Conception des navires de combat canadiens: c’est officiel, c’est la frégate de type 26 de BAE

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Illustration d’une frégate britannique de type 26. (BAE Systems)
Le gouvernement canadien accorde officiellement le contrat pour la conception de sa flotte de navires de guerre de 60 milliards $ CAD à l’équipe de Lockheed Martin et choisit donc définitivement le concept de Type 26 de BAE après des négociations qui ont failli être compromises par la contestation d’un concurrent devant le tribunal du commerce.

La ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, en fait l’annonce ce matin au Chantier maritime d’Halifax, en Nouvelle-Écosse.

La Marine royale canadienne doit acquérir une quinzaine de nouveaux navires de combats afin de remplacer les 12 frégates actuelles de classe Halifax et les trois – désormais décommissionnés – destroyers de classe Iroquois.

Les 15 nouveaux navires de guerre de la Marine royale canadienne, qui seront construits par Irving et remplaceront les frégates et les destroyers canadiens, seront donc basés sur la frégate de type 26 de conception britannique.

L’annonce était attendue depuis qu’en octobre dernier le design de l’équipe de Lockheed Martin Canada avait été choisi à titre de «soumissionnaire préféré» chargé de concevoir les futurs navires de combat de la Marine royale canadienne et de fournir l’équipe qui s’en chargera.

Il avait alors été présenté comme le design privilégié par rapport aux soumissions d’Alion Science and Technology de la Virginie et de la société espagnole Navantia.

Mais l’un des soumissionnaires, Alion, a ensuite demandé au Tribunal canadien du commerce extérieur d’annuler la décision, affirmant que la conception de Lockheed ne répondait pas aux exigences de la marine canadienne et qu’elle aurait dû être exclue.

Le tribunal du commerce a dans un premier temps ordonné au gouvernement de ne pas attribuer un contrat à Lockheed avant d’avoir pu enquêter sur la plainte d’Alion, mais a toutefois annulé cette décision, avant de rejeter la plainte la semaine dernière.

Cette dernière décision a permis au gouvernement et au maître d’oeuvre, Irving, qui sous-traite à Lockheed la conception des navires pour la marine, d’aller de l’avant et d’accorder officiellement le contrat au géant américain de la défense.

Les travaux de conception devraient durer de trois à quatre ans, et la construction devrait commencer au début des années 2020.

La valeur du contrat initial conclu avec Irving Shipbuilding est évaluée à 185 millions de dollars (taxes incluses) et augmentera au fur et à mesure de la progression des travaux de conception

Le projet des navires de combat canadiens est le projet de marché le plus important et le plus complexe jamais entrepris par le gouvernement du Canada. Les navires obtenus formeront l’épine dorsale de notre Marine royale canadienne, ainsi que le cœur de la force de frappe navale de surface du Canada pour les décennies à venir.

Citations

« Notre gouvernement fournit à la Marine royale canadienne les navires dont elle a besoin pour accomplir son travail important visant à protéger la population canadienne. Ce processus d’approvisionnement visant l’achat de la future flotte de navires de combat canadiens a été mené d’une façon ouverte, équitable et transparente, et nous a permis d’obtenir le meilleur modèle de navire et la meilleure équipe de conception possible pour répondre à nos besoins pendant de nombreuses années. L’annonce d’aujourd’hui est un autre exemple de la manière dont la Stratégie nationale de construction navale permet d’appuyer l’emploi et la prospérité dans des collectivités partout aux pays, y compris ici à Halifax. »

L’honorable Carla Qualtrough
Ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité

« Grâce à la politique de défense du Canada, Protection, Sécurité, Engagement, nous fournissons aux militaires canadiens l’équipement dont ils ont besoin pour effectuer leur travail important. La date d’aujourd’hui marque un événement important pour notre Marine royale canadienne puisque nous nous rapprochons de notre objectif visant à construire 15 futurs navires de combat. Ces navires de combat à la fine pointe de la technologie permettront à notre marine de surveiller et défendre nos eaux, ici, au pays, de nous aider à soutenir nos alliés internationaux et de protéger les Canadiens. »

L’honorable Harjit S. Sajjan
Ministre de la Défense nationale

« Le projet des navires de combat canadiens correspond à l’un des plus grands processus d’approvisionnement de l’histoire du Canada. Conformément à la politique de notre gouvernement, Lockheed Martin Canada est tenu d’investir dans les entreprises et les travailleurs canadiens, ce qui créera davantage d’emplois et appuiera les travaux de recherche novateurs. Lorsque ces navires seront livrés, le Canada disposera d’une flotte navale plus forte et d’une industrie de la construction navale solide et compétente pour l’appuyer. »

L’honorable Navdeep Bains
Ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique

