L’Irak va juger 900 de ses ressortissants rapatriés de Syrie

Capture d'écran d'une vidéo de propagande du groupe Etat islamique (EI) montrant des jihadistes dans un lieu non précisé de la province d'Al-Anbar, le 17 mars 2014 en Irak. (AFP
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Capture d’écran d’une vidéo de propagande du groupe Etat islamique (EI) montrant des jihadistes dans un lieu non précisé de la province d’Al-Anbar, le 17 mars 2014 en Irak. (AFP
L’Irak s’apprête à juger environ 900 de ses ressortissants récemment rapatriés de Syrie pour appartenance au groupe État islamique (EI), un crime passible de la peine de mort en Irak, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

« Le tribunal antiterroriste a reçu les dossiers d’instruction d’environ 900 Irakiens de l’EI venus de Syrie et nous commençons à établir un calendrier pour leurs procès », a indiqué cette source à l’AFP sous le couvert de l’anonymat.

Ils ont été remis aux troupes irakiennes par les forces kurdes de Syrie ces derniers mois, alors que l’étau se resserrait sur le dernier réduit de l’EI le long de la frontière irakienne.

Les Irakiens ont constitué le gros des structures de commandement de l’EI, dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, lui-même irakien, et qui a tenu à son apogée en 2014 près du tiers de l’Irak et de larges pans de la Syrie.

La justice irakienne a déjà jugé des milliers de nationaux ainsi que d’étrangers, qu’elle a condamnés à des peines de mort ou de prison à perpétuité. De nombreux défenseurs des droits de la personne ont dénoncé des procès « expéditifs » et préviennent de possibles « risques de torture » lors des interrogatoires en Irak.

En 2018, l’année qui a suivi la déclaration de la « victoire » sur l’EI en Irak, les tribunaux irakiens ont ordonné au moins 271 peines capitales, soit quatre fois plus qu’en 2017, selon Amnistie internationale.

Mais dans le même temps, Bagdad, qui reste parmi les cinq pays ordonnant le plus de peine de mort au monde, a effectivement exécuté beaucoup moins de condamnés. En 2018, 52 ont été pendus, contre 125 en 2017.

Et de nombreux autres procès vont suivre, ajoute un responsable des services de sécurité, car d’autres Irakiens sont toujours dans les prisons des forces kurdes de Syrie, dans l’attente de leur rapatriement.

Au vu de leur nombre important, « ils seront rapatriés par vagues », explique-t-il à l’AFP. Parmi eux, poursuit ce responsable, « certains sont des commandants importants mais que l’EI ne médiatisait pas ».

L’un d’eux, par exemple, travaillait dans le plus grand secret à développer des armes chimiques pour l’EI, assure-t-il encore.

En outre, Bagdad, qui va déjà juger prochainement 12 Français transférés de Syrie, a récemment proposé de juger le millier d’étrangers aux mains des Kurdes de Syrie contre deux milliards de dollars, selon des sources gouvernementales.