La Serbie commémore le 20e anniversaire des frappes de l’Otan

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Une banderole déployée le 22 mars 2019 à Belgrade commémore le 20e anniversaire des frappes aériennes de l'Otan qui ont contraint la Serbie à retirer ses troupes du Kosovo. (AFP)
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Une banderole déployée le 22 mars 2019 à Belgrade commémore le 20e anniversaire des frappes aériennes de l’Otan qui ont contraint la Serbie à retirer ses troupes du Kosovo. (AFP)
La Serbie commémore dimanche le 20e anniversaire des frappes aériennes de l’Otan qui avaient contraint en 1999 Belgrade à retirer ses troupes du Kosovo, mettant fin à un conflit qui a fait plus de 13.000 morts.

Des cérémonies commémorant le début d’une « agression de l’Otan » sont organisées dans plusieurs villes, notamment à Belgrade, à Nis (sud), à Novi Sad (nord) ou encore à Cacak (centre).

La principale commémoration, à laquelle participeront le président serbe Aleksandar Vucic et la Première ministre Ana Brnabic, commencera à 20H00 (19H00 GMT) à Nis par le retentissement d’une sirène d’alerte de défense anti-aérienne.

Ultranationaliste devenu centriste pro-Union européenne, M. Vucic a déclaré samedi que la Serbie n’avait pas peur d' »appeler les choses par leur juste nom », soulignant que les frappes étaient une « agression de l’Otan » contre son pays.

« Nous avons besoin d’une bonne et décente relation avec l’Otan, afin de ne conduire plus jamais la Serbie dans une telle position, mais il est également important de ne jamais oublier les crimes qu’ils ont commis contre notre peuple et nos enfants », a-t-il plaidé.

Son ministre de la Défense, Aleksandar Vulin, a souligné samedi que la « Serbie a choisi la neutralité militaire ». « Nous ne deviendront pas pays membre de l’Otan même si on reste le dernier pays d’Europe qui n’est pas membre de l’Alliance atlantique », a-t-il assuré.

Selon un récent sondage, 79% des Serbes sont contre une éventuelle adhésion de leur pays à l’Otan, contre seulement 10% qui y seraient favorables.

Toutefois, 43% des personnes interrogées estiment que le temps est venu de la réconciliation avec l’Otan, selon ce sondage réalisé début mars par l’Institut des affaires européennes, une ONG locale, cité par l’agence de presse serbe Beta.

Il y a vingt ans, le 24 mars 1999, l’Otan lançait une campagne de bombardements aériens contre la Yougoslavie, composée alors encore de la Serbie et du Monténégro, pour mettre fin à la répression des Kosovars albanais, une première contre un Etat souverain en 50 ans d’existence de l’Alliance atlantique.

L’Otan a visé des dizaines de cibles militaires, puis des infrastructures (ponts, intersections ferroviaires, réseau électrique). Mais ses bombes et missiles ont parfois manqué leur cible, en faisant des victimes civiles.

Le bilan des victimes civiles des onze semaines de bombardements n’a jamais été officiellement établi. Les chiffres vont de 500 morts, selon l’ONG Human Rights Watch, à 2.500 selon des responsables serbes.

Le Premier ministre kosovar, Ramush Haradinaj, a de son côté affirmé qu’il s’agissait d’une « intervention » contre « l’action génocidaire de Milosevic contre le peuple du Kosovo ».

« Le peuple du Kosovo réaffirmera toujours sa profonde gratitude » pour cette opération qui a « sauvé des milliers de vies et qui nous a donné la possibilité de vivre en paix et en liberté », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Le 10 juin 1999, le dirigeant serbe Slobodan Milosevic avait ordonné à ses forces de se retirer du Kosovo, placée le mois suivant sous administration de l’ONU. L’ex-province serbe a proclamé en 2008 son indépendance, que Belgrade refuse de reconnaître.  

La guerre du Kosovo (1998-99) avait fait plus de 13.000 morts, en grande majorité albanais.