« Nous sommes fiers d’avoir été choisis en tant qu’entrepreneur et constructeur principal des nouveaux navires de combat canadiens et de poursuivre notre tradition de fournisseur de navires modernes de fabrication canadienne pour les hommes et les femmes de la Marine royale canadienne, navires dont ils ont besoin pour servir et protéger les intérêts du Canada. L’attribution de ce contrat témoigne de la confiance que le gouvernement du Canada accorde à nos constructeurs de navires, qui travaillent aujourd’hui assidument à la construction des navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique de la Marine royale canadienne. Nous avons hâte de travailler avec Lockheed Martin Canada et BAE Systems pour finaliser la conception et commencer à construire le premier navire de combat canadien au début des années 2020. »

Kevin McCoy
Président, Irving Shipbuilding

« Ce contrat valide notre capacité canadienne. Notre équipe a l’honneur de savoir que nous avons offert la bonne solution pour le Canada et avons démontré notre capacité de bien travailler dans le cadre de programmes complexes de défense. Lockheed Martin Canada est prête à continuer à agir à titre d’intégrateur crédible de systèmes de combat, comme nous le faisons depuis plus de trois décennies, en exploitant l’innovation et le talent ici au Canada, ce qui permettra de générer des avantages économiques sans précédent pour le Canada. »

Gary Fudge
Vice-président et directeur général
Lockheed Martin Canada, Système rotatif et système de mission

La frégate de type 26

Le frégate de type 26 sera un navire de guerre anti-sous-marin de classe mondiale, peut-on lire sur le site de BAE Systems, créateur du concept de Type 26 et l’un des partenaires, avec CAE, L3 Technologies, MDA et Ultra Electronics, réunis par Lockheed Martin Canada pour la conception de la future flotte de navires de combat de surface de la Marine royale canadienne.

Qu’il s’agisse de soutenir les opérations de l’OTAN, comme l’opération REASSURANCE en Europe centrale et de l’Est, de lutter contre le trafic illicite du crime organisé, comme cela se fait actuellement dans le cadre de l’opération CARIBBE, ou d’exercer la souveraineté canadienne dans le Nord durant l’opération NANOOK, les navires de combat canadiens seront appelés à opérer dans divers environnements, souligne pour sa part Services publics et Approvisionnements Canada.

Déployables dans le monde entier, avec une baie de mission flexible, les installations aériennes et les systèmes de combat de la frégate de type 26 permettront de s’acquitter de nombreux rôles, allant de la guerre à haute intensité à l’assistance humanitaire, en toute indépendance ou en tant que groupe opérationnel, affirme BAE.
 
Toutes les variantes du navires, précise également l’entreprise, seront dotées d’une coque acoustiquement silencieuse commune à toutes les versions et tireront pleinement parti de la conception modulaire et de l’architecture des systèmes ouverts pour faciliter la prise en charge et les mises à niveau tout au long de la vie du navire et au fur et à mesure du développement des nouvelles technologies. Cela, dit BAE, garantira que le navire restera adapté aux futures demandes.

L’augmentation de la poursuite de conflits par la guerre hybride met aussi un nouvel accent sur l’adaptabilité des plateformes navales modernes, souligne également le ministère canadien des Approvisionnements et Services dans un document d’information publié en même temps que l’annonce d’aujourd’hui. «Il sera essentiel d’être en mesure de changer rapidement de rôles d’une mission à l’autre. Des armes modernes, comme notre futur système de lancement de missiles flexible, permettront aux navires de combat canadiens de s’adapter facilement à de multiples missions pendant leur déploiement et de fournir une puissance de combat décisive au besoin. L’intégration complète de l’hélicoptère maritime du Canada améliorera encore la portée des opérations des navires et nous permettra de mieux nous positionner pour contribuer de façon significative aux opérations interarmées à terre, tout en préservant la capacité de contribuer de façon significative aux opérations de combat naval en mer.»

«Les navires de combat canadiens seront conçus de sorte à assurer leur opérabilité avec l’Armée canadienne, les Forces d’opérations spéciales du Canada et l’Aviation royale canadienne, tant au pays qu’à l’étranger.», poursuit le document. «Cela signifie qu’ils disposeront de l’équipement de communication, des capteurs et des armes adéquats pour réaliser les missions conformément à la politique de défense Protection, Sécurité, Engagement du Canada.»

«Une solide capacité de commandement et de contrôle sera assurée par l’intermédiaire d’un équipement de communication spécialisé, et le navire comprendra également des installations et des quartiers pour la planification de l’effectif. Cela permettra à l’équipage des navires de diriger les opérations en mer et de contribuer à la direction des actions interarmées et des opérations interalliées à terre.», conclut le document.

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