Pompeo accuse Poutine de menacer les démocraties du monde entier

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Le secrétaire d'État américain Michael R. Pompeo et le ministre slovaque des Affaires étrangères, Miroslav Lajcak, posent pour une photo devant le buste du président Woodrow Wilson à Bratislava, en Slovaquie, le 12 février 2019. [Photo du département d'État par Ron Przysucha ]
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Le secrétaire d’État américain Michael R. Pompeo et le ministre slovaque des Affaires étrangères, Miroslav Lajcak, posent pour une photo devant le buste du président Woodrow Wilson à Bratislava, en Slovaquie, le 12 février 2019. [Photo du département d’État par Ron Przysucha ]
Le président russe Vladimir Poutine représente une menace pour les démocraties, a estimé mardi le secrétaire d’État américain Mike Pompeo à son arrivée en Slovaquie, une des étapes de sa mini-tournée en Europe centrale pour contrer l’influence croissante de la Russie et de la Chine.

«Vladimir Poutine est déterminé à saper les démocraties à travers le monde, ne vous y trompez pas ! Nous devrions être très francs à ce sujet», a affirmé Mike Pompeo à des étudiants en journalisme à Bratislava.

Il a ensuite mis en garde les Slovaques sur «la nécessité de se prémunir contre les moyens économiques et autres déployés par la Chine pour créer une dépendance et manipuler (leur) système politique».

Cherchant à mettre en évidence le rôle des États-Unis dans la chute du communisme, quand la Russie obtient un auditoire grandissant dans l’ancien bloc de l’Est, M. Pompeo a déclaré au président slovaque Andrej Kiska que cela faisait «trop longtemps que l’Amérique n’a(vait) pas été profondément engagée ici», une allusion au fait que sa visite était la première d’un chef de la diplomatie américaine en Slovaquie en 14 ans.  

M. Pompeo s’est également entretenu avec cinq anciens prisonniers politiques du régime communiste devant un mémorial appelé la Porte de la liberté, à la frontière avec l’Autriche, où 400 personnes ont été tuées de 1945 à 1989 dans des tentatives de passer de l’autre côté du rideau de fer.  

«Là où se trouvaient des fils de fer barbelés et des gardes armés, les gens, les biens et les informations se croisent librement aujourd’hui», s’est félicité M. Pompeo.  

«Les États-Unis sont restés aux côtés du peuple slovaque en tant qu’amis et partenaires […] au cours des 30 dernières années et nous continuerons de le soutenir pendant les décennies à venir», a-t-il promis.  

« Influence déstabilisatrice »

Le président slovaque a quant à lui souligné que les États-Unis étaient «un partenaire et allié important»

Les États-Unis s’inquiètent notamment de la dépendance énergétique des pays européens à l’égard de la Russie.

Lundi, en Hongrie, pays parmi les plus prorusses de l’UE, le secrétaire d’État américain a fait part au premier ministre Viktor Orban de ses inquiétudes face au développement rapide des relations politiques et économiques de ce pays avec Moscou et Pékin.

M. Pompeo a notamment évoqué le récent accord avec le géant chinois des télécommunications Huawei pour le réseau 5G en Hongrie. Huawei suscite une inquiétude croissante des Occidentaux quant à de possibles velléités d’espionnage au profit de Pékin.

Selon un haut responsable américain, Mike Pompeo doit transmettre un message similaire en Slovaquie, très dépendante de la Russie pour ses importations d’énergie.

«L’objectif général que vous pouvez voir en Europe centrale est analogue à celui de notre stratégie en Asie-Pacifique», a expliqué ce responsable. «Il s’agit de souligner, dans des domaines vulnérables où nos rivaux, les Chinois et les Russes, gagnent du terrain, que nous voulons accroître notre engagement diplomatique, militaire et culturel».

Les États-Unis cherchent aussi à davantage soutenir des médias indépendants dans la région, a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie hongroise Peter Szijjarto a fait bon accueil à la proposition de liens renforcés avec Washington, tout en protestant contre les critiques américaines envers les relations de son pays avec la Russie et la Chine qualifiées d’«énorme hypocrisie» puisque les Occidentaux commercent avec Moscou notamment dans le secteur de l’énergie.

M. Pompeo s’est rendu ensuite en Pologne, où se déroule mercredi et jeudi une conférence internationale destinée à «promouvoir un avenir de paix et de sécurité au Moyen-Orient». À l’origine elle devait porter sur «l’influence déstabilisatrice» de l’Iran au Moyen-Orient, mais l’initiative américaine n’avait pas déchaîné l’enthousiasme, conduisant Washington et Varsovie à élargir l’agenda à la stabilité au Moyen-Orient.