocrate, inquiète de critiques émises par William Barr en juin contre l’enquête russe, a voulu tester « sa » détermination à résister aux pressions de la Maison-Blanche, selon les termes de la sénatrice Dianne Feinstein.

Soulignant que William Barr était partisan d’une lecture assez large des pouvoirs exécutifs, elle lui a demandé ce qu’il penserait si « le président demandait à un procureur général de mettre un terme à une enquête criminelle pour des raisons personnelles ».

Ce serait « un abus de pouvoir », a estimé William Barr, qui a manifesté une divergence de vues avec le président sur d’autres sujets liés à l’enquête russe.

Il a ainsi estimé que le procureur général Jeff Sessions, limogé en novembre, avait bien fait de se récuser dans ce dossier et a exprimé sa « haute opinion » du numéro 2 du ministère Rod Rosenstein, qui avait nommé le procureur Mueller.

Les deux hommes ont régulièrement essuyé les critiques de Donald Trump qui leur reproche de ne pas l’avoir protégé des investigations.