Opération IMPACT : des bombes aux mots (maux) de la politique

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Un soldat de l’Armée canadienne entraîne des soldats irakiens au complexe militaire Taji, en Irak, le 19 septembre 2018. (Imagerie de l’Op IMPACT/ MDN)
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Un soldat de l’Armée canadienne entraîne des soldats irakiens au complexe militaire Taji, en Irak, le 19 septembre 2018. (Imagerie de l’Op IMPACT/ MDN)

Un peu moins de cinq ans après le début de la mission canadienne en Irak pour contrer l’avancée du groupe armé État islamique, le combat change de forme pour s’adapter à la nouvelle réalité du terrain.

En interview pour 45eNord.ca, le commandant des quelques 850 membres de la force opérationnelle interarmées Irak, le brigadier-général Colin Keiver, a indiqué que le combat ne consistait désormais plus en des bombardements aériens menés par les CF-18, mais bien dans le renforcement des capacités, que ce soit en Irak, mais également en Jordanie et au Liban.

«Daesh est peut être défait militairement, mais ils ne sont pas défaits politiquement. Ils restent une menace de type insurrectionnelle», de dire le brigadier-général Keiver.

Pour contrer la peur et l’oppression du groupe armé, le général affirme que le gouvernement irakien doit s’imposer et faire ses preuves auprès de ses citoyens.

Au sein de plusieurs écoles militaires, les forces de sécurité irakiennes reçoivent des militaires canadiens de l’instruction, des conseils et de l’aide pour approfondir leurs compétences.

Près de 20 ingénieurs des Forces armées canadiennes offrent, par exemple, une instruction sur les menaces explosives aux forces de sécurité irakiennes à Besmaya, en Irak.

Mais au-delà de l’Irak seule, c’est toute la région qui est menacée par la propagande haineuse des restants de l’EI. C’est pour quoi des militaires canadiens travaillent aussi en Jordanie et au Liban, pour renforcer et développer leurs capacités.

«Notre équipe au Liban fait un excellent de travail pour leur apprendre les bases de la guerre en hiver», explique Colin Keiver, qui précise du même souffle que jusqu’à présent les patrouilles libanaises n’avaient pas vraiment lieu dans les montagnes du pays, justement en raison du manque d’expérience et de connaissances.

Le but des Forces armées canadiennes est de créer des conditions de sécurité et de stabilité suffisantes pour que tous les paliers de gouvernements dans ces pays puissent intensifier leurs efforts dans le développement des structures gouvernementales et sociétales et éviter de devenir des états défaillants, qui conduit à plus d’instabilité et donc à l’émergence de groupes avec des revendications.

C’est d’ailleurs ces défaillances dans la fourniture de services de base, comme l’eau et l’électricité, qui ont conduit à l’émergence du groupe État islamique en Irak et au Levant en 2014.

Il faut désormais avoir un message positif à donner à la population, selon le commandant de la FOI Irak. «Le message ne doit plus être d’être contre Daesh, mais pour quelque chose».

Avec le récent renouvellement de la mission canadienne en Irak jusqu’en mars 2021, le temps est donc donné pour permettre aux Canadiens d’aider leurs alliés au Moyen-Orient.