À Varsovie, les États-Unis et Israël comptent mettre la pression sur l’Iran

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Montage créé le 23 juillet 2018 montrant le président américain Donald Trump (G) photographié le 18 juilet 2018 à Washington et président iranien Hassan Rohani, photographié le 2 mai 2018 à Téhéran. (AFP)
Le vice-président américain Mike Pence et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comptent mettre la pression sur l’Iran à l’occasion d’une conférence qui réunit une soixantaine de pays mercredi à Varsovie.

Mais durant cette conférence de deux jours s’étaleront également au grand jour les divisions entre Washington et ses principaux alliés européens, à propos des appels du président américain Donald Trump à étrangler l’économie iranienne.

Les puissances européennes n’envoient à Varsovie que des représentants de rang inférieur, hormis le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt qui veut aborder la crise humanitaire au Yémen.

La conférence devait porter initialement sur « l’influence déstabilisatrice » de l’Iran au Moyen-Orient. Mais l’initiative américaine n’a pas déchaîné l’enthousiasme, conduisant Washington et Varsovie à élargir l’agenda à la stabilité au Moyen-Orient. Pour M. Netanyahu, l’Iran reste cependant le principal sujet.

M. Pence et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, aux côtés du gouvernement polonais, accueilleront les participants lors d’un dîner au château royal de Varsovie.

Le programme de la conférence reste en bonne partie flou mais l’essentiel est attendu jeudi avec des interventions prévues de MM. Pence, Pompeo et Netanyahu ainsi que des groupes de travail.

Missiles israéliens

« C’est une coalition internationale bâtie pour assurer l’importante mission de réduire les risques venus du Moyen-Orient depuis bien trop longtemps », a déclaré M. Pompeo mardi soir à son arrivée en Pologne.

M. Netanyahu devrait se montrer déterminé à l’encontre de l’Iran, ennemi juré d’Israël. Mardi, à la veille de l’ouverture de la conférence, le Premier ministre israélien a vanté la portée des missiles de son pays, dans un nouvel avertissement à Téhéran.

Mais hormis Israël, les pays arabes rivaux de l’Iran et l’administration Trump, quasiment tous les autres pays soutiennent toujours l’accord sur le nucléaire conclu en 2015, prévoyant d’alléger les sanctions contre l’Iran en échange du gel de son programme nucléaire.

Même la Pologne, avec son gouvernement conservateur soucieux de complaire à Washington, soutient ouvertement cet accord dont l’Iran respecte les termes selon les inspecteurs de l’ONU.

« L’Union européenne et les Etats-Unis perçoivent les mêmes menaces au Moyen-Orient; nous différons parfois sur la manière de résoudre ces crises », a déclaré mardi le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz lors d’une conférence de presse commune avec M. Pompeo.

La Pologne, dont l’Iran a convoqué le chargé d’affaires à Téhéran pour lui manifester son courroux, s’est employée à souligner que ce pays n’était pas l’unique sujet de la conférence.

« L’UE n’a pas suffisamment de poids politique pour réellement tenter d’influencer la situation au Moyen-Orient », a encore estimé M. Czaputowicz, ajoutant que tous « les pays démocratiques » devaient se joindre pour résoudre les questions pendantes de longue date dans cette région.

Pour Ned Price, ancien conseiller de M. Obama et ex-porte-parole du Conseil de sécurité nationale, la conférence de Varsovie ne servira qu’à démontrer l’isolement de l’administration Trump alors que les alliés européens ne veulent pas vraiment participer à « un rassemblement anti-Iran ».

Rencontre sur le Yémen

Le Britannique Jeremy Hunt, seule figure de la diplomatie européenne à venir à Varsovie, doit participer mercredi soir à une rencontre à quatre avec M. Pompeo ainsi que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis qui interviennent militairement au Yémen, avec le soutien américain, contre les rebelles Houthis soutenus par l’Iran.

La Russie, qui a refusé de participer à la conférence, organise pour sa part une rencontre sur la Syrie, d’où M. Trump prévoit de retirer les soldats américains, jeudi à Sotchi. Vladimir Poutine y rencontrera ses homologues iranien Hassan Rohani et turc Recep Tayyip Erdogan. 

La Turquie, pourtant membre de l’Otan, a indiqué qu’elle n’enverrait que des membres de son ambassade à la conférence de Varsovie.

L’organisation d’opposants iraniens, les Moujahidine du peuple, sera présente en force. Elle entretient des liens étroits avec les conservateurs américains dont l’ancien maire de New York Rudy Giuliani qui s’exprimera lors d’un rassemblement du groupe à Varsovie.

Retirée en 2008 par la justice européenne de sa liste des organisations terroristes, une démarche imitée par les Etats-Unis en 2012, l’organisation avait été créée en 1965 avec pour objectif de renverser le régime du chah, puis le régime islamique. Les Moujahidine du peuple s’étaient installés en Irak pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), avec le soutien du régime de Saddam Hussein pour mener des actions armées contre l’Iran.

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