Crise au Venezuela: début de la réunion du Groupe de Lima sur de prochaines actions

Juan Guaido (G) aux côtés du ministre colombien des Affaires étrangères Carlos Holmes Trujillo à Bogota, le 24 février 2019. (AFP)
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La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland (à gauche) à la XIe réunion du Groupe de Lima à Bogota. (Cancilleria Chile)

Mise à jour 25/02/2019, 19h20

Le Groupe de Lima, composé de pays hostiles au président Nicolas Maduro, a appelé au cours de cette rencontre à une transition démocratique au Venezuela. Il a dénoncé dans son communiqué conjoint la « grave situation humanitaire », tout en écartant l’usage de la force envisagé par Washington, allié de l’opposant Juan Guaidó.

Plus tôt dans la journée lundi, Mike Pence avait assuré Juan Guaidó, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, du soutien « à 100 % » des États-Unis, ajoutant que la Maison-Blanche n’écartait aucune option contre Nicolas Maduro, dont les adversaires jugent la réélection frauduleuse.

Le vice-président américain a également appelé ses alliés à réaffecter les avoirs gelés du Venezuela aux forces anti-Maduro, ce qui pourrait injecter des milliards dans les coffres du mouvement prodémocratique du pays.

Le Groupe de Lima a en outre demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’examiner « la grave situation humanitaire » dans l’ancienne puissance pétrolière en crise. Ses membres ont estimé que « la violence criminelle de Maduro contre la population civile » et son refus de laisser entrer l’aide, envoyée essentiellement des Etats-Unis, « constituent un crime contre l’Humanité », ajoute le texte du communiqué.

La prochaine réunion du Groupe de Lima se tiendra au Chili à une date qui reste à déterminer.

Le Groupe de Lima, majoritairement hostile au président Nicolas Maduro, a entamé lundi à Bogota une réunion cruciale pour trouver une issue à la crise au Venezuela, à laquelle participent l’opposant Juan Guaido et le vice-président américain Mike Pence.

« Au sein du Groupe de Lima, nous luttons pour que cette solution soit de forme pacifique », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères du Pérou, Hugo de Zela, à l’ouverture de la rencontre.

« Nous avons réaffirmé à plusieurs reprises notre engagement envers la transition démocratique et le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Venezuela », a ajouté le chef de la diplomatie colombienne et hôte de la réunion, Carlos Holmes Trujillo.

Il a ajouté qu’avec l’appui du Groupe de Lima, certains pays, dont la Colombie ont « fait un effort important pour faciliter un corridor humanitaire afin d’apporter de l’aide internationale visant à alléger, même partiellement, la grave situation qui affecte les Vénézuéliens ».

Mais le ministre a dénoncé que le gouvernement Maduro ait réagi par « l’usage de la force et des violations massives des droits humains », ce qu’il a jugé « inacceptable ».

Hugo de Zela a ajouté: « Le moment est venu d’adopter davantage de mesures pour isoler le régime; des mesures plus claires qui amplifient la pression, et nous sommes disposés à assumer des positions plus catégoriques, à agir sur le plan politique, sur le plan financier ».

Le chef du parlement vénézuélien Juan Guaido, qu’une cinquantaine de pays ont reconnu comme président intérimaire, a appelé ce week-end à « envisager toutes les éventualités » contre Nicolas Maduro, dont ses adversaires jugent la réélection frauduleuse.

Le Groupe de Lima, composé de 13 pays latino-américaines et du Canada, a été créé en 2017 pour promouvoir une issue à la crise dans laquelle s’enfonce l’ancienne puissance pétrolière vénézuélienne. Il n’a pas reconnu le deuxième mandat de Maduro, entamé le 10 janvier.