Vaste enquête sur la montée de l’extrême droite, des groupes suprémacistes et des néo-nazis

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Barbara Perry, directrice du Centre sur la haine, les préjugés et l'extrémisme à l'Institut universitaire de technologie de l'Ontario, estime qu'il y a désormais 300 groupes et groupuscules de la droite identitaire au pays, si l'on compte les différentes sections locales d'organisations comme La Meute, Soldiers of Odin, PEGIDA. (Archives/45eNord.ca)
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Barbara Perry, directrice du Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme à l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario, estime qu’il y a désormais 300 groupes et groupuscules de la droite identitaire au pays, si l’on compte les différentes sections locales d’organisations comme La Meute, Soldiers of Odin, PEGIDA. (Archives/45eNord.ca)
La secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Karen McCrimmon, a annoncé aujourd’hui le financement d’un aperçu complet et à jour du mouvement d’extrême droite au Canada.

Le gouvernement du Canada s’efforce constamment de protéger les familles et les collectivités canadiennes contre le terrorisme et l’extrémisme violent, souligne le communiqué qui annonce cette étude, ajoutant qu’il est essentiel de mieux comprendre l’extrémisme pour prévenir la radicalisation menant à la violence avant que des tragédies ne surviennent.

Dans son dernier rapport, le SCRS note : « On a remarqué une augmentation des rapports d’incidents haineux aux services policiers au Canada, ce qui signifie qu’il y a toujours une possibilité que l’extrême droite se manifeste de façon violente à l’avenir. »


Rapport public 2017 sur la menace terroriste: le niveau demeure le même, mais les formes évoluent /45eNord.ca/21 décembre 2017
Une étude novatrice qui examinera aussi le contenu en ligne

L’Institut universitaire de technologie de l’Ontario recevra 366 985 $ sur trois ans du gouvernement du Canada pour examiner le mouvement d’extrême droite au moyen d’entrevues avec des organismes d’application de la loi, des militants contre la haine locaux et des extrémistes anciens et actuels. De concert avec l’Institute for Strategic Dialogue à Londres, au Royaume-Uni, l’université mènera également une analyse novatrice du contenu en ligne et de la couverture médiatique, ce qui éclairera les interventions locales concernant les discours et les crimes haineux.

De gauche à droite: Steven Murphy, président et vice-chancelier de l’Institut de technologie de l’Université de l’Ontario; Karen McCrimmon, secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile; Barbara Perry, professeure à la Faculté des sciences sociales et humaines (FSSH); Peter Stoett, doyen de la FSSH le 6 mars 2019. (UOIT)

Le résultat sera une enquête nationale à jour sur les croyances, les motivations, les activités et les liens qui caractérisent l’extrémisme de droite au Canada, ce qui aidera les organismes d’application de la loi, les organismes de renseignement, les décideurs et les organismes communautaires à s’attaquer aux problèmes associés à ce type d’extrémisme, y compris les crimes haineux et la promotion de la haine et de la peur à l’échelle locale et sur Internet.

Citations

« La tâche la plus importante d’un gouvernement est d’assurer la sécurité de ses citoyens. Daech et Al-Qaïda ne sont pas les seules sources de violence extrémiste dangereuse. On s’inquiète de plus en plus de l’extrême droite, par exemple les suprémacistes blancs et les néonazis qui alimentent l’antisémitisme violent. Il est essentiel de comprendre les facteurs qui mènent à la haine et à l’intolérance, y compris la façon dont l’extrême droite peut inspirer le meurtre de six citoyens canadiens près de Québec et la façon dont elle peut alimenter la violence misogyne, comme l’attaque brutale de fourgonnette sur la rue Yonge à Toronto. En travaillant avec des experts canadiens et internationaux pour approfondir notre compréhension de ces questions, nous pouvons prévenir ces tragédies. La diversité de notre pays est notre force, et les membres de toutes les collectivités doivent se sentir en sécurité au Canada. »

– Karen McCrimmon, secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile

« Grâce au soutien du Fonds pour la résilience communautaire, notre projet permettra de recueillir des renseignements cruciaux sur la dynamique contemporaine de l’extrême droite au Canada. Le paysage au Canada a changé radicalement depuis la publication de la première étude en 2015. Depuis, le nombre de groupes et de membres d’extrême droite semblent avoir augmenté et ils sont plus visibles. Cette tendance inquiétante crée un environnement hostile et effrayant pour certaines communautés. Le projet aidera à identifier les vulnérabilités qui peuvent être exploitées pour affaiblir le mouvement. »

– Madame Barbara Perry, Ph. D., professeure, Faculté des sciences sociales et humaines de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario

Faits en bref
  • L’extrême droite est généralement motivée par l’hostilité à l’égard de différents groupes, y compris les minorités raciales, les minorités religieuses et les immigrants. Le mouvement appuie également un large éventail d’enjeux et de griefs, y compris des sentiments antigouvernementaux  et anti-policiers.
  • La radicalisation menant à la violence se produit lorsqu’une personne ou un groupe adopte des croyances extrémistes qui l’amènent à promouvoir la violence et, possiblement, à participer à des activités terroristes.
  • Le nombre de crimes haineux a augmenté de 47 % en 2017, selon Statistique Canada. Cette année-là, 2073 crimes haineux ont été rapportés par les autorités, le nombre le plus élevé depuis que ces données ont commencé à être compilées, en 2009.
  • Pour examiner la dynamique de l’extrême droite en ligne au Canada, l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario collaborera avec l’Institute for Strategic Dialogue, un organisme indépendant de Londres, au Royaume-Uni, qui se spécialise dans la compréhension et la lutte contre l’extrémisme violent et la polarisation.
  • Le Fonds pour la résilience communautaire est dirigé par le Centre canadien d’engagement communautaire et de prévention de la violence et constitue un outil important pour appuyer les partenariats et l’innovation dans la lutte contre la radicalisation menant à la violence au Canada sous toutes ses formes, y compris l’extrémisme de droite.
  • Le Centre canadien dirige les efforts du gouvernement du Canada pour contrer la radicalisation menant à la violence et travaille avec tous les ordres de gouvernement, les organismes sans but lucratif, les collectivités, les jeunes, les praticiens de première ligne, le milieu universitaire, les organismes d’application de la loi et les organisations internationales.

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