Venezuela: gouvernement et opposition dans la rue après la panne d’électricité géante

Un homme passe devant un graffiti clamant "Maduro dehors", en référence au président Nicolas Maduro, à Caracas le 9 mars 2019. (AFP)
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Un homme passe devant un graffiti clamant « Maduro dehors », en référence au président Nicolas Maduro, à Caracas le 9 mars 2019. (AFP)

Mise à jour 09/03/2019, 18h14

Le chef de file l’opposition vénézuélienne, Juan Guaidó,  a appelé samedi à une marche nationale sur Caracas, sans écarter une intervention militaire.

Il a répété qu’il était prêt à autoriser une intervention militaire étrangère. «L’article 187, lorsque viendra le moment», a-t-il lancé en référence à la Constitution qui autorise «des missions militaires vénézuéliennes à l’extérieur ou étrangères dans le pays».

«Toutes les options sont sur la table et nous le disons de manière responsable», a déclaré Guaidó.

Mise à jour 09/03/2019, 15h02

Des milliers de partisans de l’opposition, vêtus de blanc, convergeaient samedi vers le centre de Caracas malgré un impressionnant déploiement de forces de l’ordre, au lendemain d’une gigantesque panne électrique qui enfonce encore un peu plus le Venezuela dans la crise.

Simultanément, des milliers de soutiens du régime, en rouge, attendaient dans un autre quartier du centre le président Nicolas Maduro, qui a accusé l’opposition et les Etats-Unis de sabotage.

Les autorités vénézuéliennes ne fournissent jamais de statistiques concernant les manifestations.

En début d’après midi, peu avant 14h00 locales (18h00 GMT) selon les constatations de l’AFP, ils étaient près de dix mille manifestants de l’opposition à gagner le lieu du rassemblement final avec M. Guaido, avenue de la Victoria, où de nombreux policiers anti-émeutes ont été déployées depuis les premières heures du jour.

Les deux dirigeants rivaux du Venezuela, Nicolas Maduro et Juan Guaido, ont appelé leurs partisans à défiler samedi dans les rues du pays qui vient d’affronter une panne d’électricité sans précédent dont ils se rendent mutuellement responsables.

Les deux dirigeants rivaux du Venezuela, Nicolas Maduro et Juan Guaido, ont appelé leurs partisans à défiler samedi dans les rues du pays qui vient d’affronter une panne d’électricité sans précédent dont ils se rendent mutuellement responsables.

Samedi matin, la police munie d’équipement anti-émeutes était déployée en force sur le lieu du rassemblement auquel a appelé M. Guaido, a constaté l’AFP. 

Dans la nuit, des députés de l’opposition ont dénoncé l’arrestation de trois de leurs collaborateurs qui étaient en train de monter une estrade sur place. Mais ils ont affirmé que l’appel à manifester était maintenu.

L’électricité a commencé à revenir dans la soirée de vendredi et durant la nuit dans la plupart des quartiers de Caracas ainsi que dans le centre-est du pays, mais la situation reste inchangée dans le reste du pays et notamment l’intérieur qui a passé une deuxième nuit dans le noir, selon les correspondants de l’AFP. La panne a débuté jeudi à 16h50 (20h50 GMT).

Les télécommunications, entièrement coupées – internet et réseaux cellulaires –  ont commencé à se rétablir mais le métro de la capitale, qui transporte chaque jour près de deux millions de personnes, restait fermé samedi matin.

Avec l’absence de courant et la suspension de la distribution d’eau dans les immeubles, assurée par des pompes électriques, la situation sanitaire est devenue problématique. 

Les hôpitaux ont connu  une situation dramatique, la plupart des établissements étant dépourvus de générateurs et ceux qui en disposaient les réservant aux services d’urgence.

Devant un établissement de la capitale, José Lugo pleurait vendredi sa nièce Marielsi Aray, morte à 25 ans: les appareils respiratoires qui la maintenaient en vie avaient cessé de fonctionner a-t-il raconté à l’AFP.

A l’extérieur de la principale morgue de Caracas, un employé affirmait sous couvert d’anonymat ne « pas recevoir plus de cadavres », les chambres froides étant elles aussi en panne.

« Preuves » contre Washington

Cette panne a soumis l’économie du Venezuela, déjà très fragile, à de nouvelles tensions. Dans ce pays où l’inflation est hors de contrôle, l’argent liquide est rare faute de billets disponibles. Seules les transactions électroniques permettent de faire des achats, même pour du pain. Mais toutes ont été suspendues dès jeudi soir.

« J’appelle tout le peuple vénézuélien à s’exprimer massivement dans la rue contre le régime usurpateur, corrompu et incapable qui a plongé notre pays dans l’obscurité », a lancé sur Twitter Juan Guaido, l’opposant autoproclamé président par intérim et reconnu par une cinquantaine de pays.

En face, Nicolas Maduro mobilise également ses partisans pour défiler contre l' »impérialisme ». 

Le gouvernement, sous pression depuis des semaines, a dénoncé « la guerre impérialiste sur l’électricité ».

Le ministre de la Défense Vladimir Padrino a qualifié la panne d' »agression délibérée » des Etats-Unis et annoncé un « déploiement » de l’armée, sans plus de détails, lors d’une déclaration sur la télévision d’Etat VTV.

M. Maduro accuse Washington depuis jeudi. « La guerre de l’électricité annoncée et dirigée par l’impérialisme américain contre notre peuple sera mise en échec. Rien ni personne ne pourra vaincre le peuple de Bolivar et de Chavez. Patriotes, unissez-vous! », a-t-il écrit sur Twitter.

Le gouvernement vénézuélien a affirmé qu’il allait fournir à l’ONU « des preuves » d’une responsabilité de Washington dans la panne d’électricité géante. Ces informations seront remises à une délégation du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme attendue dans quelques jours à Caracas, a déclaré le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez.L’origine de la coupure n’est pas encore connue. Des experts accusent le gouvernement socialiste de ne pas avoir investi pour entretenir les infrastructures alors que la crise économique fait rage.

La compagnie vénézuélienne d’électricité Corpoelec a dénoncé un « sabotage » de la centrale hydroélectrique vénézuélienne de Guri, la plus importante du pays et l’une des principales d’Amérique latine.