Somalie: l’armée américaine admet pour la première fois avoir tué des civils

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Militants shebabs en Somalie (Archives/AlNahry)
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Militants shebabs en Somalie (Archives/AlNahry)
L’armée américaine a admis vendredi sa responsabilité dans la mort en avril 2018 d’une femme et d’un enfant en Somalie, les premières victimes civiles qu’elle ait jamais reconnues de ses frappes répétées contre les islamistes radicaux shebab.

Ces deux victimes n’ont été rapportées au commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) que le 30 mars, après une enquête interne sur l’ensemble des frappes américaines depuis leur lancement en juin 2017, a affirmé l’AFRICOM dans un communiqué.

Cette enquête a suivi la publication d’un rapport d’Amnistie Internationale accusant l’armée américaine de dissimuler les victimes civiles de ses frappes, mais la frappe concernée n’est pas citée dans le rapport de l’ONG de défense des droits des la personne, a précisé le commandement américain.

Le 1er avril 2018, les forces américaines ont mené une attaque de drone contre un véhicule transportant «un membre de la direction des shebab et trois de ses associés», a indiqué au cours d’une conférence de presse le chef des opérations de l’AFRICOM, le général Gregg Olson.

Une femme et un enfant se trouvaient à bord du véhicule, ce que les militaires américains ne savaient pas. Les six passagers ont été tués.

«Nous utilisons des informations avant chaque frappe pour confirmer le mieux possible, avec toute l’information raisonnablement accessible, que toutes les personnes que nous frappons sont associées aux shebab affiliés à Al-Qaïda en Somalie», a déclaré le général Olson.  

«Dans ce cas, il apparaît qu’une erreur a été faite», a-t-il ajouté, assurant que c’était le seul cas connu où les frappes américaines avaient fait des victimes civiles.

«Mais notre enquête se poursuit, et si nous trouvons des informations supplémentaires, nous serons transparents à ce sujet», a-t-il dit.

Dans un rapport publié le 19 mars, Amnistie affirmait que 14 civils avaient été tués et sept autres blessés au cours de cinq frappes aériennes attribuées à l’armée américaine en Somalie. L’AFRICOM avait vigoureusement démenti, affirmant n’avoir tué aucun civil somalien depuis deux ans.

L’armée américaine a mené 28 frappes en Somalie depuis le début de l’année, contre 47 en 2018 et 35 en 2017.