Grand exercice de simulation au CHUM avec les Forces pour «apprendre à gérer le chaos» (PHOTOS/VIDÉO)

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Exercice de simulation de blessés nombreux, au CHUM Hotel-Dieu, le 14 avril 2019. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Un grand exercice de simulation médicale de l’armée canadienne a eu lieu ce week-end à Montréal au CHUM-Hôtel-Dieu sur la rue Saint-Urbain.

Lors de cet exercice, plus 70 militaires des Forces armées canadiennes ont été exposés à des simulations de cas sévères avec une cinquantaine de figurants.

Quinze urgentologues et 23 médecins résidents du CHUM, du CHU Sainte-Justine, de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal et de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ont également participé à cet exercice réalisé en partenariat avec la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

L’objectif était de reproduire un «Code Orange» .

«Le ‘Code Orange’ est le code internationalement reconnu lors d’une catastrophe ou d’un sinistre externe qui exige le transport massif de personnes vers les hôpitaux»

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Apprendre à gérer le chaos

On essaie de créer une situation où il y a plus de blessés qui ont besoin de plus de soins que ce que les ressources peuvent fournir, a indiqué sur place à 45eNord.ca le directeur du Programme de médecine d’urgence spécialisée, le Dr Pierre Desaulniers, notant que même au cours de leurs cinq années de spécialisation, il s’agit là d’une situation que les urgentologues peuvent n’avoir jamais été confrontés.

Comme il s’agit tout de même d’une compétence des médecins d’urgence, le CHUM se devait donc d’effectuer une activité pour les préparer à pareille situation, explique le Dr Desaulniers, et c’est à cela qu’a servi la simulation d’envergure avec beaucoup de ‘’patients’’ très instables.

Les médecins se retrouvent ainsi dans une situation très différente de leur pratique habituelle où ils ont les ressources pour traiter tous les patients.

Ils sont ainsi amenés lors de la simulation à devoir faire des choix particulièrement difficiles.

La simulation leur permet également de développer leurs capacités à gérer un nombre impressionnant de personnes qui, contrairement au quotidien d’un hôpital, ne connaissent pas toujours très bien leur rôle, ce qui les plonge dans une situation très imprévisible.

Toutes des choses que les médecins ne pourraient apprendre dans des textes, de dire le Dr Desaulniers.

Les Forces armées canadiennes

Les Forces armées canadiennes sont habituées aux exercices de simulation qui se déroulent le plus souvent sur les bases militaires loin des grands centres, et non en plein centre-ville.

Mais ce n’était pas la première que les Forces armées canadiennes participent dans la métropole québécoise à un exercice pareil en milieu urbain avec un déploiement aussi important.

Les Forces armées canadiennes participent depuis maintenant sept ans à ces importants exercices de simulation pour tester la mise en place d’un «Code Orange» dans le réseau montréalais de la santé , d’indiquer à 45eNord.ca le lieutenant-colonel Cournoyer de la 51ème Ambulance de campagne.

Les militaires apportent dans ce genre d’exercices un appui logistique et s’impliquent dans le triage et le traitement aigu des  »patients » dans les tentes qui représentent un poste avancé, avant que ceux-ci ne soient transférés à l’arrière, vers le deuxième niveau de soins représenté par l’hôpital.

Ont participé à l’exercice ce week-end, outre la 51ème Ambulance de campagne de Québec, l’Ambulance de campagne de Québec, de Sherbrokke, même de Kingston, et des militaires de la Régulière du Centre de déploiement rapide de Montréal.

Et dans le scénario de l’exercice ce week-end, les blessés étaient les victimes d’un incendie de forêt, ce qui n’est pas sans rappeler ce qui s’était passé à Fort McMurray, au nord de l’Alberta, en 2016 quand force de l’incendie avait entraîné l’évacuation de ses 78 000 résidents et la destruction de centaines de résidences.