Les talibans réclament une «constitution islamique» en Afghanistan

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La délégation des talibans afghans dirigée par Sher Mohammad Abbas Stanikzai (extrême gauche première rangée) à Moscou pour des pourparlers de paix sous l'égide du Kremlin le 5 février. (Twitter @THEGUERRILLApk)
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La délégation des talibans afghans dirigée par Sher Mohammad Abbas Stanikzai (extrême gauche première rangée) à Moscou pour des pourparlers de paix sous l’égide du Kremlin le 5 février. (Twitter @THEGUERRILLApk)

Les talibans exigent une nouvelle « constitution islamique » pour l’Afghanistan et appellent à la formation d’un « système islamique inclusif » pour diriger le pays, a indiqué l’un de leurs représentants lors d’une réunion mardi à Moscou diffusée à la télévision afghane.

« La constitution actuelle du gouvernement de Kaboul est invalide parce qu’elle a été copiée de l’Ouest. […] Elle est vague et contradictoire. C’est aussi un obstacle à la paix », a déclaré Sher Mohammad Abbas Stanikzai, chef du bureau politique que possèdent les talibans au Qatar.

« La nouvelle constitution sera rédigée dans un environnement libre par les oulémas (dignitaires religieux) et des universitaires. Nous voulons une constitution islamique », a-t-il ajouté.

Cette demande, qui figure parmi une longue liste de requêtes des talibans, a été annoncée lors d’une réunion à Moscou entre des représentants des rebelles et des membres de l’opposition au gouvernement de Kaboul.

Les talibans, qui ont mené des pourparlers avec les États-Unis à Doha fin janvier, ont toujours refusé de discuter avec les autorités afghanes, de facto exclues jusqu’ici des pourparlers.

Les insurgés, qui ont gouverné l’Afghanistan selon une interprétation radicale de la charia entre 1996 et 2001, « ne veulent pas le monopole du pouvoir mais un système islamique inclusif », a affirmé M. Stanikzai, qui a également demandé que « l’ONU, l’OCI (Organisation de la coopération islamique) et les pays hôtes fournissent des garanties quant au résultat des pourparlers de paix ».

« Nous ne permettrons à personne d’utiliser le sol afghan contre quiconque », a lancé le représentant taliban, reprenant la demande première des États-Unis, qui est que l’Afghanistan ne soit plus utilisé comme base arrière terroriste.

Il a également promis d’éradiquer la culture du pavot en Afghanistan, qui produit 90 % de l’opium mondial, et de prendre des mesures pour prévenir les pertes civiles dans un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et de blessés. Les organisations humanitaires seront, selon lui, invitées à pénétrer « sans risque » sur les territoires afghans contrôlés par les talibans.

Parmi la délégation afghane figurait notamment deux femmes et l’ex-président afghan Hamid Karzaï.

Des images de M. Karzaï et d’autres dirigeants afghans assistant à la prière dirigée par une figure talibane ont suscité la colère sur les réseaux sociaux afghans.

« Si vous pouvez manger ensemble, rire et prier ensemble, vous serrer dans vos bras, pourquoi tuez-vous encore des Afghans innocents ? », s’est offusqué un utilisateur de Facebook.