Un Chinook canadien au Mali évacue des soldats français blessés

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Des membres de l'équipe de patrouille à long rayon d'action hollandaise chargent une victime simulée sur un hélicoptère CH147 Chinook canadien lors d'un exercice d'évacuation médicale à l'appui de l'opération PRESENCE - Mali autour de Gao, au Mali, le 31 juillet 2018. (Archives/Cplc Jennifer Kusche/Forces canadiennes/Caméra de combat)
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À bord d’un hélicoptère Chinook, lors d’une simulation d’évacuation, le 19 octobre 2018. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Les Casques bleus canadiens de l’Opération PRÉSENCE-MALI ont aidé à l’évacuation de blessés français plus tôt ce mois-ci après que ceux-ci aient subi une embuscade par des combattants armés.

Même s’il s’agissait de leur huitième évacuation aéromédicale, c’est la première fois depuis le début de la mission au Mali en juillet 2018 que les Casques bleus canadiens évacuent des forces n’appartenant pas à la mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA).

Plus de 500 militaires français, 120 militaires de forces armées maliennes, et 130 militaires des forces armées nigériennes conduisent des opérations de contrôles de zone près de la frontière entre le Mali et le Niger. Leur finalité est de déloger les groupes armés terroristes de leurs zones refuges et de contester les zones dans lesquelles ils peuvent chercher à se réimplanter.

Les forces armées françaises de l’Opération BARKHANE ont donc été prises à partie dans la région d’Akabar, au sud Est du Mali, par des combattants armés.

Dans l’après-midi du 10 mars, un véhicule suicide a été lancé contre un détachement temporaire des forces françaises de l’opération Barkhane. Le véhicule a tenté de forcer le dispositif du détachement, mais les militaires ont ouvert le feu et stoppé le véhicule qui à détonné à une trentaine de mètre de sa cible.

Une quinzaine de combattants à motos a également ouvert le feu contre le détachement.

L’état-major français a estimé que «la rapidité et la vigueur de la réaction du détachement français, avec notamment le show of presence d’une patrouille de Mirage 2000 ont contraint les assaillants à prendre la fuite».

Le bilan actualisé de cette attaque est le suivant : Quatre militaires français ont été blessés. Deux d’entre eux ont nécessité des soins qui ont conduit à une évacuation vers la métropole le jour même, après une prise en charge sur place par les services médicaux de la force Barkhane. Les deux autres ont des blessures plus légères et ont été rapatriés dans la semaine.

La Force opérationnelle canadienne au Mali a répondu à la demande de la France concernant une aide à l’évacuation aéromédicale à la suite de cet attentat.

Il s’agissait d’une situation extrêmement difficile et le Canada n’a mis ses ressources à l’appui de l’opération BARKHANE qu’en dernier recours, puisque la priorité reste le soutien à la MINUSMA.

Toutefois, le commandant de la mission onusienne a donné son feu vert et un hélicoptère CH-147F Chinook et deux hélicoptères CH-146 Griffon se sont alors déployés.

«Notre offre de soins critiques de pointe a permis de sauver la vie de membres d’un pays allié menant des opérations à proximité de nous et est justifiée par des accords techniques entre le Canada, la France et les Nations Unies», a indiqué le Capitaine Josh Brighton, porte-parole de la force opérationnelle Mali.

Le détachement canadien a transporté les deux blessés d’Akabar vers Gao, permettant leur prise en charge rapide par les équipes médicales de Barkhane. Dans un courriel envoyé à 45eNord.ca, l’État-major des Armées estime que ce soutien «illustre la complémentarité de Barkhane et de la MINUSMA sur le terrain. Barkhane appuie par ailleurs régulièrement la MINUSMA, en contribuant à des évacuations médicales et à la prise en charge de blessés, ou en faisant intervenir des patrouilles de Mirage 2000».