Premier départ de troupes de Valcartier déployées en Lettonie

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Un premier groupe composé d’environ 165 militaires a quitté Québec le 3 janvier 2019 à destination de la Lettonie. (Sergent Sébastien Fréchette/Affaires publiques 5 GBMC)
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Un premier groupe composé d’environ 165 militaires a quitté Québec le 3 janvier 2019 à destination de la Lettonie. (Sergent Sébastien Fréchette/Affaires publiques 5 GBMC)
Et c’est un départ, alors qu’un premier groupe composé d’environ 165 militaires a quitté Québec tôt ce jeudi 3 janvier à destination de la Lettonie pour prendre part à la 11e rotation de l’Opération REASSURANCE.

Deux autres groupes de taille similaire quitteront également au cours des prochains jours pour former le prochain Groupement tactique multinational de la présence avancée renforcée en Lettonie de l’Opération REASSURANCE.

Les troupes sont majoritairement issues du 12e Régiment blindé du Canada et du 2e Bataillon Royal 22e Régiment, chapeautés par le 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada basé à Valcartier.

L’adjudant Keven Gélinas, du 2e Bataillon Royal 22e Régiment, dit qu’il avait « vraiment hâte au déploiement. C’est mon cinquième en fait et même si c’est pas du nouveau pour moi, les déploiements et aider c’est la raison pour laquelle je me suis enrôlé dans les Forces ».

Depuis juin 2017, les Forces armées canadiennes déploient environ 450 membres de l’Armée canadienne en Lettonie pour y diriger un groupement tactique de l’OTAN comprenant des militaires de plusieurs nations, dont l’Albanie, le Canada, l’Espagne, l’Italie, le Monténégro, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie.

Le Groupement tactique multinational de la présence avancée renforcée en Lettonie fait partie de la brigade d’infanterie des forces terrestres de la Lettonie. Il comprend un élément de commandement, une compagnie d’infanterie mécanisée, un élément de soutien logistique du combat ainsi que des véhicules et du matériel basés au camp Ādaži.

L’OTAN a déployé quatre tels groupements tactiques dans les pays baltes et en Pologne. Ces groupements tactiques démontrent la force de l’alliance de l’OTAN et visent à prévenir les conflits et à assurer la stabilité dans la région.

Les militaires du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada prendront la place des soldats du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada de Petawawa au sein du Groupement tactique multinational de présence avancée renforcée en Lettonie.

Avant leur déploiement, les soldats ont suivi une instruction individuelle et collective intensive, pour perfectionner leurs compétences générales et axées sur la mission, notamment sur les plans du maniement des armes, de la préparation mentale et de la sensibilisation linguistique et culturelle.

En interview pour 45eNord.ca, quelques minutes avant d’embarquer dans l’avion, le lieutenant-colonel Philippe Sauvé, commandant entrant du Groupement tactique multinational de la présence avancée renforcée en Lettonie et du 12e Régiment blindé du Canada, s’est dit fier d’arriver enfin au jour du déploiement et avoir hâte de commencer la mission, même si l’ombre russe plane au-dessus.

On ne contrôle pas la désinformation. Les adversaires de l’OTAN vont dire ce qu’ils veulent dire et nous on s’assure que les soldats canadiens sont dans une bonne posture pour comprendre comment utiliser les médias sociaux pour ne pas faciliter la désinformation de l’ennemi. Et en même temps, s’il y a de la désinformation, nous, on a des gens qui portent attention à cela et s’il y a lieu on va répliquer avec de l’information crédible et vraiment expliquer ce que l’on fait sur la mission.

Lieutenant-colonel Philippe Sauvé, commandant entrant du Groupement tactique multinational de la présence avancée renforcée en Lettonie

Selon l’OTAN, des comptes russes propagent sur les médias sociaux de fausses informations sur les soldats canadiens, notamment affirmant que la mission coûte cher aux Lettons ou encore concernant de mauvais comportements qu’ils auraient eus.

Quelques exemples de fausses nouvelles diffusées par des comptes russophones sur la présence canadienne en Lettonie

À peine arrivé en Lettonie à la fin du printemps 2017, les premiers soldats canadiens vivaient leur première crise alors qu’un site russophone faisait le lien entre la mission canadienne et… l’ex-colonel Russell Williams, violeur et tueur en série. Le site poussait l’audace jusqu’à publier des photos en sous-vêtements du colonel et suggérant que l’Armée canadienne est bourrée d’homosexuels ne méritant donc pas la confiance des Lettons.

Un autre exemple de désinformation, est une série d’articles en russe publiée par une demi-douzaine de médias sur Internet, qui laissent entendre que la présence de soldats du Canada à Riga fait augmenter le prix des loyers.

Selon ces textes, la mission de l’OTAN en Lettonie a réduit la disponibilité des logements. Or, le nombre de militaires canadiens en Lettonie qui habitent en ville, et non au camp Adazi, se chiffre à une dizaine, et moins de cinq d’entre eux résident à Riga.

Un autre site internet suggérait également que les soldats de l’OTAN pouvaient se balader dans la capitale, Riga, avec des armes chargées, posant ainsi un risque pour la sécurité publique.

Mais tout cela n’empêchera pas les quelques centaines de militaires canadiens et les milliers d’autres de pays alliés de répondre présent pour rassurer les pays baltes du soutien indéfectible de l’Alliance.