Merkel refuse de sacrifier l’aide au développement pour les dépenses militaires

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La chancelière allemande Angela Merkel. (Archive/Yves Herman/AFP)
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La chancelière allemande Angela Merkel. (Archive/Yves Herman/AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel a insisté mardi sur le fait que l’Allemagne n’allait pas sacrifier l’aide au développement pour augmenter ses dépenses militaires, balayant de nouvelles critiques américaines sur son budget défense.

«Nous allons poursuivre notre effort (en matière de dépense militaire) mais pas si ça en coûte à l’aide au développement», a-t-elle dit lors du forum Global Solutions à Berlin.

«Que le président américain juge cela insuffisant (les montants alloués à la défense allemande), je peux le comprendre. Beaucoup de partenaires européens jugent aussi cela insuffisant», a-t-elle ajouté.

Un peu plus tôt, l’ambassadeur des États-Unis à Berlin, Richard Grenell avait jugé «inquiétant» que le gouvernement allemand travaille à revoir à la baisse le niveau «déjà inacceptable» de ses dépenses militaires.

Berlin, comme tous les membres européens de l’OTAN, a promis en 2014 de se rapprocher le plus possible en 10 ans d’un budget de défense représentant 2% du PIB. L’Allemagne s’est fixé un objectif de 1,5% en 2025.

Or cette part va passer de 1,37% en 2020 à 1,25% en 2023 (1,29% en 2022), selon la planification budgétaire 2019-2023.  

L’Allemagne argumente depuis longtemps que l’aide au développement est un facteur important pour assurer la sécurité et la stabilité à l’international, et que les dépenses militaires ne doivent pas être les seules à être prises en compte.  

Mais l’impatience de Donald Trump sur le sujet a nourri les craintes d’une réduction de l’engagement américain au sein de l’OTAN.

La classe politique allemande s’est emportée mardi contre les critiques américaines du jour, Carsten Schneider, un responsable social-démocrate membre de la coalition de Mme Merkel, qualifiant l’ambassadeur Grenell de «naufrage diplomatique», selon l’agence DPA.

Un des dirigeants du parti libéral (FDP, opposition) a appelé le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas à déclarer «persona non grata» l’ambassadeur, un proche de Donald Trump, car il se comporte en «haut-commissaire d’une force d’occupation».

Les États-Unis ont dépensé en 2018 près de 650 milliards de dollars en matière de défense, contre 250 milliards pour tous les pays européens de l’OTAN, selon une étude publiée en février par l’Institut international d’études stratégiques (IISS, International Institute for Strategic Studies).  

L’augmentation du budget américain de 2017 à 2018-environ 45 milliards de dollars-représente presque l’équivalent du budget total de défense de l’Allemagne, selon la même source.