La roto 6 de l’Opération UNIFIER termine ses six mois de mission (PHOTOS)

L'Opération UNIFIER. (Forces armées canadiennes)
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Alors que les premiers soldats de la sixième rotation de la mission canadienne en Ukraine, l’Opération UNIFIER, sont rentrés au pays, 45eNord.ca s’est entretenu avec leur commandant, le lieutenant-colonel Pierre Leroux pour évoquer six mois de travail acharné.

À peine arrivé à la tête du 1er Bataillon Royal 22e Régiment à l’été 2017, le lieutenant-colonel Pierre Leroux n’a pas perdu de temps puisqu’il a mené son unité durant tout le processus de la montée en puissance.

Entre l’automne 2017 et le printemps 2018, le bataillon a ainsi mené une série d’exercices visant à certifier l’état de préparation de ses troupes. Et c’est à Wainwright (Alberta) que s’est conclut la validation.

En interview téléphonique depuis Yavoriv, en Ukraine, le lieutenant-colonel indique que l’Opération UNIFIER, qui consiste en un renforcement des capacités de la force de sécurité, a « grandement évolué depuis ses débuts ».

Il faut dire que six rotations plus tard, les quelques 200 militaires canadiens présents en Ukraine ne donnent plus vraiment d’entraînement direct aux forces de sécurité ukrainiennes, mais, même si ce n’est pas « le plus sexy », sont plutôt en train de travailler sur « la structure de l’entraînement et de l’instruction qui va perdurer pour des années à venir ».

« L’idée derrière cette évolution est d’obtenir des effets plus durables pour les forces de sécurité ukrainiennes », explique le commandant, qui précise que le taux d’attrition étant supérieur à 30%, ce qui était fait jusqu’à récemment ne permettait donc pas d’avoir d’effets à long terme.

Concrètement, le travail ne manque pas alors que les militaires canadiens couchent sur papier des normes d’excellences, des standards, sur des cours, pour assurer la qualité de l’instruction.

« Que ce soit pour des tireurs d’élites ou des sapeurs, ou pour des ingénieurs de combat ou des techniciens médicaux, on établi les normes de qualification en gardant en tête l’objectif final spécifique au métier », précise-t-il.

Le focus se fait d’ailleurs désormais au niveau du système d’instruction individuel et non collectif.

L’opération UNIFIER est menée dans le cadre d’un effort international. Plusieurs pays assurent une présence en Ukraine, dont le Danemark, les États-Unis, la Lituanie, le Royaume-Uni, la Suède et la Pologne.

Si une épée de Damoclès a été suspendu au-dessus de la tête des 200 militaires canadiens en raison de l’incertitude entourant le renouvellement ou non de la mission par le gouvernement fédéral, la récente décision de prolonger jusqu’en 2022 a « rassurer » tant les militaires ukrainiens que canadiens, en raison du temps nécessaire pour effectuer ces changements structuraux qui peuvent prendre de 18 à 24 mois.

L’élection présidentielle en cours dans le pays, et qui verra s’affronter au 2e tour le 21 avril l’acteur Volodymyr Zelensky au président sortant Petro Porochenko, n’a que très peu d’influence sur ce que font les Canadiens. « C’est vraiment business as usual pour nous. On verra… on se concentre sur ce qu’on peut contrôler », d’affirmer le lieutenant-colonel Leroux.

Il rappelle qu’« en bout de ligne, on est ici pour augmenter leur compétences et leur professionnalisation et on a vraiment un retour très positif et c’est très bien reçu, même si les méthodes et mécanismes qu’on leur apprend c’est assez nouveau pour eux. Ils sont aussi très avides de nous passer leur propre savoir avec leur expérience dans l’est du pays ».

Maintenant que la roto 6 rentre au pays, et que la roto 7, elle, se déploie en Ukraine, le lieutenant-colonel se dit prêt à tout recommencer demain matin, s’il le pouvait. « Je suis très fier de ce qu’on a fait et de l’équipe qu’on avait. C’était super enrichissant! », de conclure celui qui laissera les commandes du 1er Bataillon Royal 22e Régiment à un autre le 12 juillet prochain.