États-Unis et Canada à l’heure des choix pour le futur du NORAD (VIDÉO)

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Discours du général américain Terrence O'Shaughnessy, commandant du NORAD et du USNORTHCOM, lors de la Conférence sur la Défense et la Sécurité, à Ottawa, le 12 février 2019. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le commandant du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (plus connu sous son acronyme anglais NORAD) avance qu’il est temps pour le Canada et les États-Unis de faire des choix pour assurer la protection du continent.

Le général américain Terrence O’Shaugnessy, qui était de passage à Ottawa mardi pour la Conférence sur la Défense et la Sécurité, estime que les deux pays sont «à risque d’une manière que nous n’avons pas vu depuis des décennies», faisant notamment référence à la Russie qui a décidé récemment de reprendre ses patrouilles au Pôle Nord pour la première fois en 30 ans, sans compter les observations/interceptions de bombardiers russes à la limite de l’espace aérien nord-américain, dont la dernière incursion remonte à il y a à peine quelques semaines et de la rénovation de plusieurs bases militaires dans l’arctique.

Les autres risques que le général a souligné sont les missiles hypersoniques et les missiles de croisières nucléaires développés par la Russie et qui sont très difficiles à détecter et intercepter.

C’est pourquoi le Canada et les États-Unis devraient sérieusement songer au futur du Système d’alerte du Nord dans l’Arctique, selon le général O’Shaugnessy.

Au Canada, le Système d’alerte du Nord est constitué d’une chaîne de stations radars sans personnel qui assurent la surveillance de l’espace aérien, détectent les menaces possibles dans l’espace aérien de l’Amérique du Nord et réagissent rapidement à celles-ci.

Les sites qui font partie du Système d’alerte du Nord ont été construits entre 1986 et 1992 afin de remplacer le réseau d’alerte avancé (réseau DEW) qui avait été installé au cours des années 1950.

Le coût du Système d’alerte du Nord est partagé le Canada et les États-Unis dans un rapport de 40% et 60%, respectivement.

Lors d’une interview avec 45eNord.ca en décembre dernier, le commandant de l’Aviation royale canadienne, le lieutenant-général Al Meinzinger estimait que l’avenir du Système d’alerte du Nord passerait non par un réseau terrestre au sol, mais par «probablement un système des systèmes», c’est à dire un mélange de capacités terrestres, aériennes et spatiales.

Mais le temps presse puisque le réseau a une trentaine d’années actuellement et que les discussions entre les officiels canadiens et américains à ce sujet continuent sans déboucher sur du concret.

Le commandant du NORAD met en garde justement contre le piège de la «paralysie par l’analyse», alors que les États-Unis et le Canada sont confrontés à «un environnement de sécurité internationale plus concurrentiel et dangereux aujourd’hui, qu’il ne l’était il y a plusieurs générations».

Le Canada ne fait d’ailleurs pas partie du système de défense antimissile américain. Plusieurs experts estiment depuis longtemps que le pays devrait rejoindre le programme américain.

En juin 2014, le lieutenant-général Alain Parent (alors commandant-adjoint du NORAD et désormais à la retraite) évoquait le fait que si une interception de missiles devait avoir lieu, il serait obligé de «quitter la pièce», puisque le Canada n’est pas partenaire du programme de défense antimissiles.

Les discussions doivent donc aboutir vite et bien pour améliorer la protection de l’Amérique du Nord !