Raid aérien, « contre-offensive »: l’escalade se poursuit en Libye

Des miliciens progouvernementaux opposés au maréchal Khalifa Haftar se tiennent près de véhicules qu'ils affirment avoir saisis aux forces pro-Haftar à un barrage à une trentaine de km à l'ouest de la capitale libyenne Tripoli, le 5 avril 2019. (AFP)
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Photo montage constitué d’archives du Premier ministre du gouvernement libyen d’union nationale Fayez al-Sarraj (D), le 3 janvier 2019 à Tripoli, et de l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, le 7 mai 2018 à Benghazi. (AFP)
L’armée du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, a affirmé dimanche avoir mené un premier raid aérien en banlieue même de Tripoli, ses rivaux du gouvernement d’union (GNA) annonçant pour leur part une « contre-offensive » généralisée dans « toutes les villes » du pays.

Ces proclamations, faites à la mi-journée, interviennent alors que de violents combats ont été rapportés en matinée à une cinquantaine de km au sud de la capitale Tripoli, laissant entrevoir une poursuite de l’escalade, à rebours des appels de l’ONU et de la communauté internationale à un apaisement.

L’annonce d’un premier raid aérien de l’Armée nationale libyenne (ANL) a été faite sur la page Facebook du « bureau des médias » de cette force autoproclamée et dirigée par le maréchal Haftar.

Dans le même temps, le nouveau porte-parole des forces du GNA, le colonel Mohamad Gnounou, a de son côté proclamé le début d’une « contre-offensive » pour « purger toutes les villes » des « forces illégitimes ».

Cette opération, nommée « volcan de la colère », doit permettre de « nettoyer toutes les villes libyennes des agresseurs et des forces illégitimes », a dit ce porte-parole dans une déclaration à la presse à Tripoli, au lendemain de sa nomination à ce poste.

« Nous ne permettrons pas de militariser l’Etat », a-t-il ajouté. 

M. Haftar est accusé par ses rivaux de vouloir prendre le pouvoir par la force et instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye.

L’ANL, qui contrôle l’est de la Libye et une grande partie du sud, a annoncé jeudi lancer ses troupes à l’assaut de l’ouest libyen, dont la capitale Tripoli, où siège le GNA.

Dans un discours samedi soir, le chef du GNA –reconnu par la communauté internationale–, Fayez al-Sarraj, a mis en garde contre la perspective d’une « guerre sans gagnant ».

Il a par ailleurs ajouté que les soutiens continuaient d' »affluer dans la capitale, de toutes les régions », pour faire face à l’offensive de l’ANL.

L’ONU et les grandes capitales expriment depuis jeudi leur inquiétude d’un embrasement et exhortent les parties rivales à l’apaisement, sans succès jusqu’à présent.