Vietnam: l’USAID démarre le nettoyage d’un site contaminé par l’Agent Orange

Un soldat vietnamien monte la garde devant une piste de la base aérienne de Bien Hoa au Vietnam, devant un panneau avertissant des risques toxiques, le 17 octobre 2018. (AFP)
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Un soldat vietnamien monte la garde devant une piste de la base aérienne de Bien Hoa au Vietnam, devant un panneau avertissant des risques toxiques, le 17 octobre 2018. (AFP)
Les Etats-Unis ont lancé samedi au Vietnam une campagne de nettoyage de 183 millions de dollars sur un ancien site de stockage d’Agent Orange, un défoliant contenant de la dioxine utilisé durant la guerre et dont les effets perdurent, provoquant de graves problèmes de santé comme des cancers et des malformations.

Située près de Ho-Chi-Minh-ville, l’ancienne Saïgon, la base aérienne de Bien Hoa –dernier en date des sites à réhabiliter après la base de Danang– était l’un des principaux lieux où était entreposé l’Agent Orange. Elle ne fut que sommairement nettoyée par les soldats à l’approche de la fin de la guerre, voilà plus de quarante ans.

Entre 1962 et 1971, l’armée américaine a déversé par avion quelque 80 millions de litres d’Agent Orange sur les forêts et les cultures au Vietnam du Sud pour empêcher la progression de la guerilla communiste. Le produit s’est infiltré dans les nappes phréatiques et les rivières, causant de graves handicaps physiques et mentaux à des générations de Vietnamiens. 

Selon Hanoï, le nombre de victimes se monterait à trois millions, dont un million souffrant de graves séquelles encore aujourd’hui, parmi lesquels 150.000 malformations congénitales.

A Bien Hoa, plus de 500.000 mètres cubes de dioxine ont contaminé le sol et les sédiments. Il s’agit du « plus important point chaud qui reste » au Vietnam, précise un communiqué de l’USAID, l’Agence américaine pour le développement.

Le programme lancé samedi est prévu sur dix ans. Les quantités de dioxine à Bien Hoa représentent quatre fois plus que le volume nettoyé à l’aéroport de Danang lors d’une opération de 110 millions de dollars qui a duré six ans et s’est achevée en novembre 2018.

« Le fait que deux anciens ennemis soient désormais partenaires pour une tâche aussi complexe est rien moins qu’historique », a déclaré l’ambassadeur américain au Vietnam, Daniel Kritenbrink, lors du lancement de la campagne samedi auquel assistaient des responsables militaires vietnamiens et des sénateurs américains.

Selon Hanoï, le nombre de victimes se monterait à trois millions, dont un million souffrant de graves séquelles encore aujourd’hui, parmi lesquelles 150.000 malformations congénitales.

Sur les sites les plus contaminés, les concentrations toxiques étaient encore 400 fois supérieures aux normes acceptables, en 2012, date du début des opérations américano-vietnamiennes de décontamination de l’Agent Orange.

En 2010, les Etats-Unis ont reconnu les effets de l’Agent Orange, souvent des cancers, sur la santé.

Si les responsables américains n’ont jamais admis de lien direct entre Agent Orange et malformations congénitales, Washington a décidé d’aider les Vietnamiens handicapés « quelle que soit la cause ». L’USAID a publié samedi une déclaration d’intention pour travailler avec les autorités à l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées dans sept provinces vietnamiennes.

Le département américain des anciens combattants a entrepris d’indemniser ses vétérans. Des victimes vietnamiennes ont tenté d’obtenir réparation par la justice américaine, mais leur demande a été rejetée par la Cour suprême en 2009.

Les bombes incendiaires au napalm (essence, naphtalène et palmitate) et l’Agent Orange font partie des atrocités emblématiques de la guerre du Vietnam.