Syrie: les jihadistes avancent face aux rebelles, 119 morts en 4 jours

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Depuis le 1er janvier, les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS) affrontent une alliance de groupes rebelles soutenue par la Turquie, le Front national de libération (FNL). (AFP)
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Depuis le 1er janvier, les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS) affrontent une alliance de groupes rebelles soutenue par la Turquie, le Front national de libération (FNL).
Une organisation jihadiste dominée par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda a gagné du terrain vendredi face à des groupes rebelles dans le nord de la Syrie, après quatre jours d’affrontements qui ont fait près de 120 morts parmi les combattants, a indiqué une ONG.

Depuis mardi, les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS) affrontent une alliance de groupes rebelles soutenue par la Turquie, le Front national de libération (FNL). Les combats ont commencé dans les zones rebelles de la province d’Alep avant de s’étendre aux provinces voisines de Hama et d’Idleb, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La province de Hama (centre) est contrôlée quasi-totalement par les troupes du régime alors que celle d’Alep (nord) à 40% et celle d’Idleb (nord-ouest) leur échappe presque entièrement. Idleb est l’ultime grand bastion jihadiste et rebelle du pays. 

Vendredi, le groupe HTS a poursuivi sa progression. Il a pris au total depuis jeudi 23 localités et villages aux rebelles du groupe Noureddine al-Zinki, une faction du FNL, dans l’ouest de la province d’Alep, a précisé l’OSDH.

Selon cette ONG, deux jihadistes et 14 rebelles ont péri, portant le bilan de quatre jours de violences à 119 morts – 61 jihadistes et 58 rebelles. Huit civils ont en outre péri, a ajouté la même source.

En soirée, les affrontements ont baissé d’intensité dans les zones de combats, selon l’OSDH.

Les deux organisations rivales sont à couteaux tirés depuis deux ans et s’affrontent régulièrement pour prendre le contrôle de territoires.

Les derniers combats ont éclaté après le lancement par l’organisation HTS d’une offensive contre des positions du groupe Noureddine al-Zinki, qu’elle a accusé lundi d’avoir tué cinq de ses combattants. 

La province d’Idleb est le théâtre de luttes intestines entre jihadistes et rebelles, parfois marquées par des assassinats ciblés ou des attentats à la bombe.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime, le conflit en Syrie, impliquant également plusieurs acteurs régionaux et internationaux, a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés. 

Avec l’aide cruciale de l’allié russe intervenu militairement dans la guerre en 2015, le régime a infligé de nombreux revers aux rebelles et jihadistes, réussissant à reprendre près des deux-tiers du territoire qui reste néanmoins morcelé.