Coalition anti-EI: Washington entend continuer à diriger, Ottawa insiste pour une victoire durable

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La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, était à la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Coalition mondiale contre Daech (acronyme du groupe État islamique ou EI) à Washington où l’hôte de la réunion, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, a affiché la volonté des États-Unis de «continuer à diriger» la lutte contre l’EI malgré leur retrait militaire de Syrie.

À cette occasion, la ministre et ses partenaires de la coalition ont discuté de la prochaine phase des efforts de la communauté internationale afin de vaincre Daech.

Le Canada a pour sa part réitéré sa détermination à ce que Daech soit vaincu de manière durable et a manifesté sa volonté de contribuer de manière importante aux efforts de la Coalition mondiale visant à démanteler et à vaincre Daech, à rétablir la stabilité et à favoriser la sécurité dans la région.

Avant la réunion, la ministre Freeland a annoncé que le Canada fournirait plus de 13 millions $ CAD pour prévenir et contrer les menaces terroristes et l’extrémisme violent, contrer la propagande extrémiste, tenir les auteurs de crimes de guerre responsables de leurs actes, et accroître la sécurité et la stabilité dans la région.

Les 13 millions $ seront répartis entre les 7 programmes suivants: un dispositif pour le financement de la stabilisation en Irak, 3 millions $ CAD, un mécanisme de responsabilisation en Syrie – mécanisme international, impartial et indépendant, 1,5 millions $, la neutralisation des engins explosifs improvisés aux emplacements des infrastructures essentielles de Ninive et d’Anbar, 2 millions $, les préparatifs en vue de poursuites pour atteinte au droit international pénal et humanitaire en Syrie, 1,2 millions $, le rétablissement de la stabilité à Arsal en renforçant les Forces armées libanaises (FAL), 2,8 millions $, la réponse aux attentats violents et aux menaces terroristes par le renforcement de la capacité de la gendarmerie jordanienne, 2 millions $, la lutte contre les discours prônant l’extrémisme violent et la littératie numérique des femmes et des familles en Jordanie, 992 000 $.

Annonce qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie du Canada au Moyen-Orient, qui prévoit un investissement total de 205 millions pour le renforcement de la sécurité et de la stabilité en Irak, en Jordanie et au Liban et à la responsabilisation en Syrie.

Citations

«Le Canada est fier de sa contribution à la Coalition mondiale contre Daech, notamment son aide militaire et son soutien à la stabilité dans la région. À mesure que Daech perd du terrain, il est encore plus important pour les membres de la coalition de se rencontrer et de discuter de la façon de s’assurer que la défaite de Daech soit complète et durable. Nous devons également veiller à ce que les personnes commettant des atrocités soient tenues responsables de leurs actes. »

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

Les États-Unis vont « continuer à diriger » la lutte contre le groupe État islamique (EI) malgré leur retrait militaire de Syrie, a assuré pour sa part le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo à l’ouverture d’une réunion de la coalition internationale contre le groupe djihadiste.

«La nature du combat est en train de changer» avec la défaite territoriale quasi totale de l’EI en Irak et en Syrie, a-t-il insisté devant les représentants des 74 pays et cinq organisations multilatérales membres de la coalition réunis à Washington.

Dorénavant, «notre combat ne sera pas forcément en premier lieu militaire», «c’est pourquoi l’annonce par le président Trump que les soldats américains vont se retirer ne signifie pas la fin du combat américain», a-t-il ajouté.

L’annonce-surprise du départ de Syrie, faite par Donald Trump en décembre, a confronté les alliés des États-Unis à de nombreux casse-tête. Surtout, le président américain a d’abord invoqué la défaite de l’EI pour justifier ce retrait, mais cette proclamation hâtive a ensuite été mise en doute de toutes parts.

«L’EI reste une menace », a reconnu Mike Pompeo, appelant la coalition à «réaffirmer l’objectif de la défaite définitive» du groupe djihadiste qui a lancé ces dernières années des attentats meurtriers en Europe depuis des anciens bastions notamment en Syrie.

Il a aussi une nouvelle fois appelé les autres pays à participer à l’effort financier de la lutte antidjihadistes.

*Avec AFP