Séoul surveille de près Pyongyang en cas de tir de missile

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Image satellite captée le 22 février 2019 du complexe de recherche de Sanumdong, près de Pyongyang. (Digital Globe)
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Image satellite captée le 22 février 2019 du complexe de recherche de Sanumdong, près de Pyongyang. (Digital Globe)
L’armée sud-coréenne a annoncé lundi suivre de près des infrastructures balistiques et spatiales en Corée du Nord après des signes d’activité faisant craindre des préparatifs éventuels de tirs de missile ou de fusée.

L’armée sud-coréenne a annoncé lundi suivre de près des infrastructures balistiques et spatiales en Corée du Nord après des signes d’activité faisant craindre des préparatifs éventuels de tirs de missile ou de fusée.

L’analyse d’images satellites témoigne d’un regain d’activité sur deux sites nord-coréens, le centre de recherches balistiques de Samundong et le site d’essais de fusées de Sohae, également connu sous le nom de Tongchang-ri.  

Tout tir mettrait sérieusement à mal des négociations déjà difficiles entre les États-Unis et la Corée du Nord sur la dénucléarisation.

La Corée du Sud « suit de près et scrute toutes les activités et scénarios possibles, y compris un tir de missile » en étroite collaboration avec les États-Unis, a déclaré Kim Joon-rak, porte-parole du chef d’état-major interarmées.

Selon la radio publique américaine NPR, des images prises le 22 février – avant le deuxième sommet fin février entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump qui s’est soldé par un échec retentissant – montrent la présence de camions, wagons et grues dans le complexe de Samundong, proche de Pyongyang.

Des experts américains ont également fait état de signes d’activité à Sohae, sur la côte nord-ouest de la Corée du Nord. Le site sert officiellement à placer des satellites en orbite, mais les réacteurs peuvent aisément être adaptés aux missiles balistiques. La communauté internationale accuse le programme spatial nord-coréen d’être le paravent de ses programmes d’armements.

Le complexe de Samundong a été ouvert en 2012 pour accompagner le développement de missiles à longue portée et de lanceurs spatiaux.  

Des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) Hawsong-15, capables selon les spécialistes d’atteindre le territoire continental des États-Unis, ont été développés sur ce site. Celui-ci a également construit des fusées transportées à Sohae et lancées en 2012 et 2016.  

M. Kim avait promis de démanteler Sohae lors de son troisième sommet avec le président sud-coréen en septembre à Pyongyang.

Pour Lim Eul-chul, professeur d’études nord-coréennes à l’Université Kyungnam, ce regain d’activité est un message adressé par Pyongyang aux États-Unis après l’échec du sommet de Hanoï sur la dénucléarisation, qui a essentiellement buté sur la question des sanctions économiques infligées au Nord.

«La Corée du Nord pratique une nouvelle fois la diplomatie du précipice, comme elle l’a fait de nombreuses fois dans le passé», dit-il. Le Nord veut de nouveaux pourparlers avec les États-Unis, mais se trouver pour cela en « meilleure posture ».

Cheong Seong-Chang, chercheur à l’Institut Sejong, renchérit : «le Nord pourrait être en train d’essayer de montrer aux États-Unis qu’il peut redevenir agressif en reconstruisant ses sites balistiques […] sans pour autant tirer un missile ou une fusée». 

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, est resté prudent dimanche sur l’imminence d’un essai balistique nord-coréen tout en rappelant que Donald Trump serait « très déçu » si c’était le cas.