L’homme fort de l’est libyen ordonne à ses troupes « d’avancer » sur Tripoli

Des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est libyen, le 9 février 2019 à Sebha, dans le sud du pays. (AFP)
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Des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, le 9 février 2019 à Sebha, dans le sud du pays. (AFP)
L’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, a ordonné jeudi à ses forces « d’avancer » en direction de la capitale Tripoli, siège du gouvernement d’union nationale (GNA), renforçant les craintes d’un nouvel embrasement dans ce pays plongé dans le chaos.

« L’heure a sonné », a-t-il ajouté dans une déclaration diffusée sur la page Facebook du « bureau des médias » de l’Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée par le maréchal Haftar.

Le spectre d’un nouvel embrasement en Libye a refait surface mercredi soir, après l’annonce par les forces pro-Haftar de la préparation d’une offensive pour « purger l’ouest » libyen « des terroristes et des mercenaires », sans identifier davantage leurs cibles.

Cette annonce avait été faite par le général Ahmad al-Mesmari, porte-parole de l’ANL, au cours d’une conférence de presse à Benghazi (est). Il avait ajouté que ces « préparatifs » étaient « sur le point de s’achever ».

Jeudi, dans sa première prise de parole sur le sujet, le maréchal Haftar a lui promis d’épargner les civils, les « institutions de l’Etat » et les ressortissants étrangers.

Du côté du gouvernement internationalement reconnu (GNA), le Premier ministre Fayez al-Sarraj a donné mercredi soir l’ordre aux forces qui le soutiennent de se tenir prêtes pour « faire face à toute menace ».

Photos archives du Premier ministre du gouvernement libyen d’union nationale Fayez al-Sarraj (D), le 3 janvier 2019 à Tripoli, et de l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, le 7 mai 2018 à Benghazi. (AFP)

Jeudi, des puissants groupes armés de la ville de Misrata (ouest) loyaux au GNA se sont dits « prêts » « à stopper l’avancée maudite » des troupes du maréchal Haftar.

La communauté internationale a fait part ces dernières heures de son inquiétude face au risque « d’escalade » et de « confrontation ».

« J’appelle au calme et à la retenue alors que je me prépare à rencontrer les dirigeants libyens », a clamé dans la matinée sur Twitter le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui se trouve actuellement à Tripoli.

Il n’existe « pas de solution militaire », a-t-il réaffirmé.

Plongé dans le chaos à la suite de la chute de la dictature de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est principalement divisée entre deux autorités rivales: à l’ouest, le GNA de Fayez al-Sarraj, établi fin 2015 par un accord parrainé par l’ONU et basé à Tripoli, et à l’est l’ANL autoproclamée du maréchal Haftar.