Le deuxième navire de soutien interarmées aura du retard !

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L'Astérix lors de son voyage inaugural de Québec à Halifax le 25 décembre 2017. (Archives/Groupe CNW/Chantier Davie Canada Inc.)
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Heureusement, l’Astérix est là! (Archives/Chantier Davie Canada Inc.)

Des modifications dans la séquence de construction des navires, dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale, aura pour conséquence de retarder la construction et la livraison du deuxième et dernier navire de soutien interarmées.

C’est le chantier naval de Seaspan (Colombie-Britannique) qui doit construire les deux navires de soutien interarmées de classe Protecteur.

La coupe de l’acier du premier navire a eu lieu en juin 2018 et la livraison du Protecteur est prévu pour 2022-2023.

Or, Seaspan n’enchaînera pas avec le deuxième NSI, mais avec un navire hauturier de recherches océanographiques pour la Garde côtière canadienne.

Dans une déclaration envoyée par courriel à 45eNord.ca, Services Publics et Approvisionnement Canada dit que «compte tenu de la complexité des travaux, cette nouvelle séquence de construction va permettre de consacrer des ressources en génie à chacun des projets, tout en dégageant du temps pour l’intégration des leçons apprises entre l’achèvement du premier NSI et le début de la construction du deuxième».

Ce changement dans le calendrier de construction doit permettre aussi la
«poursuite des travaux sans interruption au chantier naval, réduisant ainsi le risque de mises à pied et de vides de production entre les périodes de travaux».

En interview pour 45eNord.ca, Frédérik Boisvert, vice-président affaires publiques à Chantier Davie Canada, a dit être «profondément troublé par cette annonce. Douze milliards $ en contrats… on récompense un chantier qui ne livre pas la marchandise !», a-t-il dit.

M. Boisvert rappelle que depuis la reprise de Chantier Davie Canada en 2012, «tous les contrats fédéraux se sont faits dans les temps et dans les budgets». Il note par ailleurs que Seaspan et Irving Shipbuilding ne peuvent livrer qu’un seul navire à la fois, alors que 50% de la capacité de production est à Québec et est oubliée de la Stratégie nationale de construction navale.

«Le Québec doit être inclut dans la stratégie. Le gouvernement rate une occasion de raviver l’industrie canadienne de construction navale alors que c’était le but même de cette stratégie».

Si Davie semble faire une croix sur la possibilité d’un deuxième navire intérimaire, comme l’Astérix, pour la Marine royale canadienne, M. Boisvert indique que le chantier québécois serait tout à fait en mesure d’épauler Irving et Seaspan en construisant des modules de navires, qu’il pourrait ensuite livrer aux deux chantiers sur les côtes est et ouest.

L’Astérix est d’ailleurs un bon exemple du travail accompli par Davie, puisque le navire qui devait en 2018, pour sa première année complète, effectuer une centaine de jours de sorties en mer en a en réalité fait près de 300 !

Services publics et approvisionnements Canada ne précise pas de combien sera ainsi retardé la construction et la livraison du deuxième navire de soutien interarmées, indiquant seulement que «d’autres détails sur le calendrier des projets seront fournis au cours des prochains mois». 

Il faut dire que les retards accumulés dans ce projet sont nombreux puisque le premier navire devait à l’origine être livré… en 2017, avant d’être repoussé en 2019, puis 2022 et maintenant 2022-2023, avec une entrée en service au cours de l’année 2023.

Seaspan a cependant octroyé aujourd’hui même un contrat de 118 millions $ à Lockheed Martin Canada pour que l’entreprise fournisse un système de gestion de combat CMS 330 pour les navires de soutien interarmées.

Mais quand arrivera le deuxième navire ? Mystère ! Mais si Seaspan livre dans les temps son premier navire, puis prend deux ans (tel que prévu) pour construire celui de la Garde côtière canadienne… il faudra compter pour une livraison sans nul doute à la fin des années 2020 !