L’Aviation royale canadienne n’a pas pu honorer ses engagements envers l’OTAN et le NORAD

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Un CF-18 Hornet, en Norvège, durant Trident Juncture, le 26 octobre 2018 (Caporal Bryan Carter, 4 Wing Imaging)
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Un CF-18 Hornet, en Norvège, durant l’exercice de l’OTAN, Trident Juncture, le 26 octobre 2018 (Archives/Caporal Bryan Carter, 4 Wing Imaging)

Un rapport du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes, présenté aujourd’hui par le président du Comité, Kevin Sorenson, révèle qu’il n’y avait pas suffisamment d’avions de combat CF-18 Hornet pour remplir les engagements du Canada envers l’OTAN et le NORAD.

En 2016, le gouvernement du Canada a demandé à la Défense nationale d’avoir un nombre suffisant d’appareils de combat disponibles pour remplir en même temps les engagements du Canada envers le NORAD et l’OTAN. Pour y parvenir, il était nécessaire d’augmenter le nombre d’appareils de combat disponibles au moment même où l’Aviation royale canadienne faisait déjà face à une pénurie croissante de pilotes et de techniciens formés et expérimentés et au vieillissement de sa flotte.

Or, à l’automne 2018, le Bureau du vérificateur général du Canada a publié un rapport qui visait à déterminer si la Défense nationale gérait les risques liés à la flotte des avions de chasse du Canada de manière à pouvoir respecter les engagements du pays auprès du NORAD et de l’OTAN jusqu’à ce qu’une flotte de remplacement soit opérationnelle.

L’audit a révélé que le vieillissement de la flotte d’appareils de combat et les pénuries croissantes de personnel représentent des défis de taille, et que la solution proposée par le gouvernement, soit l’achat d’aéronefs provisoires, n’aidera pas à relever ces défis.

En outre, l’audit a montré que la Défense nationale n’avait pas amélioré de manière notable la capacité de combat des CF 18 — les seuls appareils de combat du Canada utilisés dans le cadre d’opérations militaires — depuis 2008. Une des raisons était que le Ministère prévoyait d’avoir remplacé la flotte d’ici 2020.

Le Comité des comptes publics de la Chambre des communes conclut donc que le ministère de la Défense nationale n’a pas pris les mesures nécessaires pour gérer les risques liés à la flotte d’avions de chasse afin de respecter ses engagements envers le NORAD et l’OTAN jusqu’à ce qu’une flotte de remplacement soit en place.

Cependant, il reconnaît que cela est en partie attribuable à des facteurs hors du contrôle du Ministère, notamment l’incertitude entourant l’acquisition d’une flotte de chasseurs de remplacement et les exigences opérationnelles accrues.

Afin de répondre à ces préoccupations, le Comité a formulé deux recommandations permettant au Ministère de s’attaquer à ces difficultés rapidement.

La première est que d’ici le 30 juin, la Défense nationale présente au Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes un rapport énonçant les progrès réalisés concernant les stratégies de recrutement et de maintien en poste des techniciens et des pilotes de la force de chasse visant à respecter les exigences opérationnelles et à préparer la transition et le remplacement de la flotte. Les membres du Comité demandent également que le Ministère leur fournisse des rapports d’étape chaque année jusqu’à ce que la capacité opérationnelle initiale des futurs avions de chasse soit atteinte.

Deuxièmement, que, d’ici le 30 juin, la Défense nationale présente un rapport sur les progrès réalisés relativement à l’évaluation des mises à niveau requises pour rendre les CF-18 pertinents sur le plan opérationnel jusqu’en 2032 et à la détermination de celles qui seront mises en œuvre, s’il y a lieu. Le Comité demande aussi que le Ministère lui fournisse un rapport d’étape chaque année par la suite d’ici 2032.

En attendant, le 16 février dernier, l’Aviation royale canadienne a pris possession de ses deux premiers chasseurs australiens à Cold Lake, en Alberta.

La prochaine étape pour la flotte définitive est l’invitation à soumissionner officielle, qui sera transmise aux fournisseurs admissibles ce printemps.