Somalie: Trump ou pas, l’armée américaine poursuit ses frappes

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Militants shebabs en Somalie (Archives/AlNahry)
L’armée américaine a annoncé mercredi avoir mené une nouvelle frappe en Somalie, la quatrième depuis le début de l’année, bien que le président Donald Trump ait affirmé qu’il souhaitait suspendre les opérations militaires à l’étranger.

Les forces américaines ont mené mardi une frappe aérienne contre un camp d’islamistes shebab à proximité de Yaaq Braawe, tuant six islamistes et détruisant un véhicule, a indiqué dans un communiqué le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM).

C’était la troisième frappe américaine en trois jours contre des shebab : l’armée des États-Unis a annoncé mardi avoir tué la veille quatre combattants shebab à proximité de Baqdaad, non loin de Mogadiscio, et une frappe près de Dheerow Sanle (sud-ouest) avait tué six shebab dimanche.

Elle avait indiqué le 3 janvier avoir tué le jour précédent dix combattants shebab à proximité de Dheerow Sanle.  

A chaque annonce, l’armée américaine a souligné que l’objectif des États-Unis et de leurs alliés – le gouvernement fédéral somalien et la force de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) – était d’empêcher les shebab de s’installer dans des lieux où ils pouvaient trouver refuge pour «préparer et diriger des attaques terroristes, voler l’aide humanitaire, extorquer de l’argent à la population locale pour financer ses opérations, et abriter des terroristes».

L’armée américaine «continuera à coopérer avec ses partenaires pour transférer la responsabilité à long terme de la sécurité en Somalie de l’AMISOM au gouvernement fédéral somalien», a assuré l’AFRICOM mercredi.  

Pourtant, selon la chaîne NBC, M. Trump a demandé au Pentagone de réduire nettement les opérations militaires en Somalie.

M. Trump a décidé en décembre de retirer toutes les troupes américaines déployées en Syrie et envisage aussi de réduire les effectifs en Afghanistan.

«Les États-Unis ne peuvent pas continuer à être le gendarme du monde», a-t-il dit fin décembre en Irak. «Nous sommes éparpillés à travers le monde. Nous sommes dans des pays dont la majorité des gens n’ont même pas entendu parler. Franchement, c’est ridicule».

Peu après son arrivée au pouvoir, le milliardaire avait étendu les pouvoirs des militaires américains pour mener des frappes dans ce pays de la Corne de l’Afrique miné par la guérilla des shebab, qui ont juré la perte du fragile gouvernement central soutenu par la communauté internationale et par les 22 000 hommes de l’AMISOM.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab, qui sont affiliés à Al-Qaïda, ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

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