Un rapport, un mea culpa et une nouvelle phase pour l’Opération HONOUR

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Mise sur pied du Groupe de transition des Forces armées canadiennes, à Ottawa, le 10 décembre 2018. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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(Archives/FAC)

Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, sans tambours ni trompettes, les Forces armées canadiennes reconnaissent qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour éliminer les comportements sexuels inappropriés en leurs seins.

D’emblée, les Forces disent reconnaître qu’elles sont « tenues à des normes plus élevées que presque toute autre organisation en raison de leur mission de défendre la nation et ses valeurs ». De plus, « elles ne peuvent défendre ces valeurs si elles ne les incarnent pas sans réserve et de façon inébranlable dans quelque environnement ou situation que ce soit ».

Le quatrième rapport d’étape sur la lutte contre l’inconduite sexuelle rappelle avant tout le chemin parcouru depuis les années 90, puis depuis le dépôt en 2015 du rapport de l’ex-juge de la Cour suprême Marie Deschamps.

Les Forces estiment dans le rapport que les activités de sensibilisation, la prise en charge des victimes de même que le traitement et le jugement des plaintes par la justice militaire se sont améliorés grâce à l’implantation de l’Opération HONOUR.

En interview pour 45eNord.ca, la commodore Rebecca Patterson, directrice générale de l’Équipe d’intervention stratégique des Forces armées canadiennes sur l’inconduite sexuelle, a reconnu que les Forces armées canadiennes « n’ont pas toujours tout compris ».

Au cours des prochains mois les Forces armées canadiennes travailleront à élaborer une stratégie globale et un plan stratégique pour faire évoluer la culture professionnelle de l’organisation, que la juge Deschamps estimait « hostile aux femmes ».

Un des points dont il était clair dès le début qui n’était pas mis de l’avant dans l’opération était le soutien aux victimes – l’Opération étant jusqu’à maintenant beaucoup plus centrée sur l’agresseur et son jugement.

Le bureau du Vérificateur général du Canada avait d’ailleurs vertement critiqué l’institution fédérale de ne pas en faire assez pour les victimes.

Dans le rapport publié aujourd’hui, les Forces disent qu’en ce qui ­ »concerne l’obligation des membres des FAC de signaler les incidents d’inconduite sexuelle, les FAC procéderont à l’actualisation des directives et des orientations pour clarifier les obligations des membres des FAC ».

Même s’il semble que le nombre d’incidents de nature sexuelles soit en baisse constante depuis 2016, le rapport met en évidence qu’un « pourcentage substantiel des incidents d’inconduite sexuelle […] ont eu lieu au mess, à l’unité dans le cadre du travail ou pendant une activité sanctionnée ».

De plus, pas moins de 74 militaires coupables d’inconduite sexuelle ont été libérés des FAC entre août 2015 et septembre 2018, dont 30 sur la seule année 2017-2018.

« Nous redoublerons d’efforts pour élaborer une réponse à long terme et coordonnée, dotée de ressources accès sur le renforcement du soutien aux victimes et sur le changement de culture », promet toutefois la commodore Patterson.