Le Pakistan dit avoir empêché l’entrée d’un sous-marin indien dans ses eaux

La marine pakistanaise a publié une vidéo de ce qu'elle affirme être un sous-marin indien, les images en noir et blanc ne laissant voir qu'un périscope au-dessus de l'eau. ( Marine pakistanaise)
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La marine pakistanaise a publié une vidéo de ce qu’elle affirme être un sous-marin indien, les images en noir et blanc ne laissant voir qu’un périscope au-dessus de l’eau. ( Marine pakistanaise)
La marine pakistanaise a annoncé mardi avoir empêché un sous-marin indien d’entrer dans ses « eaux territoriales », alors que les tensions continuent d’être vives entre les deux pays rivaux dotés de l’arme nucléaire.

Dans un communiqué, un porte-parole de la marine pakistanaise a indiqué que le sous-marin indien n’avait pas fait l’objet de tirs de représailles, « conformément à la politique de maintien de la paix menée par le gouvernement ».  

C’est le premier incident de ce genre depuis 2016, lorsque le Pakistan avait déclaré avoir « repoussé » un sous-marin indien loin des eaux pakistanaises.

La marine pakistanaise a ensuite déclaré dans un communiqué avoir détecté le bâtiment indien dans sa zone maritime, ou zone économique exclusive élargie, de 200 milles nautiques (370 kilomètres), sans plus de détails.

Elle a également publié une vidéo de mauvaise qualité de ce qu’elle affirme être le sous-marin, des images en noir et blanc ne laissant voir qu’un périscope au-dessus de l’eau.

Une indication horaire sur ce clip indique la date de lundi à 20 h 35.

La marine indienne reste déployée « autant que nécessaire », a tweeté son porte-parole mardi, dénonçant « la propagande » et « la désinformation » du Pakistan.

Une source gouvernementale indienne a également rejeté la vidéo. « Pourquoi un sous-marin dans les eaux pakistanaises aurait-il sorti son périscope ? » a-t-elle ironisé.

Cette annonce survient après deux semaines de tensions entre les deux pays voisins au sujet du territoire contesté du Cachemire, faisant craindre un nouveau conflit. La communauté internationale a expressément appelé les parties à la retenue.

Les hostilités avaient débuté le 14 février lorsqu’un attentat-suicide dans le Cachemire indien, revendiqué par Jaish-e-Mohammed (JeM), un groupe extrémiste basé au Pakistan, avait provoqué la mort de plus de 40 paramilitaires indiens.

En représailles, l’aviation indienne avait déclaré le 26 février avoir bombardé un camp du JeM dans le nord du Pakistan, tuant de nombreux « terroristes », ce qu’Islamabad nie.

Plusieurs médias, dont l’AFP, ont constaté sur les lieux de la frappe que celle-ci avait touché une forêt, sans constructions proches. D’après des villageois, seule une personne a été blessée.

Islamabad avait ensuite affirmé avoir abattu deux avions indiens et capturé un pilote, tandis que New Delhi faisait état de la destruction d’un chasseur pakistanais, ce qu’Islamabad nie également.

Cette poussée de fièvre a fait craindre un nouveau conflit entre les deux puissances nucléaires, qui se sont déjà livré trois guerres. Mais la libération vendredi du pilote indien a apaisé les tensions.  

Les soldats pakistanais et indiens ont cependant continué à échanger des tirs d’artillerie et de mortier au-dessus de la ligne de contrôle, la frontière de facto au Cachemire, tuant plusieurs civils des deux côtés.

Selon des informations non vérifiées parues lundi dans les médias indiens, un drone militaire pakistanais qui s’était égaré de l’autre côté de la frontière aurait été abattu.

Le Cachemire est divisé entre l’Inde et le Pakistan depuis la fin du régime colonial britannique en 1947. Tous deux revendiquent le territoire himalayen dans son intégralité